16 mai 2008

Les 35 heures, une erreur ?

Nicolas Sarkozy et François Fillon nous le répètent : si l’économie française est mal en point, c’est la faute aux 35 heures. François Fillon veut même mettre fin à ce « carcan ».
Au-delà de cette vaine rhétorique, intéressons-nous un peu aux chiffres (disponibles sur le site de l’Insee – www.insee.fr ).

Pour télécharger les graphiques de cette note, cliquez ici : 1, 2.

Les 35 heures auraient fait exploser le coût du travail…
Le graphique suivant montre que la part des salaires et des cotisations sociales dans la valeur ajoutée n’a quasiment pas évolué depuis le début des années 1990…après une baisse très importante dans les années 1980.

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Les 35 heures auraient dégradé la compétitivité des entreprises…
Le graphique suivant montre que le niveau d’excédent brut d’exploitation (courbe bleue) des entreprises n’a pas été impacté et reste stable à hauteur de 30% de la valeur ajoutée. Rappelons que l’excédent brut d’exploitation (EBE) est en quelque sorte le bénéfice de l’entreprise avant prise en compte des amortissements et des intérêts d’emprunts. On peut constater que le tournant de la « rigueur » amorcé en 1983 a conduit à un bond spectaculaire de l’EBE.
La courbe rose indique que les cotisations sociales patronales sont restées remarquablement stable (voire ont légèrement baissé).

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Les 35 heures auraient désorganisé les entreprises…
Le graphique suivant montre que le taux d’utilisation des équipements a connu un « pic » entre 1998 et 2002 (au-delà de 84%), période de mise en œuvre des 35 heures. Cela s’explique par la flexibilité qu’ont permis les 35 heures, conduisant à la création d’équipe supplémentaires permettant de « faire tourner » les machines plus longtemps.
Ce même graphique montre également que le niveau d’investissement a augmenté, sur la période 1998-2002, approchant les 20% et traduisant ainsi que les chefs d’entreprises n’ont pas été « bridés » par les 35 heures.

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Ces données ne sont certes que des moyennes, qui masquent des écarts entre les secteurs d’activité et entre les entreprises de différentes tailles… Mais elles montrent à mon sens que les 35 heures n’ont pas été ce fléau que nous décrit le gouvernement pour justifier ses mesures pour le moins approximatives et aléatoires !!

PP

14 mai 2008

Golden Président

Lors de sa dernière réunion, l’Eurogroupe (ministres des finances des pays de la zone Euro) s’est inquiété de la dérive des rémunérations des « grands » patrons.
En France, les trois quarts des patrons de grandes entreprises ont gagné 40% de plus en 2007 qu’en 2006…
De plus, les petites gâteries tels que les « golden hellos » (bonjour doré ou prime de bienvenue) et les « golden parachutes » (parachutes dorés en cas de départ anticipé) échappent en grande partie à l’impôt sur le revenu !
Devant la montée des revendications relatives au pouvoir d’achat, les ministres des finances ont dit vouloir envoyer un signal en direction du « peuple » et mettre fin à ces dérives.
Les Pays-Bas ont d’ailleurs commencé à taxer (modérément) les « golden machin-choses »
Il s’agira donc de réfléchir à une harmonisation des politiques fiscales sur les très hauts revenus. En juin, la France prendra la présidence tournante de l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy, notre « golden président » sera donc président de l’Europe.
Gageons qu’il fera son maximum pour faire avancer ce dossier épineux.
Gageons aussi qu’il fera comprendre à Sarkozy Nicolas, le président français, à quel point son bouclier fiscal, et plus généralement ses baisses d’impôts en direction des plus fortunés, sont des aberrations économiques !

