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05 juillet 2013

Le Tour de France des inégalités

Article paru sur Alternatives Economiques


Le Tour de France est une formidable vitrine touristique pour l’Hexagone et la diversité de ses paysages. Mais derrière la carte postale, ce sont des territoires plus ou moins heurtés par la crise qui vont défiler sous les roues des coureurs. Car il n’y a pas que le relief qui est contrasté en France. La distribution des revenus l’est tout autant.

Quelles sont les villes traversées par le Tour les plus riches ? Celles qui comptent le plus de pauvres ? Celles qui ont perdu le plus de population ? Quelle est l’étape qui a subi la plus forte explosion du chômage ? Où les inégalités d’accès à l’emploi entre homme et femmes sont-elles les plus fortes ? Quels sont les territoires où se trouve la plus forte proportion de non-diplômés ?

Grâce à une série d’indicateurs et de graphiques animés, Alternatives Economiques vous propose de scruter les inégalités dans le sillage des cyclistes, en cliquant ici.

08:13 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inégalités, chômage, revenus | | |  Facebook | | |

17 juin 2013

Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste

Hier dimanche s'est tenue la Convention "Notre Europe" du Parti Socialiste. Invité en tant que membre du Conseil national, je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre.

Je vous livre l'intervention que j'aurais prononcé...(Une des oratrices de la Motion 4 en a repris quelques points et je l'en remercie).

Cette convention qui s’achève doit être un point de départ, à double titre

Cette convention doit être un point de départ, tout d’abord pour une véritable rénovation des modalités de débats au sein de notre Parti. Certes, nous avons abouti à un texte commun lors de cette Convention. Certes, nous sommes rassemblés derrière les 14 priorités pour l’Europe.


Cela dit, nous avons tous pu constater des dysfonctionnements dans cette Convention. Nous ne reviendrons pas ici sur ceux qui ont été relayés par la presse. Intéressons-nous plutôt à ceux qu’ont ressentis de nombreux militants… Beaucoup d’entre eux ont du mal à comprendre comment a été élaboré ce texte et surtout quel a pu être leur apport dans ce processus…Les délais ont été beaucoup trop courts pour se prononcer sur un texte parfois complexe, aux enjeux nombreux et majeurs. De plus, le traitement réservé aux éventuels amendements émis par les sections a été variable d’une fédération à l’autre, et trop peu ont finalement pu être étudiés et intégrés dans le texte final. Pourquoi nous priver de l’intelligence collective de ces dizaines de milliers de militants qui, chaque jour, font preuve de leur motivation, de leur enthousiasme, de leur proximité avec les problématiques du terrain, de leur créativité… ?


Il faut changer en profondeur nos procédures de débats. A cet égard, nous saluons l’ouverture d’esprit de la Direction qui a retenu notre proposition de mettre en place un groupe de travail sur le sujet, à l’issue de cette Convention. Nous y apporterons notre enthousiaste contribution !

Cette convention doit être un point de départ, aussi et surtout, pour la remise en marche d’une vraie Europe du progrès social. Dans notre texte, nous avons défini les objectifs à atteindre…C’est important, mais c’est peut-être le plus facile ! Il nous reste maintenant à définir le chemin et les modalités pratiques pour atteindre ces objectifs.


Quels partenaires ? Les autres partis de gauche européens, les syndicats, les collectifs de citoyens…
Quelles méthodes ?


C’est le grand chantier qui doit nous occuper désormais, sinon ce beau texte que nous avons adopté restera lettre morte…


Il y a urgence à aller plus loin, plus vite ! Car, pendant ce temps, l’Europe, sous le joug des politiques d’austérité imposée par la Troïka, continue à s’enfoncer dans la crise, ouvrant un boulevard à tous les extrémismes.

Le dernier épisode en date de la fermeture brutale de l’audiovisuel grec ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un évènement parmi d’autres. Dans ce pays, la Grèce, les dépenses de santé ont baissé de 28% entre 2008 et 2011, les dépenses d’éducation de 15%, plus d’un jeune sur deux est au chômage…


En Espagne, le PIB a baissé de 5% entre 2008 et 2012, le taux de chômage a triplé depuis 2008 : 6 millions de personnes sont sans emploi, les salaires des fonctionnaires ont baissé de 15%...


En Italie, le nombre des sans-emplois a quasiment doublé depuis début 2008, les dépenses publiques de santé et d’éducation ont baissé…


Au Portugal, les plans d’austérité s’enchaînent et jettent des centaines de milliers de manifestants dans les rues, certains arborant des œillets, symboles dans ce pays de la lutte contre la dictature…


Même les Pays-Bas, présentés comme un modèle, sont en difficultés. Les exportations néerlandaises ne tirent plus la croissance et l’emploi décélère nettement. Les retraites, déjà réduites de 2% en 2012, diminueront de 2,5% en 2013. Avant d’y renoncer, le gouvernement prévoyait une réduction des dépenses publiques de 2,6 points de PIB d’ici 2017…

Nous pourrions continuer longtemps ce tour d’Europe de la crise sociale !

Il y a urgence, nous devons proposer des solutions concrètes aux peuples européens, sinon ils finiront par rejeter définitivement une Europe qu’ils jugent, sinon responsable de leurs difficultés, du moins incapable d’y répondre. Des solutions existent, qui peuvent être mises en place rapidement, que ce soit pour entamer une lutte radicale contre le chômage de masse, alléger le financement de la dette publique, lutter contre les paradis fiscaux…

En conclusion, il faut se mettre au travail dès maintenant, au niveau européen en travaillant avec nos partenaires du PSE et plus largement avec tous les progressistes pour définir les stratégies concrètes qui nous permettront d’avancer vers cette Europe du progrès social que nous désirons. Il ne faut pas se contenter de dire « réorientons l’Europe », il faut être capable de proposer un scénario crédible pour cette réorientation.

