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17 juin 2013

Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste

Hier dimanche s'est tenue la Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste. Invité en tant que membre du Conseil national, je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre.

Je vous livre l'intervention que j'aurais prononcé...(Une des oratrices de la Motion 4 en a repris quelques points et je l'en remercie).

Cette convention qui s’achève doit être un point de départ, à double titre

Cette convention doit être un point de départ, tout d’abord pour une véritable rénovation des modalités de débats au sein de notre Parti. Certes, nous avons abouti à un texte commun lors de cette Convention. Certes, nous sommes rassemblés derrière les 14 priorités pour l’Europe.


Cela dit, nous avons tous pu constater des dysfonctionnements dans cette Convention. Nous ne reviendrons pas ici sur ceux qui ont été relayés par la presse. Intéressons-nous plutôt à ceux qu’ont ressentis de nombreux militants… Beaucoup d’entre eux ont du mal à comprendre comment a été élaboré ce texte et surtout quel a pu être leur apport dans ce processus…Les délais ont été beaucoup trop courts pour se prononcer sur un texte parfois complexe, aux enjeux nombreux et majeurs. De plus, le traitement réservé aux éventuels amendements émis par les sections a été variable d’une fédération à l’autre, et trop peu ont finalement pu être étudiés et intégrés dans le texte final. Pourquoi nous priver de l’intelligence collective de ces dizaines de milliers de militants qui, chaque jour, font preuve de leur motivation, de leur enthousiasme, de leur proximité avec les problématiques du terrain, de leur créativité… ?


Il faut changer en profondeur nos procédures de débats. A cet égard, nous saluons l’ouverture d’esprit de la Direction qui a retenu notre proposition de mettre en place un groupe de travail sur le sujet, à l’issue de cette Convention. Nous y apporterons notre enthousiaste contribution !

Cette convention doit être un point de départ, aussi et surtout, pour la remise en marche d’une vraie Europe du progrès social. Dans notre texte, nous avons défini les objectifs à atteindre…C’est important, mais c’est peut-être le plus facile ! Il nous reste maintenant à définir le chemin et les modalités pratiques pour atteindre ces objectifs.


Quels partenaires ? Les autres partis de gauche européens, les syndicats, les collectifs de citoyens…
Quelles méthodes ?


C’est le grand chantier qui doit nous occuper désormais, sinon ce beau texte que nous avons adopté restera lettre morte…


Il y a urgence à aller plus loin, plus vite ! Car, pendant ce temps, l’Europe, sous le joug des politiques d’austérité imposée par la Troïka, continue à s’enfoncer dans la crise, ouvrant un boulevard à tous les extrémismes.

Le dernier épisode en date de la fermeture brutale de l’audiovisuel grec ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un évènement parmi d’autres. Dans ce pays, la Grèce, les dépenses de santé ont baissé de 28% entre 2008 et 2011, les dépenses d’éducation de 15%, plus d’un jeune sur deux est au chômage…


En Espagne, le PIB a baissé de 5% entre 2008 et 2012, le taux de chômage a triplé depuis 2008 : 6 millions de personnes sont sans emploi, les salaires des fonctionnaires ont baissé de 15%...


En Italie, le nombre des sans-emplois a quasiment doublé depuis début 2008, les dépenses publiques de santé et d’éducation ont baissé…


Au Portugal, les plans d’austérité s’enchaînent et jettent des centaines de milliers de manifestants dans les rues, certains arborant des œillets, symboles dans ce pays de la lutte contre la dictature…


Même les Pays-Bas, présentés comme un modèle, sont en difficultés. Les exportations néerlandaises ne tirent plus la croissance et l’emploi décélère nettement. Les retraites, déjà réduites de 2% en 2012, diminueront de 2,5% en 2013. Avant d’y renoncer, le gouvernement prévoyait une réduction des dépenses publiques de 2,6 points de PIB d’ici 2017…

Nous pourrions continuer longtemps ce tour d’Europe de la crise sociale !

