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07 janvier 2012

Des voeux brutaux et provocateurs

éducation,sarkozyPar le Syndicat National de l'Enseignement Supérieur


Lors de la présentation de ses vœux au monde de l’éducation et de la recherche, avec autosuffisance, le Président en campagne Nicolas Sarkozy a prononcé un discours brutal et provocateur, alliant l’affabulation et l’incohérence.



Axant son propos en priorité sur l’enseignement supérieur et la recherche, il n’en a pas moins omis de dessiner sa feuille de route, en particulier pour les enseignements primaire et secondaire, éludant le sort des élèves : autonomie des établissements, meilleure utilisation des moyens…  « Il n’y a pas de place pour la médiocrité », c’est par ces propos que le président de la République a résumé la ligne de sa politique.  Hors d’une supposée excellence, point de salut. Nicolas Sarkozy, non sans contradiction avec sa conception d’une « école qui ne peut pas tout »,  notamment concernant le chômage, a réaffirmé une fois de plus sa vision étriquée et utilitariste pour les formations du supérieur en considérant que « seuls les diplômes menant à l’emploi méritent d’être des diplômes ». 



Sans prononcer une seule fois le terme de service public, sans s’adresser une seule fois au personnel administratif, le Président a tiré un bilan à mille lieux de la réalité dans les établissements d’enseignement supérieur. Alors que l’urgence, utilisée comme argument d’autorité, a été le lot quotidien de la communauté universitaire durant sa mandature, Nicolas Sarkozy s’est fait l’accusateur « de ceux qui privilégient le court terme au risque de sacrifier l’avenir, quitte à oublier leurs valeurs ». Devant tant d’incohérence et de mystification notamment sur le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche, comment peut-il revendiquer de « parler vrai »… ?



De la part de celui qui fait de la sélection arbitraire, du creusement des inégalités et de la mise en concurrence l’essentiel de sa politique pour l’enseignement supérieur et de la recherche, revendiquer « l’excellence, la justice et l’unité » est indécent. Enfin, ce n’est pas en méprisant une fois de plus la communauté universitaire ou en qualifiant de manipulateurs les organisations qui ont porté la contestation contre la LRU, que l’on construit l’avenir pour le service public d’enseignement supérieur et de la recherche dont le pays a besoin.



Paris, le 5 janvier 2012

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28 décembre 2011

Grève dans les aéroports : un conflit d'intérêt parmi d'autres ?

Je vous livre une analyse que m'a fait parvenir un camarade du groupe de militants socialistes auquel j'appartiens (GPS) :

images?q=tbn:ANd9GcQC9VIj_oUQkx3lvIWRcb6BDEgMQZPkXgrpsLeS12Ih4rJ7DXNKVgDans cette affaire d'Aéroport de Paris (ADP), on a vu Nicolas Sarkozy (NS) personnellement imposer l'envoi de la police contre l'avis de certains des ses collaborateurs,alors que cette grève est plus symbolique qu'autre chose,car en dehors des queues plus longues pour monter dans l'avion,il n'y a pas eu depuis quelques jours aucune annulation de vol. En dehors du calcul politicien-electoraliste de dire: "il faut empêcher que les honnêtes gens soient pris en otage par des grévistes irresponsables" il y a sans doute une autre raison dans l'attitude de NS.Vous savez que les sous-traitants qui travaillent pour ADP, ont des marges minimes, ADP qui est coté en bourse a réussi a imposer des tarifs très bas à ceux-ci (et donc on tire sur les salaires qui sont misérables)et donc la résolution du conflit en cours dépend surtout du donneur d'ordre. Là,il faut savoir que le 3e homme dans l'hierarchie des ADP est un copain à sarko, ancien de la mairie de Neuilly et imposé par le président dans l'hierarchie des ADP avec un salaire annuel de 450000 euros! Je pense très sincèrement qu'il existe aussi dans cette affaire un conflit d'intérêts, NS soutient son copain.


Depuis le début du quinquennat,il y a eu des conflits d'intérêt,le premier dont je me souvienne a été la vente de la salle pleyel à un proche de C.Sarkozy, une affaire qui a coûté très cher aux finances publiques. Après il y a eu la politique sur la santé et la retraite,qui a favorisé clairement Méderic la complémentaire santé-retraite presidée par le frère de NS. A cela il faut rajouter le projet d'obliger les plus de 50 ans à s'assurer à un organisme privé pour la dépendance et encore une fois le groupe qui était le mieux placé pour profiter de cela était Méderic. Ce projet n'a pas pu se faire, mais il se fera si jamais l'actuel président est réelu.


Si on cherche en détail, on trouverait pleins d'autres conflits d'intérêts où NS en profitant de son pouvoir, a favorisé ses amis. Un petit exemple, au nom de quoi Bolloré a l'exclusivité de distribution des journaux gratuits dans le metro parisien (entreprise publique dont le directeur est nommé en conseil des ministres)? Direct matin et direct soir sont les seuls gratuits distribués dans le metro.

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28 novembre 2011

La droite creuse la dette c’est vous qui payez la note!

Depuis dix ans, la droite a multiplié la dette par deux par une politique qui ne profite qu’à une minorité de nos concitoyens les plus aisés. La crise est là, mais la responsabilité est surtout celle de M. Sarkozy. Faute d’avoir le courage de revenir sur 75 milliards de cadeaux fiscaux, le gouvernement impose au pays une cure d’austérité brutale et injuste, désastreuse économiquement et financièrement inefficace. Tous les Français s’en trouvent pénalisés.

 Plus d'infos...


La droite creuse la dette c’est vous qui payez... par PartiSocialiste

08:33 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dette publique, ump, sarkozy | | |  Facebook | | |

17 novembre 2011

La rigueur, dernier symptôme de la crise démocratique

« Le mot faillite n’est plus un mot abstrait » a déclaré François Fillon le 7 novembre 2011, lors de la présentation du deuxième plan de rigueur. Il en jubilait presque, l’austère qui ne se marre pas. Il aurait pu ajouter : « Je vous l’avais bien dit ! ». En effet, dès 2007, il nous annonçait déjà qu’il était « à la tête d’un Etat en faillite ». Il avait doublement faux : il n’est pas à la tête de l’Etat (c’est Nicolas Sarkozy qui est à la tête de l’Etat, François Fillon n’est que son « collaborateur » selon ses propres termes) et la France n’est pas en faillite, pas plus aujourd’hui qu’hier. Un Etat ne peut pas faire faillite : on ne peut pas « fermer » un Etat et licencier ses habitants ! Ce sont les créanciers qui ont le plus à craindre dans l’histoire, et pourtant ce sont qui mènent la danse.

 

Les plans de rigueur semblent être désormais le mode de gouvernement, voire de « gouvernance », privilégié dans les pays européens. Certains sont décidés sur un coin de table, comme en Italie où Silvio Berlusconi annonce dans une lettre à destination des autres dirigeants européens des décisions aussi « insignifiantes » que le recul de l’âge de la retraite à 67 ans et la libéralisation du marché du travail (mesures non votées…pour l’instant). Certains sont bricolés à la va-vite comme en France, où les deux plans de rigueur d’août et de novembre 2011 regroupent pas moins de 25 mesurettes hétéroclites (taxe sur les sodas, augmentation des prix du tabac, taxe sur les mutuelles, modifications des revalorisations des allocations familiales, gel du barème des impôts, relèvement du taux réduit de TVA…). Tous, au final, s’avèreront inefficaces comme le cas grec l’a prouvé où les sévères mesures d’austérité ont conduit à une récession aggravée, et donc à une augmentation de la dette qu’ils prétendaient combattre.