PP

11 mai 2008

Déficit et Dette

S’il est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre dans le débat public français, c’est bien la dette publique et le déficit public. Avant les présidentielles de 2007, le gouvernement avait demandé un rapport sur le sujet à Michel Pébereau. François Bayrou en avait fait un des thèmes majeurs de sa campagne. Nicolas Sarkozy, ainsi d’ailleurs que Ségolène Royal y étaient allés de leur refrain sur la question !
François Fillon avait, lors d’un déplacement en Corse, enfoncé le clou en annonçant qu’il était « à la tête d’un Etat en faillite ». Outre le fait qu’il n’est pas à la tête de l’Etat (ne lui en déplaise, c’est Nicolas Sarkozy qui est à la tête de l’Etat), il est faux de dire que la France est en faillite…mais c’est un autre débat !
Pour aujourd’hui, contentons-nous de nous intéresser à l’évolution du déficit public depuis 1959 et de la dette publique depuis 1978. Ces données sont disponibles sur le site de l’Insee.

Le déficit public correspond au besoin de financement des administrations publiques (principalement l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité Sociale). En gros, il y a déficit lorsque les recettes (impôts, cotisations sociales,…) ne suffisent pas à couvrir les dépenses. Dans ce cas, il est nécessaire d’emprunter pour combler la différence, ce qui vient alourdir la dette publique…
Dans le graphique suivant, la courbe noire représente le déficit public en % du PIB. Le pacte de stabilité du traité de Maastricht impose à la France (et aux pays de la zone Euro) de maintenir le déficit public en deçà de 3% du PIB (ligne rouge sur le graphique).
La courbe verte représente le taux de croissance de l’économie française (% du PIB).
La courbe bleue représente le taux de croissance de l’Union Européenne.

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Enfin, les rectangles roses et bleus symbolisent la "couleur" politique du gouvernement.
Voici, pour mémoire, les noms des Premiers Ministres de la V ème République :
* Michel Debré : 8 janvier 1959 -14 avril 1962 (UNR)
* Georges Pompidou : 14 avril 1962 - 10 juillet 1968 (UNR)
* Maurice Couve de Murville : 10 juillet 1968 - 16 juin 1969 (UDR)
* Jacques Chaban-Delmas : 20 juin 1969 - 5 juillet 1972 (UDR)
* Pierre Messmer : 7 juillet 1972 - 27 mai 1974 (UDR)
* Jacques Chirac : 28 mai 1974 - 25 août 1976 (UDR)
* Raymond Barre : 27 août 1976 - 13 mai 1981 (UDF)
* Pierre Mauroy : 22 mai 1981 - 19 juillet 1984 (PS)
* Laurent Fabius : 23 juillet 1984 - 20 mars 1986 (PS)
* Jacques Chirac : 20 mars 1986 - 30 avril 1988 (RPR)
* Michel Rocard : 10 mai 1988 - 14 mai 1991 (PS)
* Édith Cresson : 15 mai 1991 - 31 mars 1992 (PS)
* Pierre Bérégovoy : 2 avril 1992 - 28 mars 1993 (PS)
* Édouard Balladur : 29 mars 1993 - 16 mai 1995 (RPR)
* Alain Juppé : 18 mai 1995 - 2 juin 1997 (RPR)
* Lionel Jospin : 2 juin 1997 - 6 mai 2002 (PS)
* Jean-Pierre Raffarin : 6 mai 2002 - 31 mai 2005 (UMP)
* Dominique de Villepin : 2 juin 2005 - 15 mai 2007 (UMP)
* François Fillon : 18 mai 2007 (UMP)

On peut constater que le dernier excédent public date de…1974 !
On peut aussi constater que le niveau du déficit public est largement lié au taux de croissance de l’économie. Il explose en période de faible croissance (cf. 1993 : -6,4% lors de la crise du Système Monétaire Européen) et se réduit en période de croissance forte (cf. 1998-2002).
On peut noter que les courbes de la croissance française et européenne sont assez fortement liées l’une à l’autre, sauf depuis 2005 où l’écart semble se creuser au détriment de la France. Des mauvais esprits pourraient y voir les résultats des politiques économiques et fiscales inefficaces et injustes des gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon !
On pourrait aussi faire remarquer à François Fillon (sans doute le Premier Ministre le plus bêtement dogmatique que nous ayons eu) que la période de mise en place des 35 heures (1988-2002) a été l’occasion d’une embellie au niveau du déficit, et n’a pas empêché la France d’avoir une croissance aussi élevé que le reste de l’Europe…ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, malgré la « remise en cause de ce carcan » et la « réhabilitation de la valeur travail ».

