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07 janvier 2013

Lettre ouverte à Madame Marisol TOURAINE sur les déserts médicaux

Lettre ouverte à Madame Marisol TOURAINE sur les déserts médicaux, la démographie médicale et l’indispensable Service Public Sanitaire de Proximité à créer et développer.

, par la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité


Madame la ministre,


Si nous partageons votre analyse sur le drame territorial, social et sanitaire que sont les déserts médicaux, nous sommes forts déconcertés par vos propositions. Dans votre pacte présenté le 12 décembre 2012, vous vous contentez d’appliquer la loi HPST de vos prédécesseurs (dont nous demandons toujours l’abrogation), et vous abordez le problème des déserts médicaux de manière centraliste, peu démocratique et avec tellement de modération que vous risquez sauf à la marge de ne rien changer.


1 - Avant d’expliquer vos propositions, il aurait été bon de réunir les représentants des parties concernées, certes les praticiens et les élus, mais surtout les usagers qui paient de plus en plus cher, qui sont de plus en plus éloignés géographiquement et financièrement de l’offre de soins et dont certains, de plus en plus nombreux, ne consultent même plus.
La Coordination, demandeuse de rencontre sur cette thématique qui est la sienne depuis sa fondation, n’a pas été sollicitée.


2 - La notion de "désert médical" ne concerne pas que la médecine ambulatoire mais tout autant l’hôpital public : les deux souffrent du manque de personnels (médicaux et non médicaux), ce qui sert d’ailleurs trop souvent de prétexte aux fermetures de services. Et même dans les grands hôpitaux des grandes villes, même les plus attractives, bien des postes ne sont pas pourvus.


3 - Fournir en personnel les hôpitaux et territoires qui en ont besoin nécessite forcément de revoir la liberté d’installation qui n’est défendable ni sur le plan éthique, ni sur le plan politique, ni sur le plan social, ni sur le plan sanitaire : élus locaux, généraux et régionaux, conseil de l’ordre, doyens des facultés de médecine, membres de la Cour des comptes, médecins solidaires et usagers dans leur très grande majorité en sont convaincus.


Pas vous apparemment. Vous retrancher derrière la formule "pas de coercition" nous semble politiquement incorrect et manipulateur car caricatural. Que doivent dire alors les fonctionnaires d’autres services publics qui la subissent sans compter les professions libérales qui ont accepté une régulation (infirmières, kinésithérapeutes) et les pharmaciens réglementés depuis longtemps ?
Pourquoi la règle qui prévaut pour tous les autres domaines de responsabilité de l’État ferait-elle exception en matière de santé ? Pourquoi n’osez-vous pas aborder cette proposition : nomination pour un temps donné (de 3 à 5 ans) des professionnels de santé en fonction des besoins collectifs et non pas des intérêts privés ? Ou pour le moins une régulation de l’installation ?


Une mission de service public, en fin d’étude aurait l’avantage de résoudre en même temps, les déserts en médecine ambulatoire et en hôpital, de ne pas faire de discrimination entre généralistes et spécialistes, entre étudiants fortunés et en précarité. La première proposition date de près de 15 ans, elle a été renouvelée par la Coordination, par des Associations d’élus, par des médecins eux-mêmes...


4 - Comment conserver le rôle pivot de l’hôpital de proximité, garantir l’égalité d’accès aux soins et permettre la coordination nécessaire avec les médecins libéraux si vous laissez les directeurs généraux des Agences Régionales de Santé poursuivre de façon arbitraire les restructurations qui les fragilisent, sapent le moral des personnels et détruisent peu à peu le service public.


5 - Comment ne pas ouvrir le recrutement des professionnels de santé alors que le remplacement des professionnels en poste n’est plus assuré, que la crise liée aux retraites massives commence seulement à s’amorcer.