Il y a urgence, nous devons proposer des solutions concrètes aux peuples européens, sinon ils finiront par rejeter définitivement une Europe qu’ils jugent, sinon responsable de leurs difficultés, du moins incapable d’y répondre. Des solutions existent, qui peuvent être mises en place rapidement, que ce soit pour entamer une lutte radicale contre le chômage de masse, alléger le financement de la dette publique, lutter contre les paradis fiscaux…

En conclusion, il faut se mettre au travail dès maintenant, au niveau européen en travaillant avec nos partenaires du PSE et plus largement avec tous les progressistes pour définir les stratégies concrètes qui nous permettront d’avancer vers cette Europe du progrès social que nous désirons. Il ne faut pas se contenter de dire « réorientons l’Europe », il faut être capable de proposer un scénario crédible pour cette réorientation.

La France est attendue par ses voisins européens.
Nous, socialistes français, sommes attendus par nos partenaires.

Ne les décevons pas et osons aller plus loin, plus vite.

PP

07:29 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, crise, chômage, parti socialiste | | |  Facebook | | |

14 février 2013

Faut-il casser la finance pour mieux construire l’avenir ?

Le débat sur la réforme bancaire a relancé la question de la séparation des activités de dépôt et des activités de marché. Pour schématiser, les activités de dépôt constituent la banque « à l’ancienne », celle qui gère nos comptes, celle qui évalue notre solvabilité avant de nous prêter de l’argent. En revanche, avec les activités de marchés on entre dans le monde de l’innovation financière, le monde des traders qui négocient des produits financiers plus ou moins complexes pour le compte de leur banque ou de leurs clients.

 

Les banques dites « universelles », et notamment les banques françaises, combinent ces deux activités au sein d’une même entité. Dans la mesure où l’Etat garantit les dépôts des français, une banque mise en difficulté par sa branche « marché » se verrait secourue. Cela revient à dire que l’Etat apporte une garantie implicite aux activités de marché. C’est un des arguments de ceux (de Finance Watch à l’économiste Gaël Giraud en passant par Roosevelt 2012) qui militent pour un renforcement du projet de loi présenté par le gouvernement. Il n’y a pas de raison pour que les contribuables payent une assurance « tous risques » aux as de la finance. Même au Royaume-Uni, il est question « d’électrifier la cloison » entre les activités bancaires. Pourtant, il est peu probable que la loi qui sera votée en France, même musclée par les députés, aille jusqu’à une séparation claire et nette. Mais le combat ne s’arrêtera pas au vote de cette loi et devra se poursuivre. Après tout, une loi peut évoluer…

 

Séparer les activités, c’est bien. Limiter les risques, c’est mieux

 

Si la séparation des activités de marché est nécessaire, elle n’est pas suffisante. En effet, après une séparation juridique et capitalistique, les activités de marché seront-elles devenues inoffensives ? Constitueront-elles un monde à part, déconnecté de l’économie réelle ? En d’autres termes, les risques pris par ces activités seront-ils sans conséquence sur le reste de l’économie ? C’est la faillite d’une pure banque de marché (Lehman Brothers) qui a marqué le début de la crise financière. Au lieu de maîtriser le risque, les innovations financières (titrisation, CDS…) ont conduit à sa dissémination insidieuse. Au point que plus personne ne sait vraiment qui porte quel risque et à quelle hauteur.

 

Sur son blog, Christian Chavagneux évoque l’enquête diligentée par la banque JP Morgan, suite à une perte de 6 milliards de dollars sur des « paris risqués ». Le constat est sans appel : « L’enquête souligne d’abord que la banque n’a pas su développer des outils de contrôle à la mesure de la complexité croissante des activités et des risques pris ». En conclusion, « on comprend à la lecture du rapport que c’est l’organisation même du contrôle des risques au sein des établissements qui pose problème et qu’une maîtrise des risques passe forcément par la nécessité d’imposer par la loi un renforcement des moyens et des méthodes des contrôleurs internes. Un sujet malheureusement oublié. »

 

Et pourquoi pas brider l’innovation financière, limiter la complexité des produits financiers, interdire certaines activités ? Puisque les apprentis sorciers n’arrivent pas à maîtriser leurs pouvoirs, pourquoi ne pas casser, par la loi, leur baguette magique avant qu’il ne soit trop tard ?