La France est attendue par ses voisins européens.
Nous, socialistes français, sommes attendus par nos partenaires.

Ne les décevons pas et osons aller plus loin, plus vite.

PP

07:29 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, crise, chômage, parti socialiste | | |  Facebook | | |

10 juin 2013

L'Observateur des inégalités, n°109, Juin 2013

BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes

Les filles et les garçons ne sont pas représentés à part égale dans la littérature et dans les films pour les enfants. Un tour d’horizon parmi les héros et héroïnes permet de mieux comprendre comment les stéréotypes se construisent. Par Nina Schmidt de l’Observatoire des inégalités.

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Les « avantages » des salariés : privilèges ou acquis sociaux ?

Un certain nombre de salariés bénéficient d’avantages de la part de leur employeur. Privilèges ou amélioration de la condition salariale ? Le débat est ultra-sensible et se focaliser sur les privilèges constitue une façon de détourner le débat sur les inégalités de salaires. Une tentative d’éclaircissement par Valérie Schneider de l’Observatoire des inégalités.

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La « crise » ou l’art d’échapper à la solidarité

Connaissez-vous un Français qui échappe à la « crise » ? Le mot est dans toutes les bouches : rien de tel que de se poser en victime pour échapper à un effort de redressement national. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Tribune publiée par le Huffingtonpost du 22 mai 2013.

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Contre les inégalités territoriales, il faut agir

La part des populations pauvres varie de un à sept au sein des plus grandes villes de France. Il est temps d’agir pour résorber les inégalités territoriales. Le point de vue de Hervé Guéry, directeur du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales. Extrait de la Gazette.fr.

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La place des femmes dans les manuels scolaires

Sur près de 3 500 personnages sexués répertoriés dans les manuels scolaires, on décompte une femme pour cinq hommes, selon deux études menées par le Centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes Hubertine Auclert. Ces deux études font le même constat de la sous-représentation des femmes et de la persistance des représentations stéréotypées dans les manuels scolaires. L’Observatoire des inégalités propose des extraits de ces rapports.

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« La pauvreté ne reculera que si le chômage décroit », entretien avec François Chérèque, inspecteur général des affaires sociales

Le gouvernement a adopté un plan de lutte contre l’exclusion et la pauvreté en janvier 2013. Il contient 61 mesures de nature diverse qui vont de l’expérimentation de dispositifs d’insertion à la hausse de certaines prestations. Trois mois après, l’ancien responsable syndical, François Chérèque, chargé de suivre sa mise en œuvre, a remis ses premières observations au Premier ministre.

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L’homophobie reste présente dans la société française

SOS homophobie a reçu 1 977 témoignages de victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2012.

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L’aide sociale est fluctuante selon les départements

Les aides sociales versées par les départements varient de 347 euros par habitant dans l’Ain à 909 euros à la Réunion.

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Niveau de diplôme et chômage dans les quartiers sensibles

Plus de la moitié de la population des quartiers en difficulté ne possède aucun diplôme contre 36 % des résidents hors de ces territoires. Cet écart a des répercussions directes sur le chômage, plus élevé dans les quartiers sensibles.

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Les salaires augmentent avec la taille de l’entreprise

Le salaire mensuel brut moyen à temps complet varie en 2010 de 2 380 à 3 980 euros selon la taille de l’entreprise.

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Le temps partiel subi en France

27 % des personnes en temps partiel souhaiteraient travailler plus. Essentiellement des femmes. Mais aussi plus de 40 % de jeunes, 37 % d’ouvriers contre 15 % de cadres supérieurs.

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Les seuils de pauvreté en Europe

Le seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian est de 1 013 euros par mois en Autriche contre 178 euros en Roumanie. Il est de 912 euros en Allemagne, de 574 euros en Grèce, soit près de deux fois moins.

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La pauvreté en Europe

Le taux de pauvreté en Europe varie de 5,7 % à 16,9 % selon le seuil utilisé. A 60 % du revenu médian, le taux oscille de 10,5 % en Norvège à 21,8 % en Espagne. A 40 %, de 3 % aux Pays-Bas à 10 % en Espagne.

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Le niveau des retraites selon le sexe

Les femmes qui ont exercé une activité professionnelle perçoivent une retraite de base inférieure de 21 % à celle des hommes. Tous régimes confondus, cet écart est de 42 %.

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L’impact de la crise sur les niveaux de vie des catégories sociales

Un gain de 590 euros pour le niveau de vie des cadres supérieurs entre 2008 et 2010, une perte de 180 euros pour les ouvriers. La crise ne touche pas de la même manière toutes les catégories sociales.

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Le niveau de vie des catégories sociales

Un peu plus de 4 000 euros par mois pour les professions libérales, aux alentours de 3 000 euros pour les cadres supérieurs et entre 1 400 et 2 000 euros pour les catégories populaires...Les niveaux de vie diffèrent du simple au double selon les catégories sociales.

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06 avril 2013

L'Observateur des inégalités, n°107, Avril 2013

Pourquoi la gauche doit augmenter les impôts

Après avoir réduit les impôt au profit des plus aisés, la France se lance dans une suicidaire baisse des dépenses, qui pénalise les couches populaires et moyennes. L’alternative est un effort fiscal national. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Article publié par Le Monde du 28 mars 2013.

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Supplément familial : l’Etat aide les enfants des fonctionnaires en fonction de leur revenu 

Avec trois enfants, un fonctionnaire modeste perçoit un supplément minimum de 182 euros par mois tandis qu’un haut fonctionnaire reçoit 281 euros au maximum, soit 55 % de plus. Une analyse de Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.

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Allocations familiales : cibler ou taxer ?

Faut-il taxer ou plafonner les allocations familiales ? Un sujet controversé qui représente 13 milliards d’euros. Le point de vue de Julien Damon. Extrait de Actualités sociales hebdomadaires.