C’est à n’y rien comprendre, notre numérus clausus actuel est encore un peu inférieur à celui des années 1970, alors que la population a fortement augmenté (autour de 10 millions d’habitants en plus), que les médecins ne travaillent plus comme avant (le temps de travail moyen s’est abaissé), que la demande médicale a augmenté et s’est diversifiée (du fait du poids accru des personnes âgées, mais également du fait que nous sommes un des rares pays européens à forte natalité), et que bien des spécialités sont déficitaires y compris dans les villes dites attractives (anesthésistes, urgentistes)...


6 - Pourquoi ne prenez-vous pas appui sur le maillage des hôpitaux publics pour proposer un dispositif conciliant la volonté affirmée des jeunes en formation de s’orienter vers le salariat et les besoins des territoires ?


7 - Pourquoi privilégier les maisons de santé au détriment des centres de santé ? Que les professionnels soient salariés ou libéraux, cela reste secondaire, ce qui nous importe par contre dans cette nécessaire médecine collective de proximité :

 c’est qu’il y ait un réel projet de santé pour un vrai service public sanitaire de proximité, avec contrôle des financeurs publics
 c’est que le tiers payant y soit intégral
 c’est que tout dépassement y soit prohibé
 c’est que la santé y soit traitée aussi dans ses composantes d’éducation et de prévention et dans ses dimensions sociales
 c’est que les principaux intéressés, les usagers-patients y aient des responsabilités comme dans les Conseils d’administrations des centres associatifs
 c’est que les conditions d’exercice y soient favorables au patient : pas de revenus à l’acte, mais un salaire ou revenu forfaitaire, permettant de prendre du temps avec les patients et ne plus faire "d’abattage". Les évolutions récentes de retour au salaire à l’acte dans les centres mutualistes (Mgen, Bouches du Rhône) nous semblent totalement aberrantes.


8 - Pourquoi n’avez-vous pas introduit dans votre plan de lutte contre les déserts médicaux des propositions visant à clarifier les rôles et les règles de financement respectifs de la médecine ambulatoire et des hôpitaux publics en matière de permanence des soins ?


Sans les usagers et les élus et un vrai courage politique pour contrer les égoïsmes corporatistes, les déserts médicaux continueront d’avancer.


Madame la Ministre, tout n’est évidemment pas à rejeter dans vos propositions, certaines vont évidemment dans le bon sens ; mais leur ensemble ne nous semble pas du tout à la hauteur de la crise sanitaire de l’heure.


Pour éviter une nouvelle fois de mécontenter des corporatismes aigris et des individualités qui ont perdu tout sens du bien commun et qui profitent de la moindre réformette pour monter au créneau, vous allez vous couper de votre large base sociale qui, après les désastres du sarkozysme, attendait plus d’un gouvernement se déclarant soucieux de sauver nos services publics et notre modèle social.


Fait à Lure le 16 décembre 2012 -


Pour la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, son président Michel ANTONY

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08 novembre 2012

L'Observateur des inégalités, n°102, Novembre 2012

« La pauvreté, c’est la privation de liberté », entretien avec Marie-Aleth Grard, Vice-présidente d’ATD Quart-Monde.

A l’occasion de la 25ème journée mondiale du refus de la misère, Marie-Aleth Grard, Vice-présidente d’ATD Quart-Monde fait le point sur l’état de la pauvreté en France aujourd’hui. Et rappelle l’importance d’impliquer les plus démunis eux-mêmes dans la lutte contre la misère.

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Qui sont les pauvres en France ?

En France, la population pauvre est d’abord jeune et peu qualifiée. Le risque de pauvreté est très inégal selon les populations.

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Europe : comment se répartissent les revenus au sein de chaque pays

L’Espagne est plus pauvre que la Suède, mais les riches espagnols sont plus riches que les suédois les plus aisés. Les écarts de niveau de vie moyen masquent des répartitions très inégales au sein de chaque pays européen.

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Patrimoine : êtes-vous fortuné ?

L’Observatoire des inégalités lance un nouvel outil pour se situer dans la hiérarchie des patrimoines en France. La moitié des Français possède un patrimoine inférieur à 87 000 euros, selon les données 2010. Et vous ?

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Les professions médicales mal réparties sur le territoire

L’offre de santé reste inégale selon les territoires. On compte quatre médecins pour 1 000 habitants en Ile-de-France contre 2,6 en Picardie.