En matière de dette publique, la France n’est plus « dans les clous » du pacte de stabilité depuis 2003.
Là encore, il n’y a que pendant la période 1998-2002 que la dette publique a (légèrement) baissé…

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PP

24 avril 2008

Un an déjà...

Ce soir, Nicolas Sarkozy va nous expliquer que sa première année à l’Elysée est un succès…

Le paquet fiscal, la rupture du contrat de travail par « consentement mutuel », l’allongement de la durée de cotisation retraite, les franchises médicales, la réforme des allocations familiales, le dégraissage de la fonction publique, la réforme de la carte judiciaire, la réforme des hôpitaux, le RSA trop coûteux, les caisses vides, le « sauvetage » du site de Gandrange, le quota de 25000 expulsions par an, la commission Attali, le plan « Marshall » pour les banlieues, le Grenelle de l’environnement qui fait « pschitt », la suppression annoncée des 35 heures…et puis non finalement, la cacophonie gouvernementale, la « bling-bling » attitude, la promenade dans la neige sur le plateau des Glières, la politique de civilisation, Kadhafi à Paris, « Casse-toi, pauv’con »…

J’en passe et des meilleures…Bon courage aux conseillers en communication pour trouver une logique à tout ça !
François Fillon attend de l’intervention présidentielle une mise en perspective des réformes et une « feuille de route ». C’est quand même surprenant qu’un Premier Ministre doive attendre une émission de télé pour recevoir les directives de son patron ! Il aurait pu au moins lui envoyer un SMS !
Bon enfin, on verra bien…

En attendant ce grand moment de télé, je voudrais revenir sur un des « points forts » du programme de Nicolas Sarkozy : le fameux paquet fiscal. En effet, c’est grâce à lui que le slogan « Travailler plus pour gagner plus » devait devenir réalité. Le paquet fiscal ou loi TEPA (Travail Emploi Pouvoir d’Achat) devait produire un « choc de confiance », puis un « choc de croissance ». Le seul choc que l’on a vu, c’est celui de la courbe des sondages de popularité qui touche le fond !
Contrairement à une présentation un peu caricaturale qui en a été faite, le paquet fiscal n’est pas qu’un cadeau aux « riches ». En revanche, on peut lui reprocher son inefficacité patente et son coût exorbitant : 13 milliards d’€, qui a contribué à vider des caisses « déjà vides ».
Grosso modo, le paquet fiscal se décompose ainsi :
* 6 milliards d’€ pour les exonérations fiscales liées aux heures supplémentaires
* 3,7 milliards d’€ pour les crédits d’impôts sur les intérêts d’emprunts immobiliers
* 2,2 milliards d’€ pour la suppression des droits de succession
* 0,6 milliard d’€ pour le passage de 60 % à 50 % du bouclier fiscal
* 0,4 milliard d’€ pour l’exonération d’ISF liée à l’investissement dans les PME

Heures supplémentaires
L’UMP annonce sur sont site Internet que 4 heures supplémentaires par semaines équivalent à un 13 ème mois. Certes, mais encore faut-il pouvoir les faire, ces 4 heures par semaine. En moyenne, le tiers des salariés qui font des heures supp en effectuent 4…par mois !
Selon une étude de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, parue début avril, le dispositif coûterait plus cher à l’Etat que le gain de pouvoir d’achat octroyé aux salariés.
De plus, ce dispositif va accentuer les inégalités entre ceux qui font des heures supp et les autres. Il ne contribuera bien évidemment pas à créer des emplois (au contraire) et laisse de coté les retraités, chômeurs et bénéficiaires des minima sociaux…
Plus largement, il repose sur le principe d’une augmentation individuelle du temps de travail, alors qu’il faudrait avoir une vision globale des heures travaillées. Pour augmenter le nombre d’heures travaillées dans l’économie française, on peut faire en sorte que ceux qui ont déjà un emploi travaillent plus ou alors on peut faire le choix d’être plus nombreux à travailler. C’était la logique des 35 heures, qui malgré un certain nombre de défauts n’ont pas « plombé » l’économie française et ont contribué à générer 800 millions d’heures de travail dans l’économie. De plus, leur mise en place a permis de mieux utiliser les équipements industriels par la mise en place de nouvelles organisations du travail. Cette augmentation de la productivité, combinée aux allègements de cotisations sociales ont rendu quasi indolore pour les entreprises le surcoût de salaire de 11%.