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Il faut supprimer le quotient familial

Plutôt que réduire les allocations, il faudrait mieux supprimer le système injuste de quotient familial de l’impôt sur le revenu. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Soutenir l’Observatoire des inégalités

La montée des inégalités constitue une menace grave pour notre société. Soutenir l’Observatoire des inégalités, c’est aider tous les acteurs qui luttent contre la dégradation de la situation sociale à disposer de moyens d’information de qualité.

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« Arrêtons de céder au lobby des élus ruraux », par Philippe Estèbe

Le lobbyisme des élus ruraux débouche sur des transferts massifs de la ville vers le monde rural. Pour le géographe Philippe Estèbe, il faudrait s’intéresser davantage au sort des personnes qu’à l’égalité entre les territoires. Un entretien réalisé par Mathieu Deslandes de Rue 89.

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Carrefour aime la "femme digitale"

Spécialiste des temps partiels imposés, l’enseigne de grande distribution se donne bonne conscience en finançant des manifestations prétendument féministes. Extrait de l’Humanité du 8 mars 2013.

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Le long chemin vers l’égalité professionnelle

La forte progression du salariat féminin n’a pas débouché sur une égalité professionnelle. Pas plus qu’elle ne s’est accompagnée d’une redéfinition des rôles dans la famille. Le point de vue de Hélène Périvier, économiste à l’OFCE. Extrait du hors-série poche Alternatives Économiques "Les inégalités en France".

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Inequality Watch, réseau européen sur les inégalités

Comprendre les inégalités en Europe avec Inequality Watch, premier réseau européen d’information sur les inégalités créé par l’Observatoire des inégalités en partenariat avec des associations et des centres de recherche européens. Inscrivez-vous à sa newsletter.

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Chômage : qui est touché par la crise ?

25 % des jeunes, 16 % des non diplômés sont au chômage. La crise frappe de plein fouet ces catégories de la population même si les plus âgés, les plus diplômés, ne sont pas épargnés.

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Les travailleurs pauvres en France

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions. Même en utilisant la définition la plus restrictive, on compte presque deux millions de personnes qui vivent avec environ 800 euros par mois.

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Les plus grandes fortunes mondiales

La fortune annuelle de l’homme le plus riche du monde est 100 millions de fois supérieure au seuil de pauvreté mondial et représente 19 millions de fois la richesse médiane par adulte...

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Les enfants inégaux face aux vacances

Un quart des enfants ne partent pas en vacances. C’est le cas pour 5 % des enfants de cadres supérieurs contre 34 % des enfants d’ouvriers et 50 % des enfants des familles les plus modestes.

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Le chômage dans les zones urbaines sensibles

Près de 23 % de chômeurs dans les Zones urbaines sensibles (Zus). Un taux deux fois et demi plus important que dans le reste du territoire.

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09 janvier 2013

Sommet social : un échec souhaitable…

François Lenglet, le commentateur économique désormais obligatoire du service public de l’audiovisuel, nous a livré une analyse toute en nuance sur les négociations entre les partenaires sociaux relatives au marché du travail : « Une entreprise embauchera plus facilement si elle sait qu’elle peut licencier facilement » (Journal télévisé de 20 h de France 2 le 6 janvier).

 

Peut-on faire plus clair…dans la reprise du discours du MEDEF ? Lors d’une conférence de presse en novembre 2012, Laurence Parisot affirmait en effet qu’« il est temps, pardonnez le néologisme de détabouiser le mot de flexibilité. Nous avons besoin de flexibilité pour recréer des emplois ».

 

On se serait attendu, à une heure de grande écoute et sur un sujet qui est présenté comme le « big-bang » du marché du travail, à un peu plus de mesure et à la mise en perspective des différents points de vue sur ce dossier.

 

Car, après tout, est-ce vraiment si sûr qu’ « une entreprise embauchera plus facilement si elle sait qu’elle peut licencier facilement » ? Une entreprise n’embauche-t-elle pas avant tout parce qu’elle a un carnet de commande rempli, une vision de l’avenir ?

 

Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les pays les plus flexibles ont connu des performances en termes d’emploi moins bonne que la France. Ainsi, au Royaume-Uni, le taux d’emploi des 25-59 ans a baissé de 0,9 points entre 2008 et mi-2012, alors qu’il augmentait en France. Sur la même période la baisse est de 1,4 point aux Pays-Bas et de 4,5 points au Danemark…

 

D’un point de vue macro-économique, la flexibilité est-elle une bonne solution ? En effet, si les entreprises peuvent se séparer instantanément de leurs salariés en période de crise, cela ne peut qu’entretenir une spirale récessive. Les salariés devenus chômeurs seront moins enclin à consommer, ce qui déprimera encore plus la demande adressée aux entreprises qui se sépareront d’autres salariés… La flexibilité est pro-cyclique comme disent les experts tels que Mr Lenglet.

 

Cela dit, le marché du travail français est-il si rigide ? La flexibilité en est-elle totalement absente ? Avec 15% d’emplois en contrats précaires (CDD et intérim) dont plus d’un tiers de moins de trois mois, la France est presque leader européen en la matière. Seule l’Espagne fait « mieux »…avec le succès que l’on connaît sur le front du chômage !

 

Comme le rappelle opportunément Guillaume Duval dans le numéro de janvier du mensuel Alternatives Economiques, l’OCDE (qui, bien qu’elle mette de l’eau dans son vin ultra-libéral, n’est pas devenue une officine gauchiste) rappelle que la protection des salariés français face aux licenciements individuels est moins bonne qu’en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas et même qu’en Russie, en Inde ou…en Chine ! La situation est encore pire en ce qui concerne les licenciements collectifs où la France fait figure de paradis pour les employeurs par rapport à l’Italie, la Belgique, l’Allemagne et même la Pologne ou le Mexique…

 

Depuis 2008, une nouvelle manière de rompre un contrat de travail a été introduite en France : la rupture conventionnelle. A la différence de la démission, qui est à l'initiative du salarié, ou des différentes formes de licenciements, qui relèvent des prérogatives de l'employeur, ce dispositif permet aux deux parties de se séparer d'un « commun accord ». Depuis la création de ce dispositif, près d’un million de ruptures conventionnelles ont été homologuée par le Ministère du Travail. Elles représentent désormais 12 % des sorties de CDI, soit le double des licenciements économiques. Parfois utilisées pour contourner les procédures de plans sociaux, elles ne substituent pas aux démissions, qui représentent près des deux tiers des fins de CDI. Les entreprises, surtout les grandes, utilisent ce mode de séparation pour évincer leurs salariés proches de la retraite. 12 % des ruptures conventionnelles dans les entreprises de plus de 250 salariés concernent en effet des personnes de plus de 58 ans.