 

L’Islande : un laboratoire « grandeur nature »

 

Il y a un pays qui a expérimenté à outrance l’emprise du pouvoir de la finance sur son économie : c’est l’Islande. Au début des années 2000, ce petit pays de 300 000 habitants (l’équivalent du département de l’Ardèche) succombe aux charmes de la financiarisation et de la dérégulation. Avant le début de la crise, la valeur des actifs des trois grandes banques du pays (Gilnir, Landsbanki, et Kaupthing) a représenté jusqu’à 900% du PIB. Contrairement au reste du monde, l’Islande a laissé ses banques faire faillite et leurs actionnaires éponger les pertes. Les dépôts du public ont été transférés vers de nouvelles banques, les dettes des ménages ont été restructurées, un moratoire sur les saisies immobilières mis en place. Enfin l'ajustement budgétaire a été mené de façon progressive, sélective et concertée en préservant les dépenses sociales.

 

Au Forum économique de Davos, le président islandais a déclaré : « L’une des choses que nous avons apprises après l’effondrement des banques en Islande, c’est que les banques islandaises, comme les banques britanniques ou les banques américaines, sont devenues des entreprises de haute technologie, qui recrutent des ingénieurs, des mathématiciens et des informaticiens. Et quand elles se sont effondrées, le secteur innovant de notre économie, le secteur informatique, le secteur des TI s’est mis à prospérer, et en fait, sur les trois dernières années, il a eu de bien meilleurs résultats que jamais auparavant dans son histoire. Donc la leçon à en tirer, c’est la suivante : si vous voulez que votre économie soit compétitive dans le secteur innovant du 21ème siècle, un secteur financier fort qui prend les talents de cet autre secteur, même un secteur financier qui marche bien, est en fait une mauvaise nouvelle ».

 


Un secteur financier moins développé ferait non seulement courir moins de risques à l’économie, mais il « libérerait » des cerveaux pour travailler sur les enjeux de demain : les nouvelles technologies, mais aussi la transition écologique, un nouveau modèle de développement, …

PP

 

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23 novembre 2012

2013 pourrait être l’année d’un record historique en termes de nombre de défaillances !

Voici l'éditorial de la newsletter du site Etrepaye.fr (site indépendant dédié à la gestion du poste clients et de la trésorerie)...Il donne des perspectives peu réjouissantes pour 2013...


Malgré un repli modéré de la sinistralité au 1er semestre 2012, Euler Hermes annonce une hausse des défaillances d’entreprises de +3% en 2012 à 63 000 défaillances. Le troisième trimestre 2012 est en effet en hausse de 3,7% par rapport à 2011 (11 700 défaillances).



Le nombre d'emplois menacés est de 48 000 pour cette période. Le chômage ne devrait pas reculer dans les mois qui viennent !



En 2013, plus de 64 000 entreprises feraient défaut soit une hausse de +2% en nombre, en sachant que la hausse en termes de chiffre d'affaires des entreprises en question est plus élevée.



En effet, d'avantage d'entreprises de taille moyenne sont concernées par les procédures collectives, ce qui explique pourquoi l'impact de la hausse des défaillances est bien plus important que ne laisse entendre l'évolution de leur nombre.



Le premier semestre 2012 aura été marqué par la taille du chiffre d’affaires cumulé des 15 plus grandes défaillances. Ce dernier s’établit à près de 7 milliards d’euros, soit déjà trois fois plus que celui de l’ensemble de l’année 2011 !


À l’export, la hausse des défaillances afficherait une augmentation de +10% en 2013, avec une Europe du sud particulièrement sinistrée, commente Euler Hermes.



Par ailleurs, en France, si l’on envisage un scénario dégradé de croissance zéro en France pour 2013, il s’agirait alors d’un record historique en nombre de défaillances, à plus de 65 000. 



En effet, les marges de manoeuvre des entreprises françaises sont très faibles : insuffisance de fonds propres, marges tirées les placent souvent sur le fil du rasoir et ne leur permet pas d'absorber une baisse d'activité ou un impayé client.

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10 avril 2012

LE VOTE UTILE… AU PREMIER TOUR

Article paru sur le blog de Paul Jorion


Ce texte est un « article presslib’ » (*)


Dans la conférence que j’ai eu l’occasion de faire en décembre dernier pour un public composé des anciens de HEC et dont j’ai l’intention de reprendre la trame dans mon livre à venir intitulé : Les questions qui restent à résoudre, j’ai recours à l’image du soliton : une énorme vague résultant de la superposition de plusieurs vagues de taille normale venues accidentellement s’agréger en un monstre.