 

La rigueur semble être l’horizon indépassable promis aux peuples européens, sous prétexte que les « marchés » la demandent. Mais est-ce bien sûr ? Les marchés, composés d’épargnants qui ont acheté des obligations d’Etat veulent peut-être « seulement » être remboursés. C’est le conformisme et le manque d’imagination des dirigeants européens qui les conduit à interpréter cette attente comme une demande de baisse aveugle de la dépense publique. Il est vrai aussi que ça arrange bon nombre d’entre eux, car cela leur permet de légitimer le démantèlement de la puissance publique : « ce n’est pas de notre faute, c’est les marchés ».

 

Dans l’émission « Mots croisés », le politologue Dominique Reynié (au passage un politologue est censé étudier la politique, alors que Mr Reynié en fait ouvertement…et plutôt à droite) allait plutôt dans ce sens en disant qu’il ne faut pas parler de « rigueur », mais de « révolution ». Selon lui, nous sommes en train déconstruire petit à petit le modèle des trente dernières années (les acquis sociaux, l’Etat providence…). Il a quand même concédé qu’il fallait le remplacer par « autre chose ». On voit bien la déconstruction, en revanche « l’autre chose » tarde à se profiler…

 

C’est peut-être cela qu’a voulu dire François Hollande en affirmant qu’il voulait « donner du sens à la rigueur ». Toutefois, on peut lui reprocher de s’inscrire d’emblée dans les schémas existants, de jouer avec les règles de ses adversaires…

 

N’y a-t-il pas un rapport de force à créer avec les marchés ? Ne dit-on pas : «  Quand vous devez 10 000 € à la banque, la banque vous tient. Quand vous devez 10 million d’€ à la banque, c’est vous qui tenez la banque » ?  Si tous les Etats européens se mettaient d’accord, ils pourraient sans aucun doute renégocier leurs dettes. De toutes façon, quand plus aucun pays ne sera « triple A », que se passera-t-il ? Tant que certains Etats (notamment la France et l’Allemagne) sont encore « «AAA », leurs dirigeants sont enclins à tout faire pour garder ce sésame vers l’endettement à faible taux. S’ils le perdent à leur tour, accepteront-ils de voir s’envoler les taux d’intérêts ou exploreront-ils enfin d’autres solutions ? Mais d’ici là que de sacrifices inutiles pour les peuples ! Car des solutions alternatives à la baisse des dépenses publiques existent et mériteraient d’être sérieusement étudiées. Il y a bien sûr la monétisation de la dette publique, c’est-à-dire son financement par la banque centrale, soit directement, soit par le biais d’un organisme public national qui pourrait emprunter à la BCE. Inflationniste, diront certains ? Pourquoi alors la création monétaire lorsqu’elle est le fait des banques privées serait-elle autorisée ? Et puis, la création monétaire est inflationniste lorsque l’économie tourne à plein régime, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

 

L’autre argument pour expliquer la situation des Etats européens est le « laxisme budgétaire des trente dernières années » (dixit François Fillon). A cela, on peut répondre que des pays comme l’Espagne ou l’Irlande étaient présentés comme des modèles de gestion des finances publiques, avant que l’endettement privé excessif ne les contraigne à faire exploser leur dette publique pour renflouer leur secteur bancaire et soutenir l’activité. Car n’oublions pas que les origines de la crise actuelle sont avant tout liées aux dérives du secteur bancaire et les Etats ont été appelés à la rescousse pour relancer l’activité. Il y a deux ans encore, on ne parlait pas de plans de rigueur, mais de plans de relances… A cet effet conjoncturel s’ajoute un effet structurel qui n’est pas la dérive des dépenses, mais la baisse des recettes. En France, par exemple, un rapport parlementaire chiffre à 100 milliards les pertes de recettes liées aux réformes fiscales menées depuis 2000. On a perdu de vue que les Etats ont la possibilité de fixer leurs recettes en augmentant les impôts. Il s’agirait d’annuler « l'effet jackpot » de ces dernières années : avec l'argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d'intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d'impôts...

Pour une liste plus complète des pistes à explorer...

 

Pour l’instant, les pays européens s’imposent des « règles d’or » afin de contraindre encore plus leur politique budgétaire. Ils renoncent sans débat préalable, via le « semestre européen », à une part supplémentaire de leur souveraineté en confiant la surveillance de leur budget à la Commission européenne, entité non démocratique qui n’a pas de comptes à rendre devant le Parlement européen.

 

Une autre forme d’abandon de souveraineté commence à voir le jour dans les pays en difficulté (Grèce, Italie) : l’avènement de gouvernements « d’union nationale » ou de gouvernements « techniques ». Mis en place sous la pression des « marchés », ces gouvernements n’engageront pas de réformes radicales et seront plus malléables. De plus, ils n’ont pas de mandat du peuple. Pas plus que Merkel et Sarkozy n’ont de mandat pour imposer leur diktat aux autres pays européens, et notamment aux grecs. Pour justifier ces accommodements avec la démocratie, on nous répète que « pendant la tempête, il faut un capitaine qui décide rapidement ». Donc pas le temps de débattre, encore moins de voter… Sauf que le mandat du capitaine est à peu près clair : sauver son bateau et son équipage et les ramener à bon port. Or dans le cas des qui nous préoccupe, le mandat que ce sont octroyés nos dirigeants n’est pas certainement pas celui que lui aurait confié le peuple s’il avait été consulter, à savoir « assurer le plein emploi, la cohésion sociale », mais plutôt « sauver le triple A », voire « sauver les établissements financiers ».

 

Ainsi, la crise, d’abord bancaire, devenue crise financière, puis crise économique, puis crise sociale est désormais une crise démocratique. Les peuples n’ont plus confiance dans ceux qui sont censés les représenter, mais qui semblent de plus en plus déconnectés des réalités et ne plus avoir d’autre recours que la gesticulation sur des sujets secondaires. Ainsi, Nicolas Sarkozy a ressorti son vieux cheval de bataille de la « lutte contre la fraude sociale ». Comme si la vraie fraude n’était pas ailleurs, du côté par exemple de la fraude fiscale, voire de l’optimisation fiscale que pratiquent en toute légalité ses amis du Fouquets’s ?

 

La proposition d’Arnaud Montebourg visant à limiter à 67 ans l’âge des candidats socialistes aux législatives, au-delà du côté « pavé dans la marre », semble intéressante dans la mesure où elle interroge le fonctionnement même des partis politiques, au-delà du seul PS. En effet, en théorie, un parti politique est fait pour proposer des idées, mais aussi pour faire émerger, parmi ses militants, ceux qui sont le mieux à même de les mettre en pratique. Or, les partis sont surtout composés d’élus dont une des préoccupations est de faire le vide autour d’eux afin d’assurer leur réélection. Ce qui explique par exemple, que l’Assemblée nationale compte 9 élus de plus de 60 ans pour 1 de moins de 40. Mais l’âge n’est pas le seul facteur discriminant : il n’y a quasiment pas d’ouvriers parmi les députés, alors que les médecins, les enseignants et les hauts fonctionnaires sont sur-représentés… Comment alors parler de « représentation nationale » ?

