04 septembre 2008
Rocky

Frédéric Van Roekeghem a 46 ans.
Frédéric Van Roekeghem est polytechnicien
Frédéric Van Roekeghem a été directeur de l'audit du groupe d'assurances AXA
Frédéric Van Roekeghem a été directeur de cabinet du ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy.
Frédéric Van Roekeghem est un « libéral de choc ».
Frédéric Van Roekeghem a été surnommé « Rocky » par ses collègues et subordonnés, en raison vraisemblablement de son sens de la nuance et son approche délicate des problèmes.
Frédéric Van Roekeghem est, depuis le 22 septembre 2004, directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés, c’est-à-dire la « Sécurité sociale ».
Frédéric Van Roekeghem a déjà fait parler de lui en évoquant la possibilité d’arrêter les remboursements des médicaments liés aux maladies de longue durée (ALD).
Sous sa houlette, la Sécu vient de pondre une circulaire autorisant les médecins à porter plainte contre les bénéficiaires de la CMU lorsque ceux-ci ne respectent pas les rendez-vous ou ne prennent pas correctement leur traitement…
C’est vrai, ces crève-la-faim, pour qui se prennent-ils ? On est bien gentil de ne pas les laisser crever la bouche ouverte, mais en plus il leur arrive d’être en retard à leurs rendez-vous !
Il faudrait les foutre au gnouf ! Non, mieux, les euthanasier, ça ferait baisser le taux de pauvreté et allègerait le financement du RSA !
Dans quel pays vivons-nous ? C’est la première fois qu’une circulaire autorise les médecins à porter plainte (le terme est précisé ainsi dans la circulaire) auprès d’un organisme de sécurité sociale, contre certains de ses assurés, sélectionnés selon des critères économiques et sociaux.
Le fait que les bénéficiaires de la CMU se comporteraient « moins bien » que le reste de la population ne repose strictement sur aucune preuve. La « bonne éducation » n’est pas plus l’apanage de ceux qui payent que la « mauvaise » celui de ceux qui ne payent pas pour des motifs économiques et sociaux. Les initiatives du gouvernement de la république et celles de la sécurité sociale, pilier de la solidarité nationale, ne peuvent se fonder sur de tels préjugés idéologiques et malsains.
Bizarrement, il ne vient pas à l’idée de la Sécu de porter plainte contre les médecins qui refusent les soins aux bénéficiaires de la CMU. De même, la Sécu ne se préoccupe pas outre mesure des dépassements d’honoraires qui atteignent des niveaux record.
Paraphrasant Coluche quittant le plateau de l'émission « Droit de réponse » après une sévère prise de bec, je dis à celui qui a eu la brillante idée de cette merveilleuse circulaire : « Monsieur, je vous crache au cul ! »
Ce n’est pas très distingué, j’en conviens, mais ça reflète parfaitement mon sentiment.
PP
17:00 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sécurité sociale, inégalités, pauvreté
03 septembre 2008
Hirsch-mania
A peine de retour de vacances et je suis déjà énervé ! Ca commence bien !
La cause de cet énervement précoce : la véritable Hirsch-mania qui semble avoir saisi les médias !Je ne comprends pas cet engouement autour du haut comissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch. Il semblerait que le RSA soit une invention qui va révolutionner la société française.
Pour rendre compte de sa visite dans un centre social d’insertion, un journal annonçait en première page: « Martin Hirsch chez les RMIstes ».
Pourquoi pas « Tintin chez les pauvres » ou « Oui-oui au pays des assistés » ?
Au risque de passer pour un incorrigible grincheux, je voudrais apporter quelques bémols à cet enthousiasme quasi-général.
« Réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans » est certes un objectif louable, mais le RSA n'est qu'un dispositif tronqué et sous-financé qui n'aura qu'un impact marginal sur le taux de pauvreté. Au passage, le gouvernement a inventé un nouvel indicateur pour mesurer le taux de pauvreté. Cet indicateur appelé « taux de pauvreté ancrée dans le temps » a l’immense avantage de baisser mécaniquement…
En fait le RSA ne sera qu'une subvention aux petits boulots (le bénéfice est maximal pour une reprise d'emploi à tiers temps!) qui sont plus des impasses que des tremplins! Sur les 12400 ménages qui bénéficient du RSA à titre expérimental, seuls 18% sont en CDI ou en CDD de plus de 6 mois. Plus d’un quart sont en intérim et 30% en contrats aidés.
