29 juin 2008

Xavier Bertrand ne manque pas d'air

Dans l’édition du 29 juin de Midi Libre, Xavier Bertrand fustige la gestion de la région Languedoc Roussillon. Au journaliste qui l’interroge sur la politique de Georges Frêche, il répond : « Vous parlez de cette région qui détient le record (…) de l’explosion des impôts locaux ? (…) Et pourquoi faire ces impôts ? Campagne de promotion, d’autopromotion ».

Nous parlons bien de Xavier Bertrand ? Ce Xavier Bertrand qui fait partie d’un gouvernement qui a dépensé plus de 4 millions d’euros pour financer une campagne de propagande télévisée, destinée à vanter les mérites de sa politique économique ? Malgré ces efforts pathétiques, cette politique économique fait malheureusement la preuve, au fil des jours, de son incohérence et de son inefficacité : chômage qui repart à la hausse, croissance en berne, moral des ménages au plus bas depuis 20 ans, pouvoir d’achat en baisse, explosion du nombre de travailleurs pauvres, balance commerciale largement déficitaire, …
Alors, Mr Bertrand, avant de venir jouer les « porte-flingues » de l’UMP dans notre région, commencez à balayer devant la porte de vos amis du gouvernement !

PP

26 juin 2008

Pub...

De retour après une période un peu chargée…mais il faut bien faire bouillir la marmite de temps en temps ! « Travailler plus pour gagner plus » en quelque sorte. En fait, je viens de terminer la rédaction d’un livre consacré aux tableaux croisés dynamiques d’Excel. Très peu de chances d’obtenir le prix Nobel de littérature ! A paraître aux éditions Micro Application, il sera en vente dans toutes les bonnes librairies dès septembre 2008 ! Bon assez d’auto-promotion… Quoique, je ne suis pas le seul à faire ma publicité. Le gouvernement aussi fait lui-même sa promotion concernant le pouvoir d’achat.

4,3 millions d’euros ont donc été dépensés pour nous convaincre que la politique menée était la bonne et que nous sommes vraiment nuls de n’avoir rien compris.



C’est le retour de la bonne vieille propagande avec de bons français heureux de contribuer au redressement national ! Il aurait fallu supprimer plus tôt la publicité sur les chaînes publiques, cela nous aurait évité de voir ces inepties.
Télé publique, réforme de l’armée, déremboursement des affections de longue durée…pas de répit pour la « modernisation » ! Quelques jours sans suivre l’actualité et l’on est largué par le train des « réformes ». J’essaierai de traiter quelques uns de ces sujets dans les prochains jours, mais revenons au pouvoir d’achat.

Pour ceux qui n’auraient pas été convaincus par les spots publicitaires, le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation a jugé les chiffres de la consommation du mois de mai « encourageants » (+2%, après 2 mois de baisse), car « de manière globale dans une période économique incertaine, les Français continuent de consommer ».
Pourtant, lundi, les enquêtes auprès des directeurs d'achat (PMI) ont montré une contraction de l'activité en France et dans la zone euro en juin, tant dans l'industrie que dans les services.
De plus, l'Insee a annoncé mardi une stagnation de la confiance des industriels en juin, avec un indicateur synthétique du climat des affaires qui est resté stable à 102 - son plus bas niveau depuis décembre 2005 - après une chute de quatre points le mois précédent.
Parallèlement le ministère de l'Ecologie a annoncé une nouvelle et inquiétante chute des mises en chantier, en baisse de 22% sur les trois mois de mars à mai par rapport à la période identique de 2007, qui confirme le retournement du marché immobilier en France.
Selon la plupart des économistes, le rebond de mai est purement conjoncturel et rien ne remet en cause un scénario fondé sur un net ralentissement de l’économie française au 2ème trimestre.
Il va falloir mettre le paquet sur la pub ! La deuxième coupure publicitaire sur les chaînes privées ne sera pas de trop