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La misère persiste en France

La France compte deux millions de personnes vivant avec moins de 645 euros par mois, 3,6 millions de mal-logés et 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire. La misère persiste en France.

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La pauvreté selon le diplôme

Le taux de pauvreté des non diplômes est de 10,1 % contre 3,1 % pour les titulaires d’un bac+2.

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La pauvreté selon la catégorie sociale

60 % des pauvres vivent dans un ménage dont la personne de référence est ouvrière, employée ou inactive. 9, 8 % des employés, 8,2 % des ouvriers sont pauvres, contre 2,8 % pour les ménages de cadres supérieurs.

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La pauvreté selon l’âge

La moitié des personnes pauvres ont moins de 30 ans. Mais la pauvreté des enfants est liée aux revenus de leurs parents. Les plus âgés sont moins souvent touchés, mais ont peu d’espoir de modifier leur situation.

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Mobilité sociale : les enfants d’immigrés font aussi bien que les autres

42,1 % des enfants d’immigrés deviennent ouvriers contre 30 % des personnes sans ascendance directe immigrée. Mais cet écart s’explique davantage par les positions sociales défavorisées de leurs parents que par leur origine géographique.

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Pourquoi les enfants d’immigrés réussissent mieux à l’école que les autres

En apparence, les jeunes d’origine immigrée réussissent moins bien que les autres à l’école. Mais si l’on tient compte de leur milieu social, c’est tout l’inverse...

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Revenus et pauvreté des immigrés

Les ménages non-immigrés ont un revenu supérieur de 28 % en moyenne à celui des ménages immigrés.

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En bref

3,6 millions de bas salaires
3,6 millions de salariés occupent un emploi à bas salaire, soit 16 % des 22,3 millions de (...)



Le régime discriminatoire des gens du voyage

Deux dispositions du régime légal des gens du voyage ont été annulées par le Conseil (...)



L’inégale répartition de l’épargne salariale

Plus de la moitié des salariés (57 %) perçoivent de l’intéressement (1), de la (...)



Pour le travail, la couleur de la peau joue finalement peu

Les origines sociales jouent davantage que les origines nationales en matière d’emploi, (...)


 

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23 août 2011

Santé : la fausse bonne idée de dépenser moins

Par David Belliard, article paru sur Rue89

 

Les médecins seront donc rémunérés à la « performance ». La nouvelle convention médicale entre les syndicats de médecins et la sécu peut sembler positive, elle marque surtout l'emprise d'une approche purement économiste de la santé et la volonté quasi obsessionnelle d'en diminuer les dépenses.

 

Cette approche a eu pour effet d'instaurer des barrières à l'accès aux soins, sans rétablir l'équilibre des comptes de l'assurance maladie. Et pour cause ! Elle s'appuie sur une analyse erronée - et idéologique - des raisons de l'augmentation des dépenses de santé.

 

Ces dernières ne sont que très peu liées au vieillissement de la population ou à une prétendue demande excessive de soins médicaux. Les causes sont toutes autres : dégradation de notre environnement, qui contribue au développement de nombre de pathologies, accroissement des inégalités de santé, qui rejettent les malades les plus modestes à l'hôpital car ils n'ont plus les moyens de se soigner en ville, prescriptions systématiques de soins médicaux par les médecins et, surtout, évolutions technologiques et nouveaux médicaments, qui coûtent toujours plus chers sans toujours de progrès thérapeutiques.

 

Facteur d'émancipation, d'amélioration de nos conditions de vie et de structuration de nos territoires, la santé pourtant est, et doit rester, un atout pour la France. C'est un secteur économique majeur (11% du PIB) qui représente une enveloppe de plus de 223 milliards d'euros.

 

S'intéresser aux causes des maladies serait plus efficient

 

Des économies sont d'abord possibles grâce aux effets d'une politique de prévention et via l'amélioration de l'organisation des soins et la réduction de la consommation médicale. Il est donc plus que temps d'adopter un nouveau modèle de santé sociale et environnementale qui s'intéresse enfin aux causes des maladies plutôt qu'à leurs symptômes et qui réponde aux nouveaux besoins de solidarité et d'attention aux plus vulnérables.