 

Ce faisant, les partis concourent à la sclérose de notre démocratie, mais aussi ils privilégient le côté gestionnaire, au détriment des propositions de changement. Depuis des années, le Parti Socialiste est d’ailleurs incapable de formuler un projet mobilisateur et clair pour le peuple de gauche. Invoquer les candidatures « parasites » pour expliquer les échecs, compter sur l’anti-sarkozysme pour espérer une victoire, tout cela finit par être un peu court.

 

Certains proposent de désigner le Président de la République par … tirage au sort. Sans peut-être aller jusque là, il est nécessaire de mettre en chantier la rénovation de notre démocratie pour garantir une vraie représentativité de nos dirigeants, une réelle responsabilité devant le peuple redevenu souverain. Même un ultra-modéré comme Jean-Pierre Jouyet prédit que les citoyens se « révolteront contre la dictature des marchés ».

 

Effectivement, tout le monde a le sentiment que ça ne peut plus durer comme ça.

Le changement se produira-t-il de façon civilisée ou au contraire de façon brutale ? C’est toute la question…

 

PP

08:20 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : crise, démocratie, austérité, rigueur, sarkozy, fillon | | |  Facebook | | |

03 novembre 2011

Fiscalité : les idées fausses du Président de la République

par l’Union SNUI - SUD Trésor Solidaires

Suivre le débat fiscal  : http://snuisudtresor.fr/blogfiscal/


Lors de son intervention télévisée du jeudi 27 octobre, Nicolas Sarkozy a annoncé un durcissement de sa politique de rigueur. S’il est resté flou sur ses intentions en matière de fiscalité, ses propos ont été marqués par de nombreuses erreurs et idées fausses. C’est d’autant plus inquiétant que cela veut dire que ces idées fausses, sur lesquels nous revenons ici, continuent à structurer les choix politiques.


Non, les Français ne travaillent pas « pour l’État » du 1er janvier au 1er juillet !


En déclarant que les français travaillaient pour l’État du 1er janvier au 1er juillet, Nicolas Sarkozy reprend une idée reçue véhiculée par de nombreux courants d’inspiration poujadistes qui suggèrent que les dépenses publiques, financées notamment par les impôts et les cotisations sociales, disparaissent dans un trou noir et sont par nature économiquement inefficaces. Ce faisant, il commet une double erreur :

Tous les « prélèvements publics » (impôts, cotisations sociales) ne vont pas à l’État ; ces prélèvements représentent près de 42% du produit intérieur brut, parmi lesquels 15% vont à l’État, 6% aux collectivités locales et 21% à la sécurité sociale.

Mais surtout, ces prélèvements ne disparaissent pas dans un trou noir : ils sont réinjectés dans l’économie sous forme de : pensions de retraites, remboursements de dépenses de santé, indemnisations chômage (ces différentes formes de la redistribution sociale représentent 30% du revenu des ménages), services publics gratuits (écoles...), dépenses d’investissement (réseaux de transport), subventions et aides...

De fait, les Français travaillent pour la collectivité, donc pour eux.


Lorsqu’il y a une crise, les fonctionnaires aussi la vivent !


Selon Nicolas Sarkozy, les fonctionnaires ne subissent pas la crise. C’est faux : les fonctionnaires ne vivent pas dans une bulle. Dans l’exercice de leurs fonctions ils vivent la crise. Ainsi, les suppressions d’emplois dégradent leur conditions de travail. En outre, dans les services publics, ils sont au contact direct de la crise.

Au sein de la Direction générale des finances publiques, la très forte augmentation de l’accueil s’explique largement par la crise : les contribuables viennent demander en nombre des étalements de paiement, des remises gracieuses et la tension s’accroît du fait des difficultés sociales et de la forte affluence alors que les emplois manquent dans les services. Enfin, dans leur famille, leurs amis, les fonctionnaires subissent les effets de la crise (les conjoints, enfants, amis ne sont pas tous fonctionnaires...).


Non la France n’est pas le pays européen qui a « les impôts les plus élevés » !


Toutes les données statistiques officielles le démontrent, la France n’est pas le pays européen qui a les « prélèvements obligatoires » les plus élevés. Selon Eurostat, en 2009 (dernière année disponible), le taux de « prélèvements obligatoires » par rapport au PIB s’élevait en France à 41,6%, derrière la Suède (46,9%), le Danemark (48,1%), la Belgique (43,5%), l’Italie (43,1%), la Finlande (43,1%) et l’Autriche (42,7%).

De fait la France n’est pas « première ». Mais surtout, encore faudrait-il comparer les contreparties : les prélèvements financent les services publics, la protection sociale, les aides publiques... Là où les prélèvements « publics » sont élevés, les contreparties sont importantes et là où ils sont faibles, les contreparties sont faibles, mais il faut alors subir des prélèvements privés (assurances, fonds de pension) pour bénéficier de la même couverture que dans les pays à « prélèvements publics élevés ».


Les personnes les plus aisées n’ont pas le niveau d’imposition le plus élevé d’Europe !


Seuls les impôts progressifs mettent en théorie davantage à contribution les plus aisés. Pour la France, il s’agit de l’impôt sur le revenu et de l’impôt de solidarité sur la fortune. Or, en France, l’impôt sur le revenu est le plus faible d’Europe. Même si l’on prend le total de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée, le niveau de l’imposition des revenus français représente 7,3% du PIB en France contre 26,5% au Danemark, 13,5% en Suède, 10,4% au Royaume-Uni ou encore 9,3% en Allemagne (données : 2009).

En outre, le taux le plus élevé du barème de l’impôt sur le revenu est également plus élevé dans de nombreux pays : il est de 41% en France contre 45% en Allemagne et 50% en Grande Bretagne par exemple... Enfin, le taux moyen d’imposition des plus riches en matière d’impôt sur le revenu est relativement faible en France (grâce aux nombreuses niches fiscales) : il se situe, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, entre 15 et 20% pour le 1% de la population la plus aisée...

Dans un tel contexte, l’ISF apparaît comme un impôt au rendement faible qui n’arrive pas à compenser le caractère faiblement redistributif du système fiscal français, et ce d’autant plus que, comme l’impôt sur le revenu, il est truffé de niches fiscales (dont le coût, avant réforme, représentaient plus de 40% du rendement). En France, les plus aisés ne sont fiscalement pas les plus mal lotis...

— - Les propos du Président de la République sont donc fortement marqués par les idées fausses martelées sans vergogne par un discours néolibéral qui, bien avant la crise, estimait : qu’il fallait davantage d’impôts proportionnels que d’impôts progressifs au risque de faire peser la charge fiscale principalement sur les classes moyennes et modestes, qu’il fallait réduire les impôts progressifs au risque d’alimenter la dynamique des inégalités, qu’il fallait réduire la place de l’action publique et de la protection sociale au risque de voir se développer des mécanismes privés (complémentaires santé et retraite par exemple)... Au fond l’orientation n’a donc pas varié.