 

Les trois vagues que j’évoquais sont 1° la crise financière et économique, conséquence de la machine à concentrer la richesse qui caractérise nos sociétés, de nouveau régime, aussi bien que d’ancien régime, faute pour nous d’avoir jamais accordé l’attention qu’il mérite à ce vice qui handicape nos systèmes économiques, 2° la complexité de notre monde qui a cessé d’être maîtrisable depuis que nous avons abandonné de gaité de cœur à l’ordinateur les rôles d’une part de comprendre notre monde, et d’autre part de prendre les décisions qui s’imposent à son sujet, enfin 3° la fin du processus de colonisation de notre planète par notre espèce, qui découvre tardivement les limitations qu’une politique de « terre brûlée » finit par rencontrer et qui sont celles du Réel.

 

Ces trois vagues, considérable chacune, constituent désormais un tout indissociable et un candidat à l’élection présidentielle française doit vouloir les traiter de manière cohérente toutes ensemble.

 

À l’époque du discours de Toulon, M. Sarkozy parlait en termes très éloquents de la crise financière et économique. Ce thème a cependant disparu entièrement de son programme actuel pour se concentrer sur une problématique du montrer-du-doigt-de-préférence-quelqu’un-d’autre-que-soi-même, si bien qu’aucun des deux candidats les mieux placés pour l’emporter dans les élections présidentielles ne parle ni d’une manière ni d’une autre de l’une quelconque des trois composantes du soliton.

 

En fait, de la complexité engendrée par le développement de l’informatique et de la maîtrise sur le monde qui nous a échappé à cette occasion, aucun des candidats en présence ne parle en aucune manière : à les en croire, le monde reste transparent à leurs yeux, hypothèse qui conforte la supposition implicite qu’ils seront en mesure de prendre les décisions qui s’imposent, et que le monde répondra sans broncher à leurs injonctions et de la manière prévue par eux. M. Mitterrand revenu d’outre-tombe, pareil au spectre du père de Hamlet, pourrait leur expliquer ce qu’il en est réellement dans ces cas-là.

 

Restent les deux autres vagues : la planète et ce qu’il en reste sous nos coups de boutoir, et la crise financière et économique. Comme la première de ces deux vagues constitue le contexte général au sein de laquelle vient se loger la seconde, il aurait été logique que le parti qui maîtrise le mieux la problématique écologique insère conceptuellement la crise financière et économique au sein de celle-ci et nous propose un programme cohérent de réforme globale.

 

Pour des raisons que j’ignore mais qui sont probablement liées à la supposition fautive, et calamiteuse, qu’il fallait choisir de parler SOIT du contexte écologique et planétaire, SOIT de la crise financière et économique, et que, pareil à l’âne de Buridan, on était disposé à hésiter indéfiniment sur la ligne à suivre, EE – Les Verts sont tombés dans un mutisme mortifère dont les chiffres d’intentions de vote en faveur de leur candidate sont le reflet sans appel.

 

Le Front de Gauche qui, après avoir pris l’aspect crise financière et économique à bras le corps et avec un bel enthousiasme, s’aventure maintenant sur le terrain de la revendication écologique, s’en tire mille (à vue de nez) fois mieux.

 

Il n’en reste pas moins que le point de jonction entre la vague de l’avanie imposée par nous à notre planète et la vague de la machine à concentrer la richesse, source de dérive financière, est celui de la troisième vague, à savoir celle de la complexité hors de contrôle. Le parti qui parviendrait à présenter aux électeurs la combinaison complète de ces trois facteurs qu’il s’agit pour nous d’affronter d’abord et de résoudre ensuite, imposerait sa façon de voir au premier tour, et du coup, certainement au second, soit dans le meilleur des cas, directement, soit, faute de mieux mais sans se déjuger, indirectement par la cohérence de son approche.

 

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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04 janvier 2012

2012 s'annonce bien !

Je sens qu'on va vraiment se régaler en Europe durant cette année 2012 !


Tout d'abord, un retour sur l'année 2011, car les décisions prises durant l'année écoulée déploieront leurs conséquences néfastes dès le début de 2012 :

2011 vu par Frédéric Lordon: "Les ingrédients du désastre"

A lire ici...

 

Et un mini tour d'horizon chez nos voisins les plus proches :


Espagne - crise : le parjure fiscal de Rajoy accroît le pessimisme

Perdre la première semaine de pouvoir une part substantielle d'un capital aussi précieux que la crédibilité !... Cet exploit est signé dans l'Espagne en crise par le nouveau président du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, dont le Parti Populaire (PP) remporta à la majorité absolue les législatives de novembre dernier. Huit jours après avoir prêté serment, son gouvernement décrétait le 30 décembre une forte hausse d'impôts pourtant niée par M. Rajoy en campagne électorale et même lors de son investiture.