 

Il ne s'agit pas de dépenser moins pour la santé mais d'investir dans une logique d'efficience sociale, sanitaire et financière. Plusieurs domaines d'investissement sont à souligner. D'abord l'organisation des soins, avec notamment le développement des centres de santé de proximité pour privilégier les soins primaires et réduire les journées d'hospitalisation inutile, la refonte du statut libéral des médecins en ville en introduisant véritablement la rémunération au forfait, et la valorisation de celles et ceux qui accompagnent et prennent soin des personnes vulnérables (mise en place de filières complètes, améliorer les formations, accroître l'emploi et les rémunérations..).

 

Entendre les éco-médecines

 

Surtout, la prévention et l'éducation à la santé, ne peuvent continuer à être réduites à la portion congrue (2 %) du budget de l'assurance maladie. A cela s'ajoute l'installation d'une réelle gouvernance sanitaire démocratique, qui exige une formation très forte des intervenants issus de la société civile, la revue complète des modes de financement de l'hôpital public, qui souffre d'une application systématique de la tarification à l'acte, la recherche scientifique et médicale, plus particulièrement dans le domaine pharmaceutique, aujourd'hui délaissée, une attention aux éco-médecines et, enfin, le renforcement de la protection sociale de la petite enfance au grand âge.

 

 

Cette nouvelle politique de santé, ou plutôt du prendre soin, implique une action plus large d'amélioration de l'environnement en agissant en priorité sur le bruit, l'air et l'eau. Sans oublier un plan volontariste en faveur d'une alimentation équilibrée qui demande un accompagnement personnalisé et à l'instauration systématique du bio dans la restauration collective pour les enfants et les personnes fragilisées.

 

 

Dans cette optique, les dépenses de santé sont d'abord des investissements utiles au service d'une vision politique contribuant à la dynamique économique et centrée sur le mieux vivre.

 

 

Avec Serge Guérin, sociologue, professeur à l'ESG Management School, auteur de « La nouvelle société des seniors » (Michalon)

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25 juillet 2008

Dépassements dangereux

Aujourd’hui, Midi Libre titrait sur les dépassements d’honoraires des professionnels de santé : « Tarifs des médecins du Languedoc : le grand dérapage ».
J’avais déjà évoqué ce sujet dans une note récente, mais je saisis cette occasion pour y revenir !

Les plus courageux peuvent consulter l’édifiant rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) d’avril 2007.
Quelques extraits
« Pour les médecins actifs sur toute l’année, le montant des dépassements est passé de 763 millions d’euros en 1990 à 1,578 milliard d’euros en 2005, en euros constants : contenue pour les omnipraticiens (généralistes), cette pratique est devenue majoritaire chez les spécialistes. »
« Au total, à partir de l’étude menée sur quatre épisodes de soins, la mission a pu établir qu’une majorité de patients est aujourd’hui confrontée à des dépassements d’honoraires dont les montants peuvent être élevés. »
« Les dépassements d’honoraires constituent un recul de la solidarité nationale mise en oeuvre par l’assurance maladie obligatoire : du fait de leur montant croissant, ceux-ci génèrent des inégalités d’accès aux soins, voire des renoncements, y compris chez les bénéficiaires de la CMU complémentaire, qui, malgré les dispositions législatives, peuvent avoir à y faire face. » (On estime à environ 13% le nombre de patients qui renoncent à des soins pour des raisons financières)
« En outre, les dépassements d’honoraires ont contribué à freiner une répartition plus équilibrée des médecins sur le territoire français métropolitain. Le paiement à l’acte, entre autres caractéristiques, est une incitation à l’installation des médecins là où les besoins de soins sont les plus importants. Or, l’existence d’un droit à dépassement a permis, notamment à des spécialistes, une installation dans des zones déjà très médicalisées et riches. Même s’ils réalisent moins d’actes, la possibilité de pratiquer des dépassements leur permet d’adapter leur revenu dans la zone géographique de leur choix. »

Pour régler ce problème, il est question de la création d'un secteur tarifaire « optionnel ». Cela pourrait « régler le problème des dépassements d'honoraires », estiment certains médecins.