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21 octobre 2011

Primaires socialistes : 2ème tour et après ?

J’écris (un peu tardivement) ces quelques lignes pour tourner la page des primaires et reprendre le cours « normal » (comme dirait François Hollande) de ce blog.

 

Ainsi, les primaires ont désigné François Hollande pour représenter le PS aux présidentielles. Comme le fait remarquer un peu perfidement Jean-Luc Mélenchon, les socialistes ont choisi leur « ancien premier secrétaire » pour les représenter. Soulignant par là un déficit de renouvellement des personnes et des idées…

 

Cela dit, il semblerait que François Hollande soit en mesure de battre largement Nicolas Sarkozy au second tour. Enfin, souvenons-nous de Raymond Barre et d’Edouard Balladur et méfions-nous des sondages… Et puis, battre Sarkozy, d’accord, mais pourquoi faire ? Si c’est pour mener une politique sous contrainte des marchés et des agences de notation, une politique qui vacille au moindre soubresaut du « spread » (écart) de taux d’intérêt avec l’Allemagne, le risque est grand de voir une désillusion encore plus grande dans 5 ans et après qui sait ce qui pourrait arriver ?

 

Malheureusement, je suis de plus en plus sceptique sur les capacités des politiques à anticiper et préparer une transition de notre modèle économique et social. Il suffit de voir comment, au niveau européen, se succèdent tous les quinze jours les « sommets de la dernière chance » desquels rien de vraiment concret ne sort… Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé la semaine dernière une possible recapitalisation des banques européennes pour 200 milliards d’€, sans que cela n’émeuve ni ne fasse réagir qui que ce soit. C’est un peu comme si les « marchés » avaient placés les dirigeants politiques dans une émission de télé-réalité : ils s’expriment devant des caméras, mais tout ce qu’ils font ou disent n’a pas de prise sur le réel…


En France, le gouvernement tremble quand l’agence Moody’s lui fait les gros yeux. François Baroin est venu, dès le lendemain, baisser son pantalon en direct dans la matinale de France 2 en disant que notre pays était un de ceux où la dépense publique était la plus élevée et que, donc, nous en avions sous le pied pour « dégraisser le mammouth » et préserver notre triple A. Avant d’en arriver là, le gouvernement nous invente chaque jour des nouvelles taxes qui ne sont pas sans rappeler les merveilles du système fiscal du moyen-âge : taxe sur les sodas avec ou sans sucre, taxe sur les transferts de footballeurs, … Comme disait Laurent Gerra (qui est aussi bon analyste politique que Jean-Michel Aphatie ou Alain Duhamel), faisant parler Nicolas Sarkozy, bientôt la taxe sur le Benco, l’ovomaltine, les tartines et les glaçons de l’apéro…

 

Pour finir, je reviens sur les primaires pour vous faire part de la lettre qu’Arnaud Montebourg a adressé à ceux qui l’ont soutenu (j’en suis). Pour ma part, je comprends qu’il ait eu du mal à choisir, dans la mesure où je me suis décidé dans l’isoloir sur une impression, quelques phrases prononcées. Quant à savoir s’il a eu raison de se positionner, cela a-t-il vraiment de l’importance ? J’attends de voir comment il agira par la suite, et surtout ce qu’il fera de la dynamique qu’il a su susciter pendant la campagne…


Paris, le 19 octobre 2011
 
Lettre à celles et ceux qui m'ont fait l'honneur de me soutenir
 
Chères amies, chers amis,
Chères et chers volontaires,
 
Je tenais après les événements de la semaine passée à vous remercier pour votre engagement personnel dans cette magnifique campagne qui nous a permis de faire changer le visage de la gauche en France.
 
Dans cette campagne, à force d’idées et de convictions, nous avons remporté ce qu’il y a de plus prometteur en politique : le combat culturel. Nous avons non seulement imposé nos idées, ainsi que les mots pour les dire, et surtout cette idée que nous pouvions, ensemble, à gauche, rouvrir le champ des possibles. Nous avons, pied à pied, lutté contre les idées que les droites ont pendant si longtemps distillées dans le débat public, qui avaient contaminé nos têtes d'hommes et de femmes de gauche, selon laquelle la France ne serait rien et que nous ne pourrions rien faire dans la mondialisation. Nous n’avons pas gagné arithmétiquement mais gagné culturellement. C’était une étape nécessaire et essentielle. Elle a été franchie grâce à vous.
 
Je sais votre engagement personnel et les heures passées dans cette campagne, et tenais à vous en remercier personnellement et chaleureusement.
 
Beaucoup d'entre vous m'ont fait part de leur sentiment d'incompréhension, et pour certains d'entre vous d'abandon, dans le choix qui fut le mien de refuser de donner des consignes de vote, et de décider de voter François Hollande « à titre exclusivement personnel ».
 
Mon devoir est de vous faire connaître les raisons qui m'ont conduit à faire ce choix difficile dans une semaine où s'est joué une partie du sort de la gauche.
 
Puis-je rappeler que, pour moi, les candidatures du deuxième tour, François Hollande et Martine Aubry, étaient semblables, ce que j'ai rappelé pendant toute la campagne de premier tour ? Issues de la même tradition politique -le delorisme-, ayant cogéré le Parti Socialiste pendant 15 ans, ayant tous deux voté « Oui » au Traité Constitutionnel Européen, la campagne n'a pas montré de divergences entre les deux candidats, au point que Martine Aubry elle-même déclarait « Nous sommes très proches sur le projet. Ce qui nous différencie, c'est plus le tempérament ». Le débat télévisé du 2e tour m'a conforté dans cette analyse puisque la campagne de l'entre-deux tour porta finalement sur la confrontation entre ces deux caractères, ce qui ne peut constituer à mes yeux, un choix d'orientation pour le pays.
 
Souvent d'ailleurs, moins les divergences sont sensibles sur le fond, plus la violence des accusations publiques d'un candidat contre l'autre paraît illégitime. Au point que la Haute Autorité dut s'en mêler pour disqualifier les attaques personnelles de Martine Aubry contre François Hollande dans les 48 dernières heures précédant le 16 octobre.
 
Lorsque je suis sorti avec vous de ce magnifique premier tour, ma responsabilité de leader ayant obtenu près d'un demi million de suffrages était lourdement engagée pour la réussite des primaires, dont j'étais l'architecte.
 
Je vais donc vous faire la narration de ce qui s'est passé pendant ces 5 jours, parce que je vous le dois.
 
Mon premier travail a consisté à interroger publiquement les deux candidats impétrants. Il s'agissait de mettre le futur vainqueur des primaires dans la situation de devoir rassembler les 455 609 électeurs des primaires qui avaient soutenu nos propositions et solutions nouvelles. Et de les faire entendre ultérieurement dans un système politique où la désignation d'un candidat laisse traditionnellement à celui-ci les mains libres.
 