 

La flexibilité existe en France, c’est un fait, mais le MEDEF veut aller encore plus loin dans le cadre des négociations qui devraient se conclure vendredi 11 janvier. Il propose en effet la possibilité de contraindre les salariés, après consultation des élus du personnel, à des mutations forcées dans un rayon de 50 kilomètres ou à accepter des baisses de salaires sur deux ans, dans le cadre d'accords majoritaires de maintien dans l'emploi. Et, cerise sur le gâteau, il cherche à imposer une nouvelle  possibilité d'embauche en CDI. de « projet », qui reviendrait à octroyer aux chefs d'entreprise la possibilité de se séparer sans formalités et sans motif de leurs  salariés une fois leur mission accomplie.

 

En contrepartie de cet arsenal, le MEDEF consentirait à quatre « droits nouveaux » : la réduction des temps partiels subis, une complémentaire santé pour tous, des droits rechargeables à l’assurance chômage, une taxe pour limiter les contrats courts…qui verraient le jour à partir de 2014 !

 

C’est triste à dire, mais en l’état actuel des choses, il serait souhaitable que les négociations entre les partenaires sociaux échouent. Ce serait alors l’occasion pour le gouvernement et la majorité de reprendre la main pour proposer des solutions novatrices et efficaces.

 

Puisque le « modèle allemand » a le vent en poupe ces temps-ci, pourquoi ne pas s’inspirer de ses bons côtés ? Et notamment le « Kurzarbeit ». L’Allemagne a connu en 2009 une crise économique deux fois plus grave que notre pays car elle a subi de plein fouet l’effondrement de ses exportations. Pourtant, le chômage a augmenté 6 fois moins en Allemagne qu’en France. Comment expliquer ce « miracle » ? En Allemagne, le licenciement est un dernier recours. La règle générale est de garder le maximum de salarié(e)s, le maximum de compétences, dans l’entreprise en développant le Kurzarbeit. Au lieu de licencier 20 % des effectifs, une entreprise qui voit baisser son chiffre d’affaires de 20 % va baisser son temps de travail de 20 % et garder tous les salariés. Le salaire baisse mais l’État maintient l’essentiel du revenu. Et cela revient moins cher de maintenir le revenu d’un salarié qui baisse son temps de travail que de financer un chômeur si l’on tient compte de tous les coûts induits et des pertes de rentrées fiscales et sociales. Le Kurzarbeit a concerné 1 500 000 salariés qui ont baissé de 31 % leur temps de travail en moyenne.

 

Mais au-delà de cette mesure d’urgence, il est  temps également de relancer le chantier de la réduction du temps de travail (RTT). Car, contrairement à ce que serinent depuis des années la droite et le MEDEF, les 35 heures n’ont pas plombé l’économie française. En revanche, ce qui a plombé les 35 heures, c’est leur inachèvement et l’absence de réelles contreparties en termes de création d’emplois. A ceux qui raillent le « partage du temps de travail », on peut répondre que le partage du travail existe et c’est aujourd’hui un non-sens :

  • D’un côté, toutes celles et ceux qui font 0 heure par semaine car ils sont au chômage.
  • De l’autre, tous ceux qui travaillent plein pot (et parfois trop) : la durée réelle d’un plein-temps est supérieure à 38 heures d’après l’INSEE.
  • Au milieu, toutes celles et tous ceux qui galèrent avec des petits boulots à temps partiel, sur la semaine ou sur l’année.

 

Il faut en finir avec les faux débats : le débat n’est plus « pour ou contre la RTT ? », mais plutôt « quelle RTT ? » : une RTT organisée par le marché (précarité, stress et concurrence permanente) ou une RTT organisée par le débat, le référendum et la négociation. Des moyens existent pour passer à la semaine de 4 jours à coût dérisoire pour l’Etat et à masse salariale constante pour les entreprises sans pour autant toucher aux salaires. Nous pourrions créer ainsi près de 1.6 millions d’emplois...

 

Ce serait là l’occasion de faire le vrai « big-bang » du marché du travail !


PP

 

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06 janvier 2013

L'Observateur des inégalités, n°104, Janvier 2013

Mariage homosexuel, inégalité et injustice

Le débat sur la légitimité du mariage homosexuel porte, au fond, sur la légitimité de l’homoparentalité. Le refus de reconnaître juridiquement l’un et l’autre ne constituerait-il pas un cas manifeste de discrimination ? Une analyse de Patrick Savidan, professeur de philosophie sociale et politique à l’Université de Poitiers.

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La crise pointe la fragilisation de la jeunesse et le creusement des inégalités. Entretien avec Francine Labadie, de l’Injep.

Le premier rapport biennal de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire en tant qu’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse Inégalités entre jeunes sur fond de crise pointe la fragilisation accrue de la jeunesse et le creusement des inégalités au sein de cette population.

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Inégalités de revenus : l’évolution 2000-2010

Les inégalités de revenus, mesurées par le niveau moyen de chaque tranche de 10 % de la population, sont encore plus importantes que les données habituelles ne le laissent penser. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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La ségrégation culturelle du territoire s’accentue

La ségrégation culturelle du territoire a augmenté entre 1999 et 2008. C’est dans les communes où la part des diplômés était la plus élevée que celle-ci a le plus augmenté. Au niveau des quartiers, la ségrégation s’accroît surtout dans les territoires les plus défavorisés. Une analyse de Louis Maurin. Extrait de la note d’information Compas études.