Il s’agirait de permettre aux médecins qui le souhaitent de pratiquer des dépassements d'honoraires pour certains de leurs patients, et des tarifs « opposables » (de sécurité sociale) pour les autres. Limité « dans un premier temps » à la chirurgie, à l'obstétrique et peut-être à l'anesthésie, les syndicats de médecins souhaiteraient le généraliser. Reste à déterminer quels actes resteraient « opposables », et décider d'un plafond de dépassement, selon la CSMF, principal syndicat de médecins libéraux.

Donc pour régler un problème, il suffit d’officialiser et de légaliser sa pratique !

Pour améliorer la répartition des médecins sur le territoire, il est question de créer un « contrat de santé solidarité » aux médecins des zones « surdotées », qui devront s'engager à exercer une part de leur activité dans des zones « sous-dotées » (rurales ou banlieues). Tous les syndicats ont rejeté le principe de mesures contraignantes, avancées par l'assurance maladie. Tiens donc !

Il faudra un jour rappeler aux professionnels de santé, au risque de les choquer, qu’ils sont des fonctionnaires. Comment, en effet, appeler autrement ceux dont la majorité des revenus provient de dépenses socialisées ? Eh oui, des fonctionnaires ! Et à ce titre, ils se doivent de répondre aux besoins de la collectivité et se conformer aux exigences de solidarité nationale.

En attendant, puisque ces messieurs veulent jouer les "libéraux", il est toujours possible de faire jouer la concurrence. Le site de l’Assurance Maladie (www.ameli.fr) propose un annuaire des professionnels se santé (Cliquez sur Assurés sur la page d’accueil puis sur Annuaires, puis choisissez Annuaire des professionnels de santé) qui intégrera bientôt le tarif pratiqué. Il sera alors possible d’éviter ceux qui pratiquent des tarifs prohibitifs !

PP

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22 juillet 2008

Les médecins se soignent...

1c6a7b45b9d48d4567902aa422e3f537.jpgRoselyne Bachelot, la Ministre de la Santé, est en train de réfléchir à un plan d’économie de 1 milliard d’€ en 2009 pour l’Assurance Maladie. Il est également question d’augmenter de 1 € le tarif de consultation des généralistes, qui passerait ainsi de 22 à 23 €.

D’après un rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie paru en janvier 2007, « En 14 ans (entre 1990 et 2004), le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus que celui des salariés et celui des généralistes 2,5 fois plus ».

Depuis 1990, les revenus des spécialistes ont bondi de 25% (déduction faite de l'inflation) tandis que les revenus salariaux, de leur côté, progressaient cahin caha ... de 8% .
Au final, en 2004, un généraliste gagnait en moyenne 63.000 euros net par an (5.250 euros par mois) tandis qu'un spécialiste émargeait à 108.000 euros net (9.000 euros par mois).

Depuis 2002, le tarif des consultations des généralistes a été relevé plusieurs fois passant de 17,53 euros à 22 euros soit une envolée de près de 25% en six ans. Même s’il est vrai que les consultations n'avaient pas été revalorisées depuis avril 1998, cela n’est pas mal comme rattrapage !

D’après une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) datant de juin 2008, « les revenus libéraux des médecins sont davantage tirés par les prix que par l’activité. Les prix progressent en effet de +2,5 % en 2005 puis de +2,9 % en 2006 alors que l’activité individuelle est stable en moyenne ces deux dernières années. Après la pause observée en 2005, les dépassements sont repartis à la hausse, soutenant la croissance des revenus des spécialités les plus concernées. »

« Une telle augmentation des revenus chez les médecins est incompréhensible, lâche Christian Saout, membre du Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie. C’est incompréhensible à l’heure où l’on note autant de patients CMU qui se voient refuser l’accès aux soins par certains médecins. » Et le président de l’association Aides de dresser un sombre pronostic : « La situation est devenue grave, nous vivons une véritable rupture du pacte social entre la société et les médecins. »