De plus, rien n’est prévu pour les 18-25 ans et les chômeurs non indemnisés (près de la moitié !).
Quant au financement, loin de faire payer les riches comme voudrait le faire croire l’annonce inopinée d’une taxe additionnelle sur les revenus du capital, il pénalisera les bénéficiaires de la PPE et les petits épargnants qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal et ne peuvent pas faire "d'optimisation fiscale" via Monaco ou le Luxembourg.
PP
17:53 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inégalités, pauvreté, RSA
24 juillet 2008
Les inégalités et la pauvreté se stabilisent
« Les inégalités et la pauvreté se stabilisent », pouvait-on lire dans la presse ces jours derniers.
Cela a l’air d’être une bonne nouvelle, non ? Et bien, non !
La France métropolitaine comptait en 2006 13,2% de la population (7,9 millions de personnes) sous le seuil de pauvreté, un taux qui se stabilise depuis 2002 après avoir reculé pendant les années précédentes…
« Ces chiffres confirment la tendance observée depuis 2002 d’une stabilisation des inégalités et de la pauvreté en France, après une baisse régulière » commente l’Insee.
Les 10% les plus aisés disposent d’un revenu d’au moins 33190 € par an (2765 € par mois). Pour cette catégorie, les impôts représentent 18,8% du revenu disponible, contre 20,3% en 2005. Cette baisse résulte pour l’essentiel de la baisse de l’impôt sur le revenu intervenue en 2006.
Qui a dit que la politique économique de la droite n’avait pas de résultats ? Les résultats sont là : en diminuant l’impôt sur le revenu, on prive l’Etat d’une part de ses ressources (d’où affaiblissement des services publics, déficits, dette…) et on favorise le développement des inégalités en réduisant la progressivité de cet impôt.
Au-delà des revenus, il faut également s’intéresser au patrimoine. N’oublions pas également que 10 % des français détiennent 46% du total du patrimoine. Dans ces conditions, l’extension du bouclier fiscal et la réduction des droits de successions ne peuvent que contribuer à favoriser l’avènement d’une société de rentiers… au détriment de la compétitive globale de l’économie française
PP
09:40 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : impôts, fiscalité, pauvreté, bouclier fiscal, inégalités
18 juin 2008
La pauvreté explose en Allemagne
L’Allemagne, pays le plus riche d’Europe, est en train de découvrir avec stupeur l’ampleur d’une pauvreté de masse dont elle se croyait à l’abri. Un rapport officiel vient en effet de révéler que le nombre de pauvres a explosé depuis 1990, le chiffre passant de 12% à 17,3% de la population. Ce sont quelques 7 millions d’habitant qui vivent aujourd’hui de l’aide sociale minimale. Ces statistiques ont pris un tour particulièrement choquant aux yeux des Allemands avec le phénomène des enfants pauvres estimés à 2,5 millions.
Cette explosion de la pauvreté coïncide avec la mise en œuvre des lois Hartz IV (réforme de la protection sociale décidée et mise en œuvre par le chancelier social-démocrate Schröder) et avec l’augmentation de la précarité encouragée par la réforme du marché du travail. C’est aussi la conséquence de la décision prise par la Grande Coalition SPD-CDU de fixer l’âge de la retraite à 67 ans.
Certes, l’Allemagne peut se targuer d’avoir des excédents commerciaux faramineux, mais c’est au prix d’une véritable « congélation » des salaires et d’une dégradation des conditions de vie des citoyens de ce pays. Nicolas Sarkozy qui a dit « admirer les réformes menées dans ce pays » (il avait dit la même chose au Royaume-Uni) devrait y regarder de plus près avant de vouloir importer en France ce « modèle ».