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Les revenus démesurés des grands patrons et des cadres dirigeants

Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 400 et 1 500 années de Smic par an... Et encore, sans tenir compte de tous leurs avantages.

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Qualité de vie et logement dans les zones urbaines sensibles

56 % des habitants des zones urbaines sensibles ont une mauvaise image de leur quartier. 16 % considèrent leurs conditions de logement insuffisantes ou très insuffisantes.

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Les 10 plus grandes fortunes de France

Le patrimoine professionnel de Bernard Arnault (LVMH), première fortune de France, équivaut à 1,6 million d’années de Smic...

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Comment évoluent les très hauts revenus en France

JPEGLes 0,01 % les plus riches ont gagné 100 000 euros de revenus annuels supplémentaires entre 2004 et 2009. Un gain équivalent à huit années de Smic...

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L’évolution du taux de chômage selon l’âge

De 1975 à 2010, le taux de chômage a été multiplié par quatre pour les 20-24 ans et par trois pour les 45-49 ans. Depuis 2008, la crise a particulièrement touché les plus jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint désormais un niveau record en France.

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Le taux de pauvreté selon le sexe et l’âge

Le taux de pauvreté féminin était de 8,1 % en 2010, tous âges confondus, contre 7,4 % pour les hommes.

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Le niveau de vie des catégories sociales

Près de 4 000 euros par mois pour les professions libérales, aux alentours de 3 000 euros pour les cadres supérieurs et entre 1 300 et 2 000 euros pour les catégories populaires...Les niveaux de vie diffèrent du simple au double selon les catégories sociales.

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L’évolution des inégalités de revenus en France

Les inégalités de revenus se sont accrues au cours des dix dernières années. Le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s’est élevé de 400 euros entre 2000 et 2010, celui des 10 % les plus riches de 8 950 euros.

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La pauvreté augmente chez les jeunes mais aussi chez les seniors

10,8 % des 18-29 ans sont considérés comme pauvres en 2010, au seuil de 50 % du revenu médian, contre 7,8 % de l’ensemble de la population en moyenne. Le nombre de pauvres augmente chez les jeunes, mais aussi chez les plus âgés.

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11 décembre 2012

Pour un choc de solidarité !

Par Virginie Gorson-Tanguy, porte-parole du Mouvement national des chômeurs et précaires - Libération


Alors que le chômage et la précarité se sont installés durablement, la «conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale» se doit de présenter des mesures fortes, justes et efficaces.
Mais la précision des objectifs dépend de la fiabilité des constats.

 


Il aurait fallu d’abord ne pas déconnecter emploi et pauvreté, comme le souhaitaient les organisations de chômeurs, qui n’ont pas été écoutées. En juillet, le gouvernement a parlé emploi, avec les syndicats. En décembre, il parlera pauvreté, majoritairement avec les associations. Ainsi va le dialogue social en France. Ce cloisonnement pourrait n’être qu’un détail si finalement les questions fondamentales étaient posées : comment créer de l’emploi ? Et s’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde, comment faire pour qu’une partie de la société ne sombre pas dans la précarité durable ?



A la création du RMI, conçu comme un dispositif de secours aux personnes les plus exclues, le chômage n’était pas aussi important qu’aujourd’hui et les chômeurs de longue durée n’étaient pas aussi nombreux. De période de transition entre deux emplois, le chômage est devenu pour beaucoup un statut durable : licenciés, «trop jeunes», «trop vieux», «pas assez formés», «trop qualifiés»…la file des demandeurs d’emploi s’allonge et le poids de la culpabilité s’alourdit. Sans emploi pour tout le monde, la compétition érigée en valeur fait des dégâts sérieux sur les individus et les familles. De «liberté, égalité, fraternité» nous sommes passés à «anxiété, inégalité, compétitivité», sans que eux, nous, chômeurs, précaires, smicards, futurs ou anciens, pourtant tous citoyens, ayons été consultés sur ce grand chambardement.



Il est pourtant une vérité qu’il serait bon d’entendre plus souvent, et plus fort : aujourd’hui, en France, comme d’ailleurs partout en Europe, il n’y a pas d’emploi pour tout le monde. Le chômage est la conséquence d’un système qui dysfonctionne : le travail ne se partage pas, les richesses non plus. Et tandis que le très riche devient encore plus riche, en croulant sous le travail, le précaire croule, lui, sous les angoisses et les dettes. On nous reproche d’en faire un peu «trop», on nous renvoie à la responsabilité individuelle et à la spécificité des parcours de chacun. Nous affirmons, nous, que le chômeur n’est pas responsable du chômage et que c’est une responsabilité collective que de trouver des solutions. Un travail de long terme reste à mener pour un partage juste et équitable du travail, qui s’impose si l’on veut créer de l’emploi et réduire les inégalités. A court terme, et cela doit être l’objet de cette conférence de décembre, il est impératif de revenir au principe de solidarité, le fondement de notre société, et surtout, le mettre en œuvre.



Une déclaration d’intention serait facile, mais la méthode est usée, et les chômeurs et précaires aussi. Commençons par une revalorisation des minima sociaux : on nous dit que ce n’est pas «audible», que personne ne comprendrait, que cela coûte trop cher. Les «caisses sont vides». Aux vues des dernières mesures gouvernementales, elles ne le sont visiblement pas pour tout le monde. Des comparaisons s’imposent :
une augmentation des minima sociaux de 250 euros coûterait 6 milliards, la fraude aux cotisations des employeurs représente 15 milliards. Concrètement, l’évolution du RMI puis du RSA a durablement décroché par rapport à celle du Smic : en 2000, le RSA représentait 40% du Smic, c’est aujourd’hui seulement 33%, soit une diminutionde 100 euros par rapport au Smic. Encore plus concrètement, une très grande partie des chômeurs vit sous le seuil de pauvreté, fixé à 964 euros quand le RSA de base n’est qu’à 474 euros.