J'ai donc choisi la méthode de la lettre publique. Ce fut, avec les « stand up » au contact de la population, l'acte de rénovation le plus innovant de notre campagne : sous la Ve République les candidats à l'élection présidentielle se contentent d'engagements flous, et se détachent généralement des programmes de leur parti. L'homme providentiel que les Français cherchent dans le suffrage universel n'accepte pas de passer contrat devant les Français. C'est l'inverse que j'ai décidé de tenter.
 
L'échange de lettres avec les candidats permettait d'éclairer les électeurs de la primaire, et amenait surtout le futur candidat à prendre des engagements, inaugurant une forme de présidence moins providentielle et davantage contractuelle.
 
Lorsque les lettres de Martine Aubry (mercredi soir) et François Hollande (jeudi après midi) sont arrivées, j'ai observé la similitude des réflexes sur les trois questions que je posais : sur la mise sous tutelle du système financier, le protectionnisme européen et la naissance souhaitée de la VIe République, les réponses étaient largement semblables. Curieusement, la surprise vint des réponses de François Hollande sur la finance et la mise sous tutelle des banques. A l'évidence, le parcours que François Hollande avait accompli au sujet de la soumission de la finance au pouvoir politique, était sensible et encourageant. Rétrospectivement, je me souvenais avoir proposé d'intégrer un an plus tôt ces propositions dans le projet socialiste sous l'arbitrage de Martine Aubry, en vain, car celle‑ci avait opposé à cette demande une résistance incompréhensible.
 
Pendant le débat télévisé, François Hollande avait déjà montré sur ce sujet des signes d'évolution et de volontarisme que Martine Aubry avait écartés de façon péremptoire. Celle-ci n'avait-elle d'ailleurs pas déclaré le lendemain du premier tour : « Je ne changerai pas pour convaincre Arnaud Montebourg » ? Le fait est que les deux candidats se trouvaient à 3 jours du deuxième tour sur des propositions à peu près identiques. Dans sa lettre, François Hollande proposait un léger plus, sans que je ne l'ai d'ailleurs demandé : l'abrogation d'une directive européenne malfaisante (la directive MIF, mais il y en a bien d'autres à abroger), qui en 2008 a achevé de déréglementer le secteur financier.
 
Le choix entre les deux impétrants ne pouvait donc se faire sur le fond car, peu ou prou, tous deux portaient le même projet.
 
Si l'on cherchait ensuite à se repérer dans les entourages, du côté de François Hollande, nous observions le ralliement sans condition de Manuel Valls, et du côté de Martine Aubry, nous observions le soutien public de Dominique Strauss-Kahn, uni à elle par un pacte, qui avait conduit Martine Aubry à soutenir ouvertement la candidature de ce dernier avant son arrestation, pacte confirmé dans le fait que l'intéressé fit savoir qu'il avait voté pour elle au premier tour de la primaire.
 
Là encore l'indistinction était au rendez-vous. Un peu plus tard, mon amie Ségolène Royal, avec laquelle j'ai partagé un certain nombre d'analyses et de propositions, décidait de soutenir sous certaines conditions intéressantes, François Hollande.
 
Si l'on voulait chercher encore dans le passé des arguments pour justifier de pencher pour l'un ou pour l'autre, nous retrouvions encore la même égalité de traitement. Je me suis ainsi souvenu avoir vécu la solitude au Congrès du Mans en 2005 où la VIe République me fut refusée par François Hollande. Je me suis souvenu de la même solitude à l'été 2009, contraint de menacer publiquement de quitter le PS pour imposer à Martine Aubry les primaires dans une tribune du Nouvel Observateur où j'étais acculé à écrire : « Le combat que je mène en faveur des primaires ouvertes à l'ensemble des citoyens de gauche est une ultime tentative pour associer la population aux choix de la gauche dans le jeu délétère de la présidentielle. Je le dis tout net, je n'irai pas plus loin. Si je devais échouer, ce combat serait pour moi le dernier, au sein d'un PS qui telle la vieille SFIO ne mérite plus qu'on l'aide à survivre ». Je me suis encore souvenu de la même solitude dans l'affaire Guérini, au mois de juillet 2011, où je dus voter seul contre un rapport adopté à l'unanimité du Bureau national moins ma voix, qui épargnait le sénateur socialiste Guérini, poursuivi ultérieurement pour association de malfaiteurs, où l'on me reprochait d'avoir indûment enquêté. Ce rapport mettait en accusation publique le secrétaire national à la Rénovation que j'étais, pour son travail pourtant scrupuleux de... rénovation dans l'intérêt du Parti Socialiste.
 
Ces faits n'ont pas altéré mon jugement, car ils plaçaient finalement sur un pied d'égalité dans l'ordre du mauvais vouloir, les deux candidats impétrants au regard des objectifs de rénovation que j'ai poursuivis avec vous tous pendant toutes ces années.
 
Dépouillé de toute préférence personnelle, il ne me restait finalement pour guide que l'essentiel, l'intérêt de la gauche.
 
Le plus facile, le plus aisé, le plus agréable pour moi-même et pour tous ceux qui m'avaient accompagné, déchirés entre François Hollande et Martine Aubry, eût été de ne rien dire, de garder le silence, de ne donner aucune consigne de vote, se taire et partir se terrer en Saône et Loire.
 
Tous mes amis représentant notre mouvement dans les départements se sont unanimement prononcés en faveur de cette solution. Mais pour moi c'était une facilité dangereuse et irresponsable. C'est pourquoi j'ai décidé de faire un autre choix, mon choix personnel, aussi respectable que d'autres faits par mes amis. Je décidais donc de leur désobéir et d'affronter leur courroux.
 
En effet, que penser d'un dirigeant aspirant aux plus hautes fonctions, refusant de choisir entre deux camarades de sa propre famille politique ? Outre le ridicule qui l'aurait frappé à donner le spectacle d'être incapable de choisir et d'affronter l'impopularité d'un choix auprès de la moitié de ses électeurs, je me serais définitivement disqualifié.
 
Mais le plus grave était dans le risque que ce non-choix faisait courir à la gauche. Si je ne voulais pas choisir, ou refusais de dire mon choix, cela voulait dire qu'aucun compromis n'était possible avec les deux autres candidats, et que le socialiste que j'étais ayant recueilli un demi million de suffrages n'était pas apte à travailler avec les deux autres. Cela voulait dire que nos divisions étaient trop fortes, et que mon silence revenait implicitement à quitter le Parti Socialiste et rejoindre un ailleurs indéterminé.
 
Il fallait donc choisir. J'ai écarté le soutien à Martine Aubry car la soutenir aurait eu pour conséquence de couper en deux le corps électoral des primaires. Martine Aubry avait trop de retard pour l'emporter, même dans le cas où 100 % de mes électeurs se reportaient sur elle. Je mesurais à quel point cette hypothèse était impossible car mes électeurs étaient coupés en deux parts égales en faveur de l'un ou de l'autre. Et même si cette hypothèse se réalisait, je prenais la lourde responsabilité de briser le résultat et la force des primaires, car la gauche risquait de sortir à 50-50 avec une guerre qui se prolongerait dans la présidentielle, défaite à la clé, répétant le scénario noir du Congrès calamiteux de Reims et des divisions de 2007.
 