Pourtant au premier trimestre 2008, la croissance est de retour en Allemagne, est-ce donc le signe que, tout de même, ces réformes ont fini par porter leur fruit ? Non, c’est même le contraire qui est en train de se produire. C’est justement parce que, devant le mécontentement grandissant de la population, l’austérité salariale a été levée tant dans le privé que dans le public (les fonctionnaires ont récemment été augmentés de 5%). Conséquence logique, la consommation des ménages est repartie, tirant avec elle la croissance de l’économie. Fallait-il attendre l’explosion de la pauvreté, avec tout ce que cela comporte de souffrances, de frustrations et de tension sociales, pour se rendre compte de l’inefficacité des solutions sociales-libérales type « Blair-Schröder » ?
Fort de cet enseignement, allons-nous persister dans l’erreur des solutions libérales qui font partout la preuve de leur inefficacité, voire de leur contre-productivité ? C’est malheureusement à craindre…
PP
13:44 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : inégalités, pauvreté, Allemagne, Sarkozy
06 juin 2008
L'économie des régions
Pour faire suite à ma note du 20 mai sur l’économie des territoires, voici quelques informations complémentaires issues de l’Observatoires des inégalités (www.inegalites.fr).
Les inégalités régionales de revenus

L’Ile-de-France et son pourtour, L’Alsace Lorraine, une partie de Rhône Alpes et des départements de l’Ouest sont les territoires où les revenus sont les plus élevés en France...
Les régions françaises où le niveau de vie médian (la moitié touche moins, l’autre moitié davantage) est le plus élevé sont l’Ile-de-France et de son pourtour, la région Centre, la Normandie, auxquels il faut ajouter notamment l’Alsace Lorraine, une partie de Rhône-Alpes, ainsi que des départements de l’ouest.
Il s’agit des zones qui ont le mieux profité de l’essor des services et subi un choc relativement moindre avec la désindustrialisation. Fréquemment des territoires où le niveau de chômage est le plus faible. On remarque les départements pourvus d’une métropole active à université, cadres et technologies avancées (Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse ainsi que Dijon et Tours par exemple)
Les régions où le revenu médian est le plus faible se situent essentiellement au Nord et au Sud de la France. Pour partie du fait des conséquences du déclin industriel, mais aussi, dans certains départements ruraux du sud-ouest et du Massif central notamment, d’un faible développement de l’emploi en général. Une partie de ces territoires ont aussi de fortes charges de retraités (moitié méridionale du pays), qui contribuent à tirer les revenus vers le bas.
Une pauvreté inégalement répartie

La pauvreté varie en France selon les départements de 6% à près de 19%. Elle est plus forte au nord et au sud de la France.
La pauvreté touche plus particulièrement les départements du nord et ceux de l’extrême sud de la France où l’on compte entre 15 % et 19 % de pauvres*. L’Ile-de-France, l’Alsace, la Savoie et la Haute-Savoie ont un taux inférieur à la moyenne nationale (de 6% à 9,5 %).
La pauvreté ne concerne pas les mêmes catégories de la population suivant les territoires. Dans le Nord, la pauvreté se concentre d’abord dans les grandes agglomérations. Dans les zones urbaines, les familles nombreuses sont les plus touchées, en Languedoc-Roussillon et en Corse, ce sont plus souvent des familles monoparentales. En Aveyron, Lozère, Cantal, Creuse ou Gers, où le taux de pauvreté est proche de 13 %, les zones rurales sont les plus marquées et ce sont le plus souvent les personnes âgées, et non les actifs, qui vivent sous le seuil de pauvreté.
* Avec un seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu médian. Le revenu médian est celui qui sépare les ménages en deux, la moitié étant située au-dessus, l’autre au-dessous.