Défiscalisation des intérêts d’emprunts
Sans s’adresser vraiment aux « riches », cette mesure vise surtout la moitié des français qui payent l’impôt sur le revenu. Elle permettra à ceux qui étaient déjà solvables d’alléger le coût de leur emprunt. En revanche, elle ne permettra pas aux moins favorisés d’accéder à la propriété.

Suppression des droits de succession
Avant cette mesure, les trois quarts des successions étaient déjà exonérées. Désormais, ce sera 95 %...et les 5% restants bénéficieront d’abattements plus importants. Sachant que l’âge moyen des « bénéficiaires » d’une succession est de 55 ans, on peut douter de la pertinence de l’argument qui consiste à dire que c’est pour aider « les jeunes à s’installer dans la vie ». En revanche, de telles mesures favorisent la perpétuation d’une France de rentiers où les 10 % les plus riches détiennent 46% du patrimoine…

Bouclier fiscal
Les 0,6 milliard d’€ ne correspondent qu’au coût engendré par le passage de 60 % à 50% du « bouclier fiscal ». Le bouclier fiscal, dans son intégralité, coûte en environ 4 milliards par an (à ajouter au paquet fiscal) et malgré les trésors d’imagination déployés par l’UMP et le gouvernement (la fameuse « veuve de l’Ile de Ré »…), il est incontestable que la vocation majeure du bouclier fiscal est de vider l’ISF de sa substance. En effet, le dépassement du seuil des 50 % ne peut en pratique se produire qu’en payant l’ISF.

« Simplification » du barème de l’impôt
N’oublions pas également la « simplification » du barème de l’impôt sur le revenu intervenue fin 2005. Il s’agissait alors de réduire de 7 à 5 le nombre de tranches et de diminuer le taux de chacune, ceci étant à peu près compensé par la suppression de l’abattement de 20% appliqué jusqu’alors sur le revenu déclaré. Sauf que…l’abattement était plafonné à 24 000 €, ce qui correspondait à un revenu déclaré de 129 000 €. Avec la nouvelle formule, un célibataire qui gagne 1 million d’€ par an économise environ 70000 € d’impôt… Et dire que la réforme a été vendue comme bénéficiant principalement aux « classes moyennes ». En fait, sur les 5 milliards que coûte cette « simplification » (à ajouter au paquet fiscal), 90 % bénéficieront aux 5% des contribuables les plus aisés.

Le rôle de l’impôt dans la société
Au total, on en est à plus de 20 milliards d’allègements d’impôts, soit près de la moitié du déficit de l’Etat (41,5 milliards en 2007 sur un déficit public total de 50,5 milliards d’€). Et pour quelles retombées sur la croissance et l’emploi ?
La fiscalité n’est pas qu’une question technique, elle est aussi la traduction de choix de société en matière notamment de solidarité, de redistribution, de résorption des inégalités, de financement des politiques publiques… Ce sont des choix fondamentaux. Malheureusement, c’est aussi un thème où la démagogie est facile : dire que l’on va baisser les impôts permet de se concilier les bonnes grâces de l’opinion publique. Et la classe politique française ne s’en prive pas ! Alors même que la France est un des pays industrialisés ou l’impôt sur le revenu des ménages et des entreprises pèsent le moins lourd ! L’impôt le plus lourd est un impôt sur la consommation : la TVA, qui représente environ 50 % des recettes de l’Etat. C’est aussi l’impôt le plus injuste puisqu’il pèse, en proportion, plus lourd sur les plus pauvres.
En la matière, la vraie rupture serait d’affirmer avec force la nécessité d’une fiscalité réellement progressive, incluant l’ensemble des revenus…

PP

07 avril 2008

Réforme et RSA

Nicolas Sarkozy a affirmé que « ce n'est pas les économies qui font la réforme mais la réforme qui permettra des économies. C'est la différence entre rigueur et réforme. »…avant de confirmer le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite !
Peut-on envisager mesure d’économie plus arbitraire ? Tout le monde convient que l’Etat a besoin de réforme, mais d’une réforme s’appuyant sur une analyse des besoins de services publics. Tailler à la hache dans les effectifs, c’est courir le risque de voir coexister une pénurie de moyens dans certains secteurs et des sureffectifs persistants dans d’autres…avec au final, une dégradation de la qualité globale du service public.