J'ai donc choisi d'accomplir un acte unitaire. Unir les deux gauches, celles qui sont en apparence les plus éloignées et qui ne peuvent pas gagner si elles ne sont pas unies.
 
J'ai fait le choix le plus difficile, celui d'unir ma force à François Hollande, même si nous nous sommes affrontés pendant 10 ans. Je l'ai fait avec un seul et unique objectif, presqu'une obsession : la victoire de la gauche.
 
J'ai reçu beaucoup de messages de méchante désapprobation, d'accusation de trahison, et de noms d'oiseaux de toutes sortes de plumes. J'ai même lu que je me serais laissé corrompre par on ne sait quelle promesse de haute fonction. Mais ceux qui croient cela savent-ils que la campagne est loin d'être gagnée, qu'il faudra vaincre au premier tour l'extrême droite puis ensuite la droite ?
 
Et pour réussir tout cela, il faudra s'unir, malgré toutes les tentations contraires. C'est ce que j'ai choisi de faire. Tous ceux qui m'ont reproché de voter à titre personnel François Hollande, le feront eux aussi bientôt parce qu'ils voudront l'emporter.
 
Choisir pour d'autres est toujours un honneur, mais parfois aussi une charge délicate. Quoi qu'il advienne, les propositions et les solutions nouvelles que j'ai défendues pour bâtir la Nouvelle France seront portées haut et fort dans la campagne, car elles sont désormais au coeur de l'élection présidentielle. La droite et l'extrême droite qui m'attaquent très violemment, voudraient tant se les approprier. C'est le signe que nos idées neuves sont entrées en résonance avec la société française. Et elles contribueront à notre victoire, soyez-en certains. J'y attacherai une vigilance de chaque instant et toute personnelle. Il restera à les mettre en oeuvre ensuite. C'est pour cela qu'il faut l'emporter le 6 mai 2012.
 
Je vous prie de croire en l'assurance de ma plus fidèle amitié.
 
Arnaud MONTEBOURG



 

 

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22 avril 2011

Réforme de l’ISF : “un cadeau fiscal aux plus riches”


Article paru sur le blog Contes publics

 

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La réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) annoncée par le gouvernement le 13 avril “n’est pas une suppression de l’ISF”, mais elle “s’en approche”, considère l’économiste Thomas Piketty. “C’est un cadeau fiscal aux plus riches, bien supérieur au bouclier fiscal”, ajoute-t-il. Le bouclier fiscal, qui limite à 50 % des revenus les impôts à acquitter, doit être supprimé parallèlement à la réforme de l’ISF. ll représente une dépense d’environ 700 millions d’euros pour l’Etat, quand l’ISF génère des recettes d’environ 4 milliards d’euros.

Les recettes en moins pour l’Etat : renvoyant au simulateur mis en place sur le site www.revolution-fiscale.fr - ouvert fin janvier parallèlement à la publication du livre “Pour une révolution fiscale” qu’il a co-écrit avec Camille Landais et Emmanuel Saez - M. Piketty estime que “le gouvernement ment sur le chiffrage” de la réforme. “Elle coûtera beaucoup plus cher que ce qu’il prétend”, avance-t-il.

“D’après notre simulation, les recettes de l’ISF vont être divisée par près de 2,5, passant de 4,1 à 1,8 milliards, soit une perte de 2,3 milliards et non de 0,9 comme le prétend le gouvernement”, explique-t-il.

M. Piketty considère que les pertes de recettes “seront encore plus importantes” car le gouvernement “devra lisser” son nouveau barème d’imposition “pour éviter les effets de seuil”.

L’imposition se fera en effet dès le premier euro de patrimoine pour les foyers déclarant plus de 1,3 million d’euros de patrimoine : cela veut dire qu’à un euro au-dessous de cette somme, il n’y aura rien à payer, mais pour un euro de plus on sera soumis à un taux d’impositition de 0,25 %.

Le même effet de seuil existe pour la passage du taux de 0,25 % à 0,5 % à partir de 3 millions d’euros de patrimoine : à un euro en dessous de 3 millions ce sera 0,25 %, à un euro au dessus ce sera 0,5 %.

“En simulant différentes possibilités de barèmes lissés (par exemple en mettant 0,25 % et 0,5 % comme taux marginaux et non comme taux effectifs), on obtient que les recettes de l’ISF seront divisées par un facteur de l’ordre de 3″, indique M. Pyketty.

Les effets pour les contribuables : selon l’économiste, même en tenant compte de la suppression du bouclier fiscal, “la substantielle baisse des taux d’imposition permet un gain dans toutes les tranches de l’actuel barème de l’ISF”.

Il estime ainsi que “les 565 000 foyers” actuellement soumis à l’ISF, c’est-à-dire déclarant un patrimoine net taxable supérieur à 800 000 euros, “gagneraient en moyenne 2 900 euros”.

“280 000 foyers seraient de facto sortis du barème actuel” et ne paieraient plus d’ISF, puisque le seuil d’entrée sera remonté de 800 000 euros à 1,3 million de patrimoine. Les sommes acquittées à ce niveau au titre de l’ISF ne sont pas énormes et le gain moyen serait de 719 euros.

Les près de 210 000 foyers disposant d’un patrimoine compris entre 1,3 million d’euros et 2,5 millions d’euros bénéficieraient d’un gain moyen de plus de 1 700 euros et les 46 000 foyers compris entre 2,5 et 4 millions de patrimoine d’un gain moyen d’un peu plus de 5 500 euros

Mais ce sont surtout les quelque 1 900 foyers déclarant un patrimoine net taxable supérieur à 16 millions d’euros qui seraient gagnants : ils économiseraient “en moyenne plus de 160 000 euros par rapport au système actuel”, selon la simulation.

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13 avril 2011

Intervention de Gérard Filoche dans le débat sur le projet socialiste

Nous devons nous féliciter d’avoir un projet qui rassemble tous les socialistes. Car, sans l’unité des socialistes et de toute la gauche, rien de grand ne s’est jamais fait et ne se fera jamais dans ce pays.



C’est un projet « socialiste ».

C’est un projet de « changement ».

Et il y en a tellement besoin après cinq ans de misère sarkozyste, que les Français, les salariés français y trouveront des raisons d’espoir.

Sarkozy c’est le pire que nous aillions eu à subir dans les décennies récentes. Le plus anti-social des présidents. Une catastrophe. Je ne dis pas, moi « qu’il n'a pas tenu ses promesses », il les a hélas toutes tenues, c’est un intégriste néolibéral, thatchérien, reaganien, et il a fait tous les ravages qu’il avait annoncés. Plus même puisqu’il a pillé les retraites qu’il avait promis de ne pas toucher et qu’il a privatisé EDF qu’il avait juré de ne pas privatiser. Il s’agit de reconstruire.

Et quand on lit ce texte, on sait qu’on rompt avec le sarkozysme et qu’on revient dans le bon sens.

C’est important pour les Français que nous disions que nous allons abroger la loi 2010 sur les retraites et que nous allons revenir à l’âge légal de 60 ans. C’est décisif.

Ils n’aiment pas les grandes phrases, ils ont raison, ils cherchent à juger sur des actes, des chiffres, du concret.