09:30 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inégalités, pauvreté
29 mai 2007
Qui ne travaille pas ne mangera pas
Extrait d’un article de Denis Clerc intitulé « Quelle protection sociale en économie mondialisée ? », paru dans la revue L’Economie politique (n°34 – Avril 2007 – p 37 et suivantes)
La contrainte du workfare est visible. Celle de l'incitation l'est moins, c'est son avantage. Elle consiste, chacun l'a compris, à assurer une aide sociale si faible que, pour ne pas mourir de faim, n'importe quel emploi est désirable. Elle est recommandée par l'OCDE et appliquée (plus ou moins discrètement) dans à peu près tous les pays, mais avec une insistance particulière dans les pays anglo-saxons (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Irlande). Elle consiste à créer un écart important entre les revenus issus de l'aide sociale et ceux issus de l'emploi, de sorte que les personnes concernées soient incitées à retourner à l'emploi. Comme, en règle générale, les mêmes pays pratiquent un salaire minimum faible, voire très faible, cela implique un niveau d'aide sociale extrêmement faible: absence ou faiblesse des aides au logement, absence ou faiblesse des aides à la famille, absence ou faiblesse des minima sociaux. L'incitation en question relève donc de la faim qui fait sortir le loup du bois.
C'est évidemment ce « modèle» que nombre de libéraux ont en tête lorsqu'ils accusent la politique sociale française de ne pas suffisamment inciter à la recherche d'emploi. Ainsi - un exemple parmi des centaines d'autres - Georges de Ménil estime que « plutôt que de faciliter leur intégration, les minima sociaux dont bénéficient mes personnes qui sont capables de travailler les encouragent à abandonner le marché [du travail] et les enferment dans une trappe de pauvreté». Pour une personne seule, le RMI est aujourd'hui de 440 euros par mois (moins un forfait-logement si la personne est éligible à l'allocation logement ou est propriétaire de son logement). Son attribution s'accompagne en outre de la couverture maladie universelle (CMU), de l'exonération de la taxe d'habitation et de diverses aides locales, très variables d'une agglomération à l'autre. Supposons que le tout représente un équivalent revenu mensuel de 600 euros, ce qui est plutôt une fourchette haute. Travailler au salaire minimum se traduit par un salaire net de 1 000 euros et d'une prime pour l'emploi de 80 euros: l'écart avec le RMI et ses « avantages» annexes est donc conséquent. D'autant plus conséquent que, à ce salaire net, il convient d'ajouter des avantages sociaux dérivés (retraite, chômage, formation, évolution salariale en général plus rapide que celle des minima sociaux) qui, pour être étalés dans le temps, n'en constituent pas moins, sur le long terme, un statut bien supérieur à celui fourni par l'aide sociale. La preuve, si l'on ose dire, c'est que très rares sont les salariés à temps complet (c'est-à-dire toute l'année et à temps plein) payés au Smic qui se retrouvent dans des ménages dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Pour être dans ce cas, il faut avoir une famille nombreuse et un conjoint lui-même sans revenu. Ainsi, le Smic, dès lors qu'il est associé à un emploi à temps complet, met ceux qui le perçoivent à l'abri de la pauvreté.
En réalité, si les libéraux pointent du doigt le niveau « désincitatif» de l'aide sociale, c'est parce que leur référence implicite pour le retour à l'emploi est l'emploi à temps incomplet: soit un temps partiel (il suffit de travailler moins de 25 heures hebdomadaires au Smic pour qu'une personne seule dispose d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté monétaire, lequel est fixé à moitié du revenu médian), soit un emploi temporaire entrecoupé de périodes de chômage même brèves (il suffit de cinq mois de chômage dans l'année pour qu'une personne seule, quand elle est payée au Smic, tombe en dessous du seuil de pauvreté). Or, les emplois qui sont proposés aux allocataires de minima sociaux sont presque toujours des emplois à temps partiel et temporaires. Les emplois aidés - qu'il s'agisse des anciens CI-RMA, des « contrats d'avenir» ou des « contrats d'accompagnement dans l'emploi» - sont presque toujours inférieurs à 25 heures hebdomadaires et sont, par définition, temporaires. De ce fait, il s'agit presque toujours d'emplois paupérisants. Ce qui « désincite » au retour à l'emploi, c'est la qualité médiocre des emplois proposés, ce n'est pas le niveau des aides sociales.
09:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aides sociales, RMI, pauvreté, SMIC, incitations
14 avril 2007
Les bons chiffres...(3/4)
Suite des commentaires sur le dernier ouvrage de Jacques Marseille intitulé « Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007 ».