La question soulevée par le Revenu de Solidarité Active défendu par Martin Hirsch n’est pas tant celle de son coût (5 à 7 fois moins que le paquet fiscal), mais plutôt celle de la « philosophie » qui le sous-tend. Il s’appuie, selon moi, sur le principe que la reprise de l’emploi n’est désormais envisageable que par des « petits boulots », d’une durée inférieure à un mi-temps. Partant de là, il est normal que la collectivité « subventionne » ceux qui reprennent l’emploi pour leur permettre d’atteindre le seuil de pauvreté. Cela ne risque-t-il pas de favoriser encore plus le développement de ces petits boulots ? Une lutte efficace contre la pauvreté passe par l’éducation et des politiques en faveur d’emplois de « bonne qualité » (et temps plein).


PP

31 mars 2008

Figaro ci, Figaro là

Voici ce que Le Figaro titrait sur son site Internet le 28 mars, se fondant sur un sondage Opinion Way :

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En réalité, le sondage d’OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu’il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des Français.
Comme la ficelle devenait un peu trop grossière, Le Figaro a fait machine arrière et titre désormais :

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Au-delà de ces manipulations mesquines, qui peut croire qu’un changement aussi soudain peut être sincère ? Il y a un mois à peine, on était en pleine « bling-bling attitude », toutes Ray-Ban et Rolex dehors, et aujourd’hui on voudrait nous faire croire qu’il a eu la révélation.
Il ne suffit pas de marcher dans la neige sur le plateau des Glières et d’arborer une mine austère pour avoir la dimension d’une chef d’Etat. Même grossièrement rapiécé et retaillé, le costume de Président de la République sera toujours trop grand pour Nicolas Sarkozy !

PP

27 mars 2008

Re-présidentialisation

Nicolas Sarkozy (ou peut-être son entourage) a compris qu’il ne « faisait » pas Président. Il a cru pouvoir imposer son style, mais il s’est finalement rendu compte que son comportement s’apparentait plus à Britney Spears qu’au Général de Gaulle. Il veut maintenant « re-présidentialiser » son image.

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va », disait le philosophe. A quoi bon s’agiter si l’on n’a pas de projet de société ? La politique de civilisation a fait « Pschitt », tout comme le Grenelle de l’Environnement.

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Du candidat du pouvoir d’achat au président des caisses vides…D’Eurodisney au plateau des Glières…Que de chemin parcouru…pour revenir au point de départ.

Tout ça pour ça !

PP

21 février 2008

Actualité (suite)

A Neuilly, où le vaudeville politique atteint son paroxysme, c’est un sondage financé par des habitants (et patrons du CAC 40, de surcroît) qui a précipité la chute du « petit marquis » (affectueux surnom de David Martinon). En effet, ce dernier était donné perdant avec seulement 40 % des voix.

Autre exemple de mélange des genres : l’entreprise Bouygues va gérer une prison. Les prisonniers seront-ils obligé de regarder TF1 24 heures sur 24 ? On va avoir des soucis avec Human Rights Watch et Amnesty International pour « traitement inhumain ».

La « réforme » du droit des affaires est en marche. Désormais, le délai de prescription des faits « d’abus de bien sociaux » débutera non plus à partir de la découverte des faits supposés, mais à partir du moment où ils ont été commis. Comme en général, ces faits ne sont découverts que quelques années après leur survenance, l’expression « pas vu, pas pris » a un bel avenir !