Le concert des réactions permet de supposer que le nouvel ajustement de M. Rajoy conforte peut-être sa crédibilité internationale, mais au prix de la perte d'une large part de sa crédibilité nationale. De quoi renforcer le sentiment qu'en Espagne, comme dans d'autres pays européens, les aspirations et intérêts des citoyens et, d'autre part, ceux des gouvernants et d'instances supranationales divergent progressivement depuis le début de la crise globale.

Lire la suite...

 

Mario Monti, pas si super que ça

Un mois et demi après avoir été accueilli comme un sauveur à la tête de l'Italie, le nouveau président du Conseil, Mario Monti n'a pas encore réussi à sortir l'Italie de la crise. Et suscite beaucoup de déceptions.

Alors que le décret de son plan d'austérité "Sauve-Italie", adopté le 22 décembre, entre officiellement en vigueur lundi 2 janvier, les syndicats italiens dénoncent à nouveau un plan injuste qui pèse surtout sur les petits salaires. Dimanche 1er janvier, les principaux représentants syndicaux ont solennellement annoncé "des tensions sociales inévitables dans les semaines et les mois à venir" si le gouvernement ne modifiait pas encore son plan.

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Nouveau record pour le chômage en Grande-Bretagne

C'est un nouveau record depuis dix-sept ans, le nombre de chômeurs britanniques s'élevait à la fin octobre à 2,64 millions, selon des chiffres officiels, publiés mercredi 14 décembre. Le taux global reste lui inchangé, à 8,3 %.

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Pourtant des solutions existent...

Lire à ce propos cette tribune de Michel Rocard et Pierre Larrouturou : "Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?"

Extraits :

Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt.

Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées...

Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu'a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la "vieille dette" de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.

Il n'est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s'endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.

Rien n'empêche de mettre en place de tels financements dès janvier !

L'urgence est d'envoyer aux peuples un signal très clair : l'Europe n'est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.

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03 janvier 2012

Démondialisation : une définition finalement très simple...

Finance,crise,mondialisationJe vous propose la conclusion d'un article de Frédéric Lordon paru dans le Monde Diplomatique :

 

L’on pourrait aussi, à l'exact opposé, ramener la controverse de la démondia­lisation à une question d'identification conventionnelle finalement très simple, sous la lumière crue de la conjoncture présente.

 

  • La concurrence non faussée entre économies à standards salariaux abyssalement différents; la menace permanente de délocalisation; la contrainte actionnariale exigeant des rentabilités financières sans limites, telles que leur combinaison opère une compression constante des revenus salariaux;
  • le développement de l'endettement chronique des ménages qui s'ensuit;
  • l'absolue licence de la finance de déployer ses opérations spéculatives déstabilisatrices, le cas échéant à partir des dettes portées par les ménages (comme dans le cas des subprime);
  • la prise en otage des pouvoirs publics sommés de venir au secours des institutions financières déconfites par les crises récurrentes;
  • le portage du coût macroéconomique de ces crises par les chômeurs, de leur coût pour les finances publiques par les contribuables, les usagers, les fonctionnaires et les pensionnés;
  • la dépossession des citoyens de toute emprise sur la politique économique, désormais réglée d'après les seuls desiderata des créanciers internationaux et quoi qu'il en coûte aux corps sociaux;
  • la remise de la politique monétaire à une institution indépendante hors de tout contrôle politique:

c'est tout cela qu'on pourrait, par une convention de langage peu exigeante, décider de nommer mondialisation.

 

D'où suit, .toujours aussi simplement, que se dire favorable à la démondialisation n'est alors, génériquement, pas autre chose que déclarer ne plus vouloir de ça !

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26 décembre 2011

Pour sortir du piège de la dette publique

Je vous propose ce petit document, conçu par Attac et la Fondation Copernic.

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4p_Dette_Attac_Copernic.pdf

 

Il résume bien les enjeux de la crise actuelle, ses causes et propose des issues autrement plus convaincantes que l'austérité généralisée...

PP

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24 décembre 2011

Pour les banques américaines, le Père Noël est déjà passé !

Selon Bloomberg, un plan secret de la Fed a accordé un soutien massif aux banques américaines...