Les dépassements des honoraires se généralisent, en particulier chez les spécialistes où près de 40 % de leurs consultations sont facturées au-delà du prix conventionnel. L’étude insiste aussi sur la disparité des situations. Ainsi, « à l’âge de 40 ans, les femmes spécialistes perçoivent environ 40 % de moins que les hommes, et les femmes généralistes 25 % de moins que leurs collègues masculins ». De même, ils remarquent que ces revenus varient avec l’âge. « Les honoraires, assez faibles pendant les premières années d’exercice du médecin, s’accroissent très rapidement pour plafonner entre 35 et 55 ans. Ils se réduisent ensuite lentement, plus rapidement à partir de 60 ans. »

Dans son rapport 2007, le Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie, s’inquiète du recours excessif aux médecins (19Md€ d’honoraires bruts en 2006). En 25 ans, le nombre d’actes de médecin par personne a fortement augmenté (5,4 en 1980 ; plus de 9 en 2006). Selon le Haut conseil, « il convient de s’assurer que ce haut niveau de recours (qui mobilise des fonds publics croissants en honoraires et surtout en prescriptions) correspond aux réels besoins de santé ou s’il est excessif parce que l’organisation de la prise en charge n’est pas à l’optimum, que la rémunération à l’acte peut, dans certaines situations, être inflationniste, que la prévention est insuffisamment développée ou que le médecin est sollicité pour des actes inutiles ou qui pourraient être délégués à d’autres professionnels. »

Ces pistes pourraient constituer de bons éléments de réflexions pour Mme Bachelot…
Toutefois, il est plus probable que, comme d’habitude, les mesures prises viseront à « responsabiliser « les patients !

PP

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26 octobre 2007

Sujets d'actualité

Borloo & Grenelle
Hier ou avant hier, j’ai vu Jean-Louis Borloo au journal télévisé de France 2. Il nous présentait les efforts réalisés dans son Ministère pour la préservation de l’environnement. Il était pathétique, en train de s’émerveiller devant des ampoules à basse consommation, ou en simulant une colère en voyant une fenêtre mal isolée…
Plus sérieusement, en conclusion du Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy s’est prononcé en faveur d’une « taxe carbone ». Il s’est toutefois empressé de botter en touche en la conditionnant à une remise à plat intégrale de notre fiscalité et à une réflexion au niveau européen…Ce n’est donc pas pour demain, d’autant plus que les entreprises ne sont pas favorables à une taxe qui pénaliserait leur compétitivité. Il est donc fort probable que cette taxe soit supportée intégralement pas les consommateurs.
Puisque l’on parle de remise à plat de notre fiscalité, il serait peut-être intéressant de remettre en cause sur des exonérations peu favorables à l’environnement : exonération de TIPP sur le kérosène, possibilité d’utiliser du fioul domestique comme carburant dans l’agriculture ou le BTP…Coût : environ 4 milliards d’€ pour le budget de l’Etat.
Le moratoire (provisoire) sur les OGM a été unanimement salué, mais il a été obtenu en échange de concessions sur le développement des agro-carburants et l’abandon d’un objectif chiffré sur la diminution de l’emploi des pesticides. Le bénéfice pour l’environnement des agro-carburants est pourtant (et de plus en plus) largement contesté : augmentation des prix des matières premières alimentaires, accroissement de la consommation de pesticides, déforestation,…
Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie), a déclaré ce matin sur France-Inter que «elle était heureuse après la réussite du Grenelle de l’environnement». Je pense ma part que cela ne fait que commencer. Le plus difficile reste à faire : passer des déclarations aux réalisations…et surtout au chiffrage du coût de ce catalogue de mesures…