SMIC, Salaire
D’un côté JM reproche aux allègements de cotisation sociales sur les bas salaires de tirer les rémunérations vers le bas, de l’autre il milite pour une baisse du coût du travail peu qualifié et notamment pour que l’influence du SMIC sur le coût du travail soit « maîtrisée ». Cette apparente schizophrénie masque sans doute son envie de dire qu’il faut baisser le SMIC.
On dirait également qu’il s’émerveille que le pouvoir d’achat d’une heure payée au salaire minimum aux Etats-Unis ait baissé depuis les années 60.
JM fait partie de ses libéraux béats qui croient que le SMIC est une entrave au bon fonctionnement du marché du travail, qu’il remet en cause la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande qui assure mécaniquement le plein emploi. C’est oublier que le travail n’est pas une marchandise comme les autres dont il convient sans cesse de baisser le coût.
Pauvreté
JM s’étonne de la vague « compassionnelle qui submerge la France », alors que le taux de pauvreté (fraction de la population gagnant moins de 50% du revenu médian) est passé de 12 % en 1970 à 6,3% en 2003. Cette baisse est certes significative, mais le taux de pauvreté ne baisse quasiment plus depuis 1990, soit presque 20 ans de « surplace ». De plus, cette analyse ne tient compte que du niveau du revenu et pas du pouvoir d’achat, ce qui pourrait encore assombrir le tableau…
Inégalités
« Alors que les Français ont le sentiment que les inégalités se sont accrues au cours des vingt dernières années, toutes les statistiques démontrent le contraire. » A l’appui de ses propos, JM nous propose de nous intéresser au rapport entre les revenus des 10 % les mieux payés et ceux des 10 % les moins payés. Ce ratio, de l’ordre de 3, est relativement constant depuis 1975, ce qui tendrait à prouver qu’il n’y a pas de dérive entre les mieux lotis des Français et les autres.
Ces statistiques ne s’intéressent qu’aux seuls salariés à temps complet. Cela ne permet pas de prendre en compte les inégalités dues au travail à temps partiel, en forte augmentation depuis les années 1990.
De plus, s’intéresser aux 10 % « les plus riches » n’est pas forcément assez précis (pour faire partie de ces 10 %, il faut gagner environ 3000 € par mois), il faudra peut-être s’intéresser aux 1%, voire aux 0,5% les plus riches.
Il faudrait également, dans la mesure des inégalités, intégrer les revenus du patrimoine, les stocks options… De même, selon que l’on soit propriétaire ou locataire, la situation n’est pas tout à fait la même.
Grève
Alors qu’on nous serine que la France serait un pays bloqué par la rigidité se syndicats, capables de « prendre en otage » la population, il se trouve que le nombre de jours de grèves est de 37 par an pour 1000 habitants. Contre 218 … au Danemark.
Le fameux « modèle danois » s’accompagne donc d’une forte conflictualité. Cette forte conflictualité permet vraisemblablement de contrebalancer la grande flexibilité du marché du travail et de permettre ainsi aux salariés de faire valoir leur pouvoir de négociation. Il est bon de rappeler que le taux de syndicalisation dans les pays scandinaves est de l’ordre de 80 %.
Tenter de dupliquer un tel modèle en France, où le taux de syndicalisation est de l’ordre de 8%, risque fort de transformer la « flex-sécurité » en « flex-flexibilité ».
PME
« Sept ans après leur création, les entreprises françaises ne parviennent à accroître leurs effectifs que de 7% en moyenne, contre 22% en Allemagne et… 126% aux Etats-Unis. »
Plutôt que de voir dans ses chiffres une nouvelle justification de la baisse des cotisations sociales, il faudrait peut-être s’intéresser aux mécanismes de soutien aux entreprises mis en place dans ces pays. Aux Etats-Unis (le soi-disant pays du libéralisme à l’état pur) , par exemple, 23 % des marchés publics sont réservés aux PME…américaines.
La loi permettant de créer une entreprise avec un capital de 1 € (grâce à une loi initiée par le gouvernement Raffarin), n’a vraisemblablement pas favorisé la création de projet pérennes.
PP
14:52 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SMIC, Salaire, Grève, PME, Pauvreté, Inégalités