Article paru sur La Tribune


Peu médiatisée en Europe, cette révélation de l'agence Bloomberg pourrait nourrir le débat sur la faiblesse des pouvoirs accordés à la BCE, en comparaison de ceux dont dispose la Fed. Un article de Dan Israël sur le site Arrêt sur Images.


C'était le plus important plan de renflouement financier de l'histoire des banques. Et il a bien failli rester secret. Son montant ? 7 770 milliards de dollars ("7,77 trillion", en anglais). Pour sauver les banques américaines, la Réserve fédérale (Fed) a accordé une dizaine de mesures diverses, dont des rachats de crédits, des garanties bancaires ou des reports de dates d'expirations de prêts. Mais aussi une bonne part de prêts à court terme, quasiment gratuits, consentis aux plus grands établissements financiers américains. Le dimanche 27 novembre au soir, le site de l'agence de presse financière américaine Bloomberg publiait sur son site une longue enquête sur les "prêts secrets de la Fed". Relayée par le New York Times, ou reprise en intégralité par le Washington Post, l'info n'a eu que très peu d'écho en France, où elle n'a guère été mentionnée que par les sites Atlantico et Slate. Ce sont des échanges entre @sinautes dans les forums qui nous ont alertés...


Pourtant, l'article de Bloomberg, également publié dans un magazine mensuel du groupe aux Etats-Unis, vaut largement le détour. Il détaille, ainsi, que les six plus grosses banques américaines ont reçu en quelques mois 460 milliards de dollars de prêts de la Réserve fédérale. Soit presque trois fois plus que les 160 milliards qui leur ont été versés par ailleurs par le plan Paulson, concocté par le gouvernement américain et validé (après un premier rejet), par le Parlement.


Mais alors que le plan Paulson était public, l'aide de la Fed, dont les "prêts d'urgence", est restée secrète pendant plus de deux ans ! D'autant plus étonnant que les conditions consenties aux banques étaient particulièrement avantageuses pour les prêts à court terme : "Durant la crise, les prêts de la Fed étaient parmi les moins chers disponibles, le financement étant même possible pour un prix aussi bas que 0,01% en décembre 2008", souligne Bloomberg.


Lire l'article complet sur Arrêt sur images (cliquez ici).

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19 décembre 2011

Crise européenne : cette année c'était très bien, l'année prochaine ce sera pire (3/3)

Que faire ? Dans le catalogue des solutions, il y a la possibilité de prêter 200 milliards d’€ au FMI pour qu’il prête à son tour aux pays en difficultés. Cette usine à gaz ne trouve pas grâce aux yeux de la Bundesbank qui souligne « que le procédure impliquant le FMI comporte des risques. Dans la mesure où le FMI est traité comme créancier privilégié, le risque augmente d'autant pour d'autres catégories de créanciers. »

 

Il y a aussi les fameux « eurobonds », titres de dette garantis en commun par les membres de la zone euro. Sauf que réunir des malades ensemble ne permet pas forcément de les guérir. A moins de lancer un vrai politique et fiscal commun, mais l’urgence n’est pas forcément bonne conseillère en la matière…

 

Et enfin, il y a la croissance, la fameuse croissance qui est à nouveau la solution à tous les problèmes. Sauf qu’elle ne se décrète pas et que les mesures prises ces derniers temps sont loin de la favoriser. D’ailleurs la Commission Européenne a révisé drastiquement à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro pour 2012, à seulement 0,5%...Et puis n'oublions pas qu'avant la crise, nous commensions à comprendre que la croissance était plus un problème qu'une solution et la que la croissance infinie dans un monde fini était insoutenable. Les vieux réflexes ont la vie dure eton oublie vite la nécessité de la recherhce d'une "prospérité sans croissance", pour reprendre le titre d'un rapport de Tim Jakson(commissaire au Développement durable du Royaume-Uni) publié en 2009.