Croyez-nous, être au chômage, vivre avec les minima sociaux, ce n’est pas un choix de vie. Mais, évidemment, pour le savoir, il faudrait que les chômeurs et précaires aient leur mot à dire et qu’ils soient écoutés. Au lieu de les réduire, à longueur de conférences politiques et d’émissions, au statut de témoins passifs mais coupables d’une situation qui les dépasse, il faut leur donner les moyens non seulement de s’exprimer mais aussi de proposer des solutions et d’assurer leur représentation collective. Si les voix organisées du chômage et de la précarité se faisaient entendre dans les lieux de décision qui les concernent et sur les plateaux de télévision, les minima sociaux auraient peut être déjà été revalorisés, et l’idée d’un revenu décent pour tous, à défaut d’emploi, s’imposerait –qui sait ?– comme une évidence. Un choix de société, pour un choc de solidarité : c’est possible !

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19 novembre 2012

Mon intervention au Conseil national du Parti Socialiste

Voici la vidéo de mon intervention au Conseil national du PS du samedi 17 novembre à la Mutualité à Paris...


Un baptème du feu un peu stressant et qui permet de mesurer les difficultés de capter l'attention d'une assemblée sur des sujets austères !


Il y aussi cette obsession du chronomètre dans les interventions...Mon temps de parole était limité à 5 minutes...Difficile de développer une pensée construite sur des sujets importants en si peu de temps. A ce propos, je me souviens de la tête qu'a fait Paul Quilès (ancien Ministre de la Défense) au Congrès de Toulouse au moment où on lui a dit qu'il avait moins de 10 minutes pour parler de la problématique de la défense européenne et de la dissuasion nucléaire !


En fait, les temps de paroles sont distribués au prorata du poids des différentes Motion (les "tendances" du PS). Ce qui revient à dire que la "ligne officielle" a plus de temps pour s'exprimer...alors que ses idées sont déjà majoritaires et largement diffusées. Pour un réel débat, il conviendrait de rééquilibrer les temps de paroles au profit des "minorités", afin qu'elles puissent argumenter correctement et faire valoir leurs apports à la pensée commune. Après tout, la logique de la gauche, c'est que le "fort" doit être encadré, contrôlé pour ne pas écraser le "faible" !



Discours de Pierre Polard au conseil national du... par PartiSocialiste


Voici le texte intégral, sans les coupures sauvages que j'ai dû faire à la tribune...


Chers camarades,

 

Au lendemain de la remise du rapport de Louis Gallois, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, a annoncé le 6 novembre un « pacte de compétitivité », une série de mesures pour améliorer la compétitivité de la France. Mesures qui seront intégrées dans « plusieurs projets de loi » présentés au début de l’année 2013. La plus emblématique et la plus commentée est bien sûr le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) d’un montant de 20 milliards d’€, financé à la fois par une hausse de la TVA et une diminution de la dépense publique.

 

Il ne s’agit pas ici de faire un mauvais procès. Non, la hausse de la TVA telle qu’elle est proposée n’est pas une réintroduction de la TVA dite sociale récemment abrogée ! A la place d’une hausse brutale et aveugle des taux que proposait la droite, le gouvernement propose une hausse du taux normal, associée à une baisse du taux réduit, qui profitera principalement aux plus pauvres. A condition, bien sûr, que cette baisse soit répercutée sur les prix. A cet égard, l’expérience de la baisse de la TVA dans l’hôtellerie-restauration doit nous inciter à la prudence, voire à la vigilance.

 

Pour autant, nous pouvons nous interroger sur le bien fondé de la création d’une nouvelle aide aux entreprises, sans réelle contrepartie en termes d’emplois ou d’investissement et insuffisamment ciblée. En effet, en l’état actuel des choses, elle profitera indifféremment aux petites entreprises comme aux grandes, à celles qui sont soumises à la concurrence internationales comme à celles qui en sont largement préservées.

 

Trois rapports publics ont déjà souligné le manque d’évaluation de l’efficacité des aides publiques dont bénéficient déjà les entreprises :

Le rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi de février 2006

Le rapport du CESE sur la compétitivité de l’économie française d’octobre 2011

Le rapport de la Cour des comptes sur le financement de l’économie de juillet 2012

 

Ce pacte de compétitivité aurait pu être l’occasion de mettre en œuvre les propositions 3 et 24 du candidat François Hollande, à savoir la mise en place de trois taux d’imposition sur les sociétés (35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les très petites), la distinction entre bénéfices réinvestis et ceux distribués aux actionnaires et l’augmentation des cotisations chômage sur les entreprises qui abusent des emplois précaires.

 

Ne nous y trompons pas, ce qui apparaît en filigrane derrière ce pacte de compétitivité, c’est la question de la concurrence que se livrent entre eux les pays européens. Car, rappelons-le, la balance commerciale de la zone Euro est positive. Pourquoi baisser le coût du travail en France ? Parce qu’il a beaucoup baissé en Allemagne ! Ce qui a permis à ce pays de gagner des parts de marché par rapport à ses voisins européens, au prix de ce que certains appellent une « glaciation salariale » depuis plus de dix ans et au prix d’une explosion de la pauvreté et de la précarité.

 

Devons-nous faire un pas de plus, même s’il reste de faible ampleur et n’impactera pas la consommation en 2013, vers cette spirale qui ne peut que prolonger et aggraver la crise européenne en alimentant la dépression qui entraîne l’Europe vers le fond ?

 

Dans son adresse aux français, le 13 novembre, François Hollande a déclaré que «nous vivons plus qu’une crise, nous vivons un changement de monde ». Il a entièrement raison !