Il y a eu 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion pour cela. Nous sommes attendu là-dessus. C’est le test.

Bien sûr, je sais qu’il y a discussion sur le nombre d’annuités de cotisations. Mais nous disons que nous verrons avec les partenaires sociaux, donc les syndicats. Nous devons les entendre. Je suggère que nous partions, comme le disait Michel Sapin ce matin, du « réel ». Pas du réalisme, mais du « réel » en soulignant le mot. Le « réel » en matière d’annuités de cotisations, c’est que Fillon et Sarkozy en huit ans, nous ont fait passer de 37,5 annuités à 42 annuités pour avoir une retraite à taux plein. Mais le « réel » dans la vie « réelle » c’est que les salariés français cotisent en moyenne 36,5 annuités. Cela n’a pas augmenté depuis 17 ans, cela a baissé. Et entre 36,5 annuités et 42 annuités l’écart est de 6 ans. Ils disent « cotisez 42 », et « en pratique on cotise 36,5 ». Ils font sauter les gens à la perche sans perche.

Le seul résultat est une baisse massive du niveau des retraites. On ne peut avoir un tel écart. D’autant que le maintien des seniors au travail comme on dit, ça ne marche pas. Non seulement ça ne marche pas, mais ça recule : il y a 21,5 % de seniors en plus au chômage l’an écoulé. Alors je suggère de nous en tenir prudemment à la vie réelle et pas aux objectifs abstraits, inatteignables et non atteints que fixe la loi : je ne suis pas pour qu’on chasse les gens du travail à 53, 54, 55 ans, si ils sont en compétence et peuvent travailler sans pénibilité, dans le bâtiment, je précise que je suis pour la retraite à 55 ans, mais là ou c’est possible, au lieu d’être licenciés avant l’âge, les salariés doivent pouvoir continuer, et si la moyenne réelle passe à 37, puis à 38, puis à 39, puis à 40 annuités prenons là pour référence, mais la moyenne réelle, pas la moyenne abstraite et fausse !  

Ensuite le chômage, on a 5 millions de chômeurs, 5 millions le record absolu, Sarkozy est allé chercher le chômage avec les dents, la misère. On propose 300 000 emplois jeunes dont 100 000 la première année. C’est bien. Mais il reste combien ? 4,7 millions. Ce n’est pas la croissance qui réglera le problème. Je suis d’accord avec Pierre-Alain Muet, ce n’est pas la croissance qui crée l’emploi c’est l’emploi qui crée la croissance. L’emploi, ça se crée, ça se commande, le droit DU travail crée du droit AU travail. Impossible de réduire le chômage de masse sans réduire le temps de travail. C’est la deuxième raison pour laquelle, les Français et salariés français (ils sont 93 % de la population active) vont apprécier notre projet : nous proposons d’abroger l’essentiel du mal sarkozyste, la loi TEPA, les heures supplémentaires payées par l’état aux patrons, 4,4 milliards, qui font travailler deux fois plus ceux qui ont un boulot a la place de ceux qui n’en ont pas. Il faut rapprocher la durée réelle du travail, qui maintenant dans la vie réelle, réelle, est de 41/42 h, de la durée légale de 35 h. C’est ce qui est proposé : avec des heures supplémentaires rendues plus coûteuses que l’embauche, avec un repos hebdomadaire, je propose deux jours dont le dimanche, abaisser la durée maxima du travail, l’encadrer, la contrôler, c’est créer de l’emploi. Il y a probablement un milliard d’heures supplémentaires dissimulées, pas comptabilisées, pas payées, pas majorées, et c’est l’équivalent de 600 000 emplois à temps plein. Il y a de la marge ! Il y a de quoi faire !
 
Les salaires, c’est le gros morceau. Il est insupportable que le salaire médian soit de 1500 euros. 50 % en dessous ! et 8 millions en dessous du seuil de pauvreté, de 900 euros. Le Smic est scandaleusement bloqué depuis 5 ans. Alors que l’inflation est de retour, que tout augmente, transports, gaz, électricité, assurances, tout… Il faut dire à quel niveau de rattrapage on se place. Pour cela je suggère d’écouter les syndicats et le plus important d’entre eux qui défend le Smic à 1600 euros. En 2007 nous défendions 1500 euros, cinq ans après cela semble raisonnable de dire 1600. Il faut aligner les minima des conventions collectives par. la loi sur le Smic. Car on dit dans le projet qu’il faut que les entreprises et salariés s’entendent, oui, mais les patrons ne le veulent pas, ils ne négocient pas, donc il faudra intervenir. Surtout s’il y a une « conférence annuelle sur les salaires ». Car elle existe déjà : chaque année il y en a une, c’est prévu, avant c’était en juin maintenant c’est en décembre avant la fixation du Smic. Mais le Medef ne lâche rien. Il y a les conventions collectives, grilles de salaires, de métiers, de carrière, il faut que l’état soit volontaire, car sinon rien ne changera, l’extension des conventions collectives relève de l’état, c’est un  moyen puissant de pression pour la hausse des salaires.

Dans les salaires il y a l’égalité salariale hommes-femmes : les femmes gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes. Évidemment instaurer l’égalité, c’est une hausse moyenne de 27 % pour une travailleuse sur deux salariés. C’est pour cela que c’est dans les textes depuis trente ans et que les patrons ne le veulent pas. À travail égal salaire égal, ça ne se fait pas parce qu’il n’y a pas de sanction à la clef.

Je ne suis pas certain de l’efficacité de la menace de la suppression des exonérations de cotisations sociales. Ça vise qui ? Les petites entreprises aidées de 1 à 1, 3 ou 1,6 le Smic ? Il y a surtout 1000 entreprises de plus de 1000 qui emploient 3,5 millions de salariés et qui produisent 48 % du produit intérieur brut. C’est là qu’il y a les disparités salariales les plus fortes hommes femmes, d’ailleurs il n’y a que 7 % de cadres supérieurs qui sont des femmes.  Je suggère de regarder ce que la droite a fait avec les seniors en 2009 : elle a menacé  de taxer ces 1000 entreprises de 1 % de la masse salariale si elles ne signaient pas des accords pour le maintien des seniors dans l’emploi. C’était en 2009 et la date limite était le 1er janvier 2010 : sous cette menace, elles ont toutes signé, des accords creux et qu’elles n’ont pas respecté, mais elles ont signé. La question est plus facile à faire et à contrôler pour l’égalité salariale entre sexes : si avant le 1ier janvier 2013, par exemple, elles n’ont pas instauré cette égalité-là disons qu’elles seront taxées de 1 ou 2 % de leur masse salariale par an ! Vous verrez qu’elles vont le faire ! Et ça se diffusera dans le 1 million de petites entreprises de moins de 10 qui font travailler elles aussi 3,5 millions de salariés, Commençons par le haut, l’ordre public social se diffusera par le bas…
 
Les Français seront aussi contents qu’on défende un salaire maxima. Cela les rassurera sur le partage des richesses que nous voulons faire dans la vie réelle. Pas plus de 20 fois le Smic dans le secteur public. En fait cela devrait être partout. J’avais dit une fois ça à la chaîne parlementaire : alors le patron et l’UMP qui étaient en face de moi se sont écriés : « - Mais c’est Pol Pot ! »  J’ai dit « - Non, c’est Roosevelt » car c’est Roosevelt qui a fait cela en 1942, pas de salaires supérieurs à 20 fois le Smic, et au-dessus il a fait une tranche d’impôt qui a raflé tout à hauteur de 88 %. L’UMP et le patron ont réfléchit et m’ont dit :  «  - Oui, mais c’était une économie de guerre » J’ai répondu «  - Mais vous dies tous les jours qu’on est en guerre économique » ! ».
 