 

Il est clair qu’il faut sortir des schémas classiques, explorer de nouveaux horizons. Dans une tribune parue dans Le Monde, l’économiste James K. Galbraith rappelle quelques unes de ces solutions possibles : « Pourtant, des solutions techniques existent, par exemple la "modeste proposition" de Yanis Varoufakis (professeur d'économie université d'Athènes) et de Stuart Holland (ancien parlementaire britannique) suggère de convertir jusqu'à 60 % du PIB de la dette de chacun des pays de la zone euro en titres européens émis par la BCE, de recapitaliser et d'européaniser le système bancaire, et de lancer un New Deal par l'intermédiaire de la Banque européenne d'investissement. On peut aussi penser à instaurer un droit à la faillite nationale (Kunibert Raffer), à faire de la BCE un "groupe public au service de l'intérêt général et du développement" comme la Caisse de dépôts (Thomas Palley) ou encore à taxer les profits des banques (Jan Toporowski). »

finance,crise,dette publique,europeLa question de la monétisation de la dette est systématiquement évacuée au prétexte que cela serait inflationniste. La création monétaire n’est inflationniste que dans une économie proche du plein emploi. Or, force est de convenir que c’est loin d’être le cas. Et puis monétiser une dette revient en définitive à injecter de la monnaie. Or, c’est ce que font aujourd’hui quotidiennement les banques quand elles créent de la monnaie qui est injectée dans les circuits économiques et qui y circule. Or, en quoi la monnaie publique qui serait crée par la monétisation des titres de dettes publiques serait-elle plus inflationniste par nature que celle actuellement crée par cette monnaie des banques privées ?

 

James K. Galbraith s’empresse d’ajouter « De ces très bonnes idées, aucune ne verra le jour. Car en Europe, les termes du débat sont hermétiques aux idées nouvelles, la survie politique reposant sur la capacité à faire "le ménage" dans les comptes publics. Tout est fait pour ne pas affronter la réalité : la crise bancaire. Chaque réunion européenne conduit à l'adoption de sous-mesures perfides et de vraies fuites en avant. Quant au sort des plus faibles, il est au mieux considéré comme un dommage collatéral, voire comme un mal nécessaire. »

 

Sa tribune s’intitule « Sauvez les citoyens avant les banques ! ». Et c’est bien là la question centrale, qui est systématiquement évacuée. Dans aucun des sommets européens, il n’est question  d'emploi alors que 3,8 millions d’européens sont venus grossir les rangs des sans-emploi entre 2008 et 2011. Et les annonces de suppression d’emplois continuent à se multiplier (Peugeot, Areva, Crédit Lyonnais, entre autres, en France…)

 

S’il doit y avoir une convergence, c’est sur la nécessité de lutter contre le chômage, contre les inégalités. Au moment où on apprend que le salaire moyen des patrons européens de 460 entreprises cotées a augmenté de 17%, voire beaucoup plus dans certains secteurs, il est bon de rappeler que le revenu national brut a baissé de 1,5% en moyenne en Europe entre 2008 et 2011.

 

Même l’OCDE, peu suspecte d’être une organisation bolchevique, commence à s’en rendre compte. Son Secrétaire général, Angel Gurría, a déclaré récemment en présentant un rapport sur les inégalités au sein des pays membres de l’organisation: « Le contrat social commence à se lézarder dans de nombreux pays. Cette étude balaie l’hypothèse qui voudrait que les bienfaits de la croissance économique se répercutent automatiquement sur les catégories défavorisées et qu’un surcroît d’inégalité stimule la mobilité sociale. Sans stratégie exhaustive de croissance solidaire, le creusement des inégalités se poursuivra ».

 

Il faut sortir du cadre actuel, sortir de cette logique qui consiste seulement à « optimiser » le recours aux marchés financiers (comment mieux s’endetter, comment les rassurer) sans les encadrer, sans rien changer d’autre. Force est de constater que ça ne marche pas : la Grèce va connaître la pire récession de son histoire avec un recul de son PIB de 5,5% en 2011, les taux de la dette publique italienne à 5 ans ont explosé à 6,47% (record depuis 1997)…

 

Quoiqu’il en soit, il est temps d’essayer autre chose. Et si les choses ne peuvent pas avancer assez vite au niveau européen, et il semble malheureusement que ce soit le cas, il faut prendre des mesures nationales :

  • relever les taux marginaux d’imposition des individus riches,
  • améliorer le respect des obligations fiscales
  • éliminer des abattements fiscaux
  • réévaluer le rôle de l’impôt vis-à-vis de toutes les formes de patrimoine.

Ces idées sont tirées du rapport de l’OCDE cité plus haut !