 

Et les socialistes français se doivent de faire partie des architectes de ce nouveau monde qui vient. Ce monde nouveau doit notamment reposer sur la construction d’une Europe réellement sociale et démocratique, une plus grande justice sociale et une transformation écologique de notre modèle économique.

 

Nous, militants de la motion 4, proposons d’organiser au plus vite un séminaire de travail de trois jours à Strasbourg  qui réunira toutes celles et ceux qui veulent construire une Europe démocratique et sociale. Invitons tous les socialistes d’Europe mais aussi les syndicats et des ONG à se retrouver pour travailler ensemble sur l’Europe démocratique, l’Europe sociale, l’impôt européen sur les dividendes, une Europe qui s’attaque enfin aux paradis fiscaux et au dérèglement climatique. L’Europe est à la croisée des chemins. Nous devons rassembler nos forces pour faire naitre une Europe nouvelle, capable d’humaniser la mondialisation.

 

Concernant la justice sociale, comme le rappelle le député socialiste de Meurthe-et-Moselle Christian Eckert (rapporteur général de la Commission des Finances, de l'Économie générale et du Contrôle budgétaire), la France n’a jamais été aussi riche, mais cette richesse n’a jamais été aussi mal partagée entre salariés et actionnaires comme entre salariés eux-mêmes. En proportion de leur valeur ajoutée brute, la part que les sociétés non financières versent à leurs actionnaires est passée de 5,6% en 1999 à 9% en 2011. Les derniers chiffres de l’Insee dévoilent la très forte progression des inégalités. En 2002, le cinquième le plus pauvre de la population percevait 9,3% du niveau de vie total. Il en perçoit désormais 8,7% soit 6 milliards de moins. Dans le même temps, la part du  cinquième le plus riche est passée de 37,7% à 39%, soit 12 milliards de plus. Cette montée des inégalités ne peut qu’engendrer des frustrations délétères chez une part grandissante de nos concitoyens, frustrations génératrices de tensions sociales, terreau sur lequel se développe le Front National.

 

Le rétablissement de la justice sociale passe par au moins deux points : la lutte contre le chômage de masse qui déséquilibre les négociations salariales et une réforme fiscale vers plus de progressivité.

 

Pour lutter contre le chômage, pouvons-nous encore tout miser sur la croissance ?  L’OCDE annonce une croissance atone pour la plupart des pays européens dans les années à venir. Avant même la crise des subprimes, la croissance moyenne de la France n’a cessé de diminuer, décennie après décennie, comme celle de tous les pays de l’OCDE d’ailleurs.

 

Pour lutter contre le chômage, pouvons-nous compter sur la recherche et l’innovation, un des axes important du rapport Gallois ? Pour nous la racine du chômage de masse, c’est avant tout une mauvaise gestion des progrès techniques qui ont conduit à toujours produire plus avec moins de travail humain. Un actif d’aujourd’hui produit 5 fois plus de richesses par heure qu’un actif de 1960 ! Entre 1970 et 2008, le PIB de la France, a plus que doublé alors que le nombre total d’heures nécessaires à la production a baissé de 7%, alors que le nombre d’actifs voulant travailler augmentait de 33%. Il faut en finir avec les faux débats : si l’on intègre les gains de productivité colossaux réalisés dans toutes nos économies depuis quarante ans, le débat n’est plus « pour ou contre la RTT ? » mais plutôt « quelle RTT ?». RTT organisée par le marché (précarité, stress et concurrence permanente) ou RTT organisée par le débat, le référendum et la négociation ?

 

C’est pourquoi nous proposons d’organiser les Etats généraux de l’emploi avec tous les partis de gauche, les syndicats, les associations, les ONG et les personnels de Pôle Emploi pour faire des propositions innovantes  . Pour donner envie aux partenaires sociaux d’aller plus loin et plus vite dans la lutte contre le chômage et la précarité, organisons ces états généraux au niveau national et dans chaque région pour "tout mettre sur la table" et montrer que l’innovation est possible pour sortir du chômage de masse.

 

Concernant la réforme fiscale, nous pensons qu’il est temps de mettre en œuvre une « révolution fiscale », à savoir une grande réforme permettant la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié et progressif sur l’ensemble des revenus.

 

Enfin, sur la transformation écologique, ne serait-il pas préférable d’utiliser les 20 milliards d’€ du CICE pour lancer un programme ambitieux de rénovation thermique des bâtiments, d’énergies renouvelables décentralisées économisant à terme des milliards d’importations de pétrole et de gaz, de transports collectifs propres, de services de bien-être pour les personnes âgées, la petite enfance et les personnes handicapées, des programme d’appui à l’économie sociale et solidaire et aux circuits courts… Et bien d’autres choses pour réduire la dépendance aux importations et l’impératif d’exportation à tout prix, pour favoriser des dynamiques de territoires, pour protéger la société et l’environnement sans privilégier le protectionnisme. De favoriser la construction de logements neufs de type Kyoto qui produisent leur propre énergie.

 

C’est le sens du volet écologique de la Motion 4, que nous n’allons bien sûr pas détailler ici, mais qui contient des propositions concrètes et financées.

 

Le changement de monde, c’est maintenant !

 

Il faut oser plus loin, plus vite pour aller vers un monde régi par la coopération plutôt que la compétition, un monde de progrès social et écologique !


PP

 

 

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12 juin 2012

L'Observateur des inégalités, n°98, juin 2012

De quel milieu social viennent les députés ?

A quand la parité sociale ? Alors que les employés et les ouvriers représentent plus de la moitié de la population active, seul 1% des députés proviennent de leurs rangs.

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La durée de chômage selon le sexe et l’âge

Les chômeurs restent en moyenne 13 mois sans emploi, mais 18 % d’entre eux connaissent une période d’inactivité professionnelle forcée de plus de deux années.

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La précarité de l’emploi selon l’âge

32 % des 15-29 ans occupent un emploi précaire contre 7 % des 30-49 ans.