La précarité : on propose de taxer le travail précaire. Oui. Mais prenons l’exemple de Renault Douai qui faisait travailler 4500 salariés dont 2000 intérimaires. Est-ce un mode de gestion du personnel acceptable ?  Leur supprimer les exonérations n’est pas convaincant. Ils y gagnent au système d’intérim au détriment de tous leurs salariés. Le droit du travail doit l’interdire si on veut de l’emploi ferme en CDI. On ferait mieux de dire qu’il y a un quota de 5 % de précaires, CDD, intérim, pour remplacement de salariés absents ou surcroît exceptionnel de travail, 5 % (sauf dérogation préalable exceptionnelle) et ainsi on prohibe la généralisation du non CDI.

De façon générale car je n’ai plus de temps, il faut savoir qu’on était dans un pays où la chef du patronat, Laurence Parisot, c’est elle qui dirige avec Sarkozy, dit « la liberté de penser s’arrête là ou commence le code du travail ». C’est elle qui a fait remplacer une partie du droit collectif du licenciement par la « séparabilité », celle qui  a produit la « rupture conventionnelle » soit 250 000 licenciements non motivés, de gré à gré, le plus grand plan pas social de ce pays, 500 000 ruptures de contrats depuis deux ans… C’est bien que le projet veuille contrôler les licenciements indus et boursiers. Il faut abroger, et reconstruire le code du travail, c’est un droit intime, quotidien, décisif pour 18, 3 millions de salariés du privé et aussi pour les 5 millions de salariés du public qui souffrent pareillement de la mise a mal de leur statut, l’équivalent appelé RGPP, les sarkozystes ont fait des ravages depuis 5 ans, ils ont passé le code du travail à l’acide des exigences du Medef, il faut le reconstruire, un vrai code du travail protecteur !

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16 mars 2011

La saga du bouclier et de l’ISF

Guillaume Duval
Article Web - 07 mars 2011

 

http://www.alternatives-economiques.fr/la-saga-du-bouclie...

 

Après l'annonce du président de la République de la suppression à la fois du bouclier fiscal et de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), le gouvernement peine à proposer une réforme précise. Quoi qu'il en soit, ce débat passe à côté des enjeux d'une vraie remise à plat de la fiscalité qui la rendrait enfin redistributive.

 

 

La semaine dernière le gouvernement a présenté ses pistes pour la réforme de l'imposition des patrimoines. Et cela ne vous a pas paru très convaincant.

 

En effet. Mais reprenons d'abord le film pour celles et ceux qui n'en auraient pas suivi tous les épisodes : en 2007, à peine élu, Nicolas Sarkozy décide d'étendre le « bouclier fiscal » qui permet aux très riches de limiter les impôts qu'ils doivent payer. Moyennant quoi ce bouclier a coûté aux finances publiques 679 millions d'euros l'an dernier. Les 1 169 bénéficiaires les plus riches ont reçu chacun en moyenne 362 126 euros du fisc… Dans le contexte de la crise, ce dispositif baroque suscite de plus en plus de critiques. Et fin 2010, Nicolas Sarkozy annonce qu'on va supprimer à la fois le bouclier fiscal et l'ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune. Cet impôt sur les patrimoines, qui n'est pas sans défauts, est en effet une des principales bêtes noires de la droite en matière fiscale. Le problème c'est que si le bouclier coûte 679 millions d'euros aux finances publiques, l'ISF leur rapporte 4,5 milliards d'euros.

 

On ne joue pas dans la même catégorie en effet. Et comment bouche-t-on le trou ?

 

C'est tout le problème. Comme lorsqu'il avait annoncé la suppression de la publicité sur France Télévision, Nicolas Sarkozy n'en avait visiblement pas la moindre idée quand il a lancé l'affaire. Et depuis lors, on a assisté à une sorte de concours Lépine au sein de la majorité, mais les multiples pistes avancées avaient à peu près toutes comme conséquence de susciter de nombreux mécontents supplémentaires… D'où la conclusion qui semblait se dessiner il y a quelques semaines : on ne supprime plus l'ISF, on le réforme a minima. Mais Nicolas Sarkozy, est intervenu pour rappeler son exigence d'une suppression de cet impôt. Il ne voudrait pas en effet avoir à perdre la face une fois de plus en abandonnant une réforme annoncée à grands coups de trompette. On en est là aujourd'hui, et c'est la raison pour laquelle le gouvernement n'a finalement rien clarifié du tout la semaine dernière : la majorité ne sait toujours pas comment sortir de ce pétrin…

 

Mais, au-delà de ces péripéties, est-ce grave ?

 

Le risque est tout d'abord non négligeable que, pour éviter de mécontenter des électeurs (et donateurs) potentiels de droite, l'affaire se termine simplement par de nouveaux cadeaux fiscaux aux plus aisés. Mais surtout, ce qui est grave c'est de présenter comme une grande réforme courageuse cette affaire somme toute secondaire en termes de volumes concernés (y compris sur la seule fiscalité du patrimoine : les impôts fonciers, très injustes actuellement, pèsent eux 33 milliards d'euros), tout en refusant de toucher au cœur de la fiscalité française. Comme l'ont bien montré Piketty, Landais et Saez dans leur ouvrage La révolution fiscale au Seuil (voire le site http://www.revolution-fiscale.fr/), le système fiscal français est actuellement nettement antiredistributif, c'est-à-dire que les plus riches paient une proportion moindre de leurs revenus que les couches moyennes ou les pauvres. On l'avait mesuré en particulier au moment de l'affaire Bettencourt : des éléments publiés à l'époque, il ressortait que Liliane Bettencourt, qui possède une des premières fortunes de France, acquittait en impôts de l'ordre de 6 % seulement de ses revenus…

 

Or, le gouvernement refuse une remise à plat du système et s'oppose notamment à la création d'une nouvelle tranche d'impôt pour les très hauts revenus ou à la remise en cause des allègements massifs des droits de succession décidés en 2007, un des facteurs les plus importants d'injustice. Dans la crise majeure que nous traversons, il n'est pas pensable pourtant que ce soient surtout les pauvres et les couches moyennes qui paient le nécessaire rétablissement des équilibres budgétaires. La défense si impudente de la part du gouvernement des intérêts des plus riches en matière fiscale joue probablement un rôle significatif dans la montée de l'extrémisme qu'on note dans l'opinion. Et c'est là jouer un jeu dangereux.

 

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15 mars 2011

La droite peut encore gagner !


Député de droite par franceinter

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, sarkozy, droite, ps, ump | | |  Facebook | | |