 

On peut ajouter la création d’une banque publique, qui pourrait se refinancer auprès de la BCE comme n’importe quelle autre banque, mais qui financerait des projets d’investissements publics. Cela permettrait de dynamiser l’économie sans gonfler la dette publique auprès des marchés. Ces chantiers pourraient par exemple s’attaquer à la transition énergétique de notre modèle économique : isolation du bâti ancien, transports en commun, urbanisme, énergies renouvelables…en donnant la priorité aux PME.

 

Au fait, il paraît qu’il y a eu une conférence sur le réchauffement climatique à Durban, en Afrique du Sud…

PP

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18 décembre 2011

Crise européenne : cette année c'était très bien, l'année prochaine ce sera pire (2/3)

Les communicants du gouvernement ont trouvé un moyen apparemment astucieux de faire le lien entre l’austérité et la souveraineté, permettant de justifier la première au nom de le seconde : le désendettement serait le moyen de retrouver la souveraineté. Mais les ministres qui répètent ces  éléments de langage à longueur de journée, ont-ils conscience de ce que cela implique ? Si l’on compte sur le seul effort budgétaire pour se désendetter, l’addition risque de s’avérer très salée. Car outre les intérêts de la dette, pour environ 50 milliards d’€, il faut rembourser le capital des titres de dettes arrivant à échéance, pour environ 99 milliards d’€ en 2012, soit un total d’environ 150 milliards d’€. C’est à peu près la moitié des recettes de l’Etat. Compte tenu du niveau actuel de la dette, soit 1693 milliards d’€, cela signifie qu’il faudrait consacrer entre la moitié et un tiers des recettes de l’Etat pendant 17 ans pour se désendetter complètement ou alors consacrer entre un tiers et un quart des recettes de l’Etat sur la même durée pour diviser la dette par deux environ. Pas forcément facile à expliquer au peuple…

 

Mais au fait, la souveraineté des peuples, qu’en fait-on ? Car dans tous ces sommets, de la dernière chance ou pas, dans les accords successifs, il n’est jamais fait mention de la seule institution européenne qui tire sa légitimité du suffrage universel : le Parlement Européen. Et les parlements nationaux, ont-ils mandatés les chefs d’Etats et de gouvernement pour négocier les différents accords qui se succèdent ? En France, par exemple, y a-t-il eu débat au Parlement sur la crise ? Non, bien sûr ! Comment sera ratifié le « traité » négocié le 9 décembre ? Une note du président de l’UE Van Rompuy affirme que, selon une clause « passerelle » du Traité de Lisbonne, Art 126 (14) via Protocole 12, « cette décision ne nécessite pas de ratification au niveau national. Cette procédure pourrait de ce fait conduire à des changements rapides et significatifs »…

 

 

finance,crise,europe,dette publiqueEt encore, nous, français, pouvons nous estimer « heureux ». Car que dire des grecs, des italiens, des espagnols,…qui voient les dirigeants français et allemands dicter leur loi aux autres dirigeants ? Que dire en particuliers des grecs et des italiens, dont la destinée est entre les mains de gouvernements « techniques », chargés d’administrer les potions amères de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) ? Que certains ministres versent des larmes de crocodile, comme l’italienne Elsa Fornero ne change rien à l’affaire.

 

Mais Angela Merkel ne pourra bientôt plus se prévaloir d’une quelconque position de force, car l’économie allemande n’est pas en aussi bonne santé que cela. Les « marchés » commencent d’ailleurs à s’en apercevoir, comme le montrent les difficultés qu’ont rencontré nos voisins d’Outre-Rhin pour écouler 6 malheureux petits milliards de titres de dette à 10 ans. Au final, seuls 3,6 milliards ont trouvé preneurs, le reste étant achetés par la Bundesbank.

L’Allemagne, rongée par la montée des inégalités, le travail précaire et dépendante de ses voisins européens chez qui elle écoule plus de la moitié de ses exportations, prend progressivement conscience que les difficultés de ses voisins pourraient ne pas s'arrêter à ses frontières.

 

D’ailleurs, l’agence de notation Moody’s a mis sous surveillance l’ensemble de la zone euro. Et il faut avoir l’optimisme chevillé au corps pour y trouver une raison de se réjouir comme le font ceux qui prétendent que c’est une preuve que le fédéralisme avance, puisque désormais les agences de notations mettent tout le monde dans le même sac. Le fédéralisme de la récession, l’union du marasme, quel bel avenir pour le « projet européen » !

PP

 

 

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