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L’homophobie reste présente dans la société française

SOS homophobie a reçu 1 600 témoignages de victimes de discriminations du fait de leur orientation sexuelle en 2011.

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La pauvreté selon l’origine en Europe

26,9 % des immigrés nés hors de l’Union européenne sont pauvres, contre 14,8 % des Européens qui vivent dans leur pays d’origine.

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La pauvreté selon le type de ménage en Europe

36,9 % des familles monoparentales sont pauvres en Europe.

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La pauvreté dans le monde

La pauvreté baisse dans le monde. 1,3 milliard d’habitants vivent cependant toujours sous le seuil d’extrême pauvreté, soit près du quart des habitants de la planète.

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Patrimoine : qui possède combien ?

Les 10 % les plus riches possèdent 48 % de la fortune nationale. L’inégalité des patrimoines est encore plus accentuée que celle des revenus.

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Technologies de l’information : des inégalités qui se réduisent

Les inégalités d’accès aux technologies de l’information se réduisent nettement. Mais une grande partie des seniors et des catégories les moins favorisées demeurent à l’écart.

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Engagez-vous contre les inégalités : soutenez l’Observatoire

Apportez votre soutien à l’élaboration de politiques plus justes. Participez au débat public en aidant l’Observatoire des inégalités à diffuser ses informations.

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L’insertion professionnelle des jeunes : de fortes inégalités selon le diplôme

Statut d’emploi, chômage, salaires : les conditions d’insertion des jeunes dans l’emploi sont très inégales suivant le niveau de diplôme. L’analyse de Louis Maurin et Valérie Schneider, de l’Observatoire des inégalités.

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Inégalités : les dix dossiers du président de la République

L’élection présidentielle est l’occasion d’établir une feuille de route pour l’avenir. Les inégalités figurent en tête des priorités des Français. Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités, présente les dix principaux dossiers qui sont sur la table du nouveau chef de l’État.

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Les assistés de la France d’en haut sont-ils "intouchables" ?

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

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« Plus l’offre est diversifiée, plus les logiques de choix des parents sont stimulées, plus la ségrégation scolaire augmente », entretien avec Pierre Merle, sociologue

Il est temps que les politiques agissent. La ségrégation scolaire peut être combattue en France comme elle l’est en Allemagne. Entretien avec Pierre Merle, sociologue, professeur à l’IUFM de Bretagne. Extrait de cafepedagogique.net.

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La culture générale, outil de sélection rouillé

Les épreuves de culture générale aux concours constituent un puissant outil de sélection en fonction des milieux sociaux. Elles éliminent ceux qui n’ont pas les bons codes hérités du milieu familial. L’analyse d’Anne Chemin, extraite du quotidien "Le Monde".

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État de santé et recours aux soins des immigrés : une synthèse des travaux français

L’état de santé des immigrés est moins bon que celui des Français de naissance, en particulier en raison de leurs conditions de vie précaires. Une étude de l’Irdes publiée dans Questions d’économie de la santé.

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En bref

Les Français qui ne partiront pas en vacances cet été
16 % des Français ne partiront pas en vacances cet été selon l’étude barométrique (...)
24 mai 2012


Lyon champion d’Europe dans l’indifférence médiatique

L’Olympique lyonnais a battu l’équipe de Francfort à Munich le jeudi 17 mai sur le (...)
17 mai 2012


La pauvreté des retraités en 2030 dans la région Centre

La région Centre devrait compter 70 000 retraités pauvres (1) en 2030, sur un total de 807 500 (...)
16 mai 2012


L’espérance de vie à 65 ans en Europe

Les hommes et les femmes d’Europe âgés de 65 ans ont une espérance de vie en bonne santé (...)
14 mai 2012

 

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12 mai 2012

L'Observateur des inégalités, n°96, mai 2012

La pauvreté selon l’âge

Enfants et adolescents représentent 1,5 million de pauvres au seuil de 50 %, soit plus du tiers du total. De 0 à 29 ans, le part de personnes pauvres est de l’ordre de 10 %.

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Les minima sociaux en France

Près de 3,6 millions de personnes sont allocataires de minima sociaux, mais un peu plus de 6 millions de personnes au total en vivent...

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Le taux de chômage selon le diplôme

Le taux de chômage des non diplômés est près de trois fois supérieur à celui des diplômés d’études supérieures. Le diplôme est plus que jamais un atout pour accéder à l’emploi.

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Le taux de chômage selon la catégorie sociale

13,5 % des ouvriers sont au chômage contre 4 % des cadres supérieurs.

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Le taux de chômage selon le sexe et l’âge

17,2 % des actifs de moins de 29 ans sont au chômage contre 6,8 % des 40-49 ans.

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Qui sont les pauvres en France ?

En France, la population pauvre est d’abord jeune et peu qualifiée. Le risque de pauvreté est très inégal selon les populations.

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"Faire payer les riches" : un consensus démagogique

La France, comme la plupart des pays riches, va devoir augmenter fortement les impôts. Pas uniquement sur les "super-riches", contrairement à une idée en vogue. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Inégalités : les 10 indicateurs clés

Comment évoluent les inégalités ? 10 indicateurs les plus pertinents pour aller à l’essentiel. Par Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

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Inégalités : les dix dossiers du futur président de la République

L’élection présidentielle est l’occasion d’établir une feuille de route pour l’avenir. Les inégalités figurent en tête des priorités des électeurs. Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités présente les dix principaux dossiers qui seront sur la table du futur chef de l’Etat.

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Les assistés de la France d’en haut sont-ils "intouchables" ?

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

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Réduction de la pauvreté des enfants : comparaisons internationales

La plupart des pays riches font face à une augmentation de la pauvreté chez les enfants. Etat des lieux des politiques destinées à combattre ce phénomène, extrait de Politiques sociales et familiales.

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13:42 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inégalités, chômage, pauvreté | | |  Facebook | | |