Internes
Après quelques jours de grèves, les internes en médecine ont gagné ! C’est est fini avec l’encadrement de la liberté d’installation. Désormais, il n’est plus question de déconventionner ceux qui s’installent dans des zones où la démographie médicale est déjà trop élevée. Le gouvernement propose désormais des « incitations », en d’autres termes encore des cadeaux à une profession qui en déjà beaucoup reçus. Nicolas Sarkozy, si prompt d’habitude à dénoncer les corporatismes et les privilèges (par exemple les régimes spéciaux), s’est plié une fois de plus aux désidératas des médecins.
Il faudra bien jour qu’un jour les médecins comprennent qu’ils sont des fonctionnaires. Leurs études sont financées par la collectivité, leur rémunération est financée par nos cotisations sociales. Que cela leur plaise ou non, ils font partie du Service Public. A ce titre, ils doivent intégrer les contraintes que cela implique, notamment en terme de qualité de service sur l’ensemble du territoire.

Nouveau Centre
Après avoir copieusement servi la soupe à l’UMP, le Nouveau Centre s’attendait à un coup de pouce pour faire bouillir la marmite ! Les députés du Nouveaux Centres souhaitaient en effet faire adopter une modification de la loi de financement des partis politiques. Aujourd’hui, pour prétendre à un financement public, un parti doit avoir recueilli au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions. Or la Nouveau Centre n’avait pas satisfait ce critère lors des dernières législatives. Pourtant Hervé Morin n’avait pas ménagé ses efforts en présentant aux législatives, sous l’étiquette Nouveau Centre, sa femme, sa fille, son gendre, son chauffeur, …le beau-frère de son cousin, le cousin de son beau-frère…Un peu plus et Hervé Morin, propriétaire de chevaux, se serait pris pour l’empereur romain Caligula qui voulait nommer son cheval sénateur !
Même les députés UMP se sont rendus compte de l’inconvenance, voire de l’immoralité de cette demande de leurs alliés. La discussion du projet a donc été reportée sine die.
Le Nouveau Centre, ne souhaitait rien d’autre qu’un aménagement rétroactif de la loi pour son propre confort. Quand la médiocrité politique s’allie avec la cupidité…

PP

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13 septembre 2007

Interview du président de la CNAM

Voici quelques extraits de l’interview de Michel Régereau, paru dans La Tribune du 12/09/07. Michel Régereau est président (CFDT) de la Caisse nationale d’assurance maladie et ses propos sortent quelque peu des sentiers battus:
« Il faut s’attaquer aux problèmes d’organisation de notre système de soins, une question qui a été laissée de côté par la réforme Douste-Blazy. Il faut par exemple revoir les règles d’installation des professionnels de santé dans les zones où l’on constate une évolution défavorable de la démographie médicale. J’estime qu’il y aune obligation de service public pour les professions médicales et paramédicales et que l’on ne doit plus laisser une liberté totale d’installation aux soignants. Les incitations financières ne suffisent pas. Il faudrait que les professionnels soient redevables de quelques années à la collectivité, durant lesquelles ils seraient affectés là où il y a des besoins. »
« Les médecins libéraux s’impliquent de moins en moins dans les gardes du soir, de nuit et de week-end. Le volontariat individuel a ses limites lorsqu’il exonère de toute obligation collective. C’est un peu comme si les pompiers pouvaient refuser d’être volontaires pour travailler la nuit. »
« On doit développer la médecine de proximité, autour du médecin traitant, et développer les paiements au forfait, notamment sur les pathologies lourde, à la place des paiements à l’acte. »
« Il est important de développer l’information en direction des assurés :renseigner sur les tarifs des médecins… » (Les dépassements d’honoraires médicaux s’élèvent à 2 milliards d’euros).

Espérons que ces propositions ne resteront pas sans échos…
Il est en effet plus que temps de se rendre compte que les dérives des dépenses de santé ne sont pas le seul fait de la « boulimie » des patients, mais que les professionnels ont aussi une large responsabilité.
Nicolas Sarkozy aurait là une belle occasion de mettre en œuvre sa fameuse « rupture » ! Il semble pour l’instant être plus enclin à s’occuper des « privilèges » des régimes spéciaux de retraite plutôt que de ceux des professions réglementées (médecins, notaires, huissiers…).

PP

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