Après avoir approuvé la proposition de Nicolas Sarkozy concernant le « travail de mémoire sur la Shoah », Ségolène Royal et François Hollande ont fait marche arrière, devant les remous provoqués par cette annonce inattendue. On se demande pourquoi ils ne sont plus ensemble, ces deux-là, ils étaient faits pour s’entendre !

En Grande-Bretagne, la banque Northern Rock a été provisoirement nationalisée. Incroyable, au pays du libéralisme triomphant, on a recours aux bonnes vieilles solutions du « programme commun » conduit par François Mitterrand et George Marchais ! Peut-être que libéralisme n’est pas si triomphant que ça, finalement !

Si les français votaient aux Etats-Unis, c’est Barrack Obama qui serait élu, c’est sûr. Pour ma part je me méfie un peu de lui. En effet, il a un peu trop tendance à se présenter comme l’homme du changement, sans trop dire en quoi ça consiste. On nous a déjà fait le coup de la « rupture » ! De plus, il trouve des qualités à Nicolas Sarkozy, ce qui est un autre signal d’alerte ! Enfin, il s’est fendu d’un éloge à …Ronald Reagan. Pour un démocrate, saluer le plus réactionnaire et le plus libéral des présidents américains, c’est un peu douteux.

Walter Veltroni, maire de Rome et figure du renouveau de la gauche en Italie, assure qu’il « sera, comme Nicolas Sarkozy, un homme nouveau qui changera la donne dans la politique ». Sans commentaire. Avec une gauche pareille, y-t-il encore besoin de droite ?

Les autorités européennes et américaines de la concurrence ont donné leur feu vert à l'acquisition du groupe britannique Reuters par son concurrent canadien Thomson, qui va donner le jour au numéro un mondial de l'information financière. Thomson-Reuters détiendra environ un tiers du marché mondial de l'information financière, au coude-à-coude avec Bloomberg, pour un chiffre d'affaires d'environ 11 milliards de dollars. Le secteur de l'information économique est actuellement en pleine concentration, alors que les transactions ont explosé ces dernières années sur les marchés financiers. Le magnat des médias Rupert Murdoch s'est ainsi emparé pour cinq milliards de dollars du groupe américain Dow Jones, propriétaire du Wall Street Journal. Le pluralisme et la transparence de l’information financière sont en bonne voie!!

PP

14 janvier 2008

Un monde merveilleux...

Je sais, c'est un peu mesquin...mais c'est lui qui a commencé !

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PP

09 janvier 2008

SarkoShow

Il est loin le temps où Nicolas Sarkozy disait qu’il voulait 3% de croissance et qu’il irait chercher cette croissance « avec les dents »… C’était le 14 octobre 2007 mais en Sarkozye, royaume de l’instant présent, c’est une éternité. Lors de sa dernière conférence de presse, il a annoncé qu’ « il faut changer notre instrument de mesure de la croissance ». Il s’est aperçu qu’il ne suffit pas d’avoir les dents longues et la langue bien pendue pour susciter la croissance. Pour guérir de la fièvre, rien de tel que de casser le thermomètre !
Il va nous expliquer qu’il faut aller « au-delà » de la seule croissance des richesses. Pour cela, il a confié une mission de réflexion (une de plus) à deux économistes de renommée mondiale pour leurs travaux sur les inégalités : Amyarta Sen et Joseph Stiglitz. Et si ces économistes proposaient d’inclure plusieurs indicateurs complémentaires : la hausse du travail précaire (2/3 des créations d’emplois) et des inégalités, la baisse du taux de scolarisation des enfants (le taux de scolarisation à 18 ans a chuté de 85% à 79,5% en dix ans), l’influence grandissante du milieu social sur la réussite scolaire…En ces temps d’évaluation, pas sûr que Sarkozy ait une bonne note !

Toujours lors de sa conférence de presse, il a ajouté : « Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde, d'autant plus absurde que j'étais le seul à en parler ». Décidément le gag de l’arroseur arrosé, ça fait toujours rire.
Petite question : Qui a dit « Je veux être le Président du pouvoir d’achat » ? Un certain Nicolas Sarkozy, pendant la campagne électorale. En mai 2007…carrément la préhistoire…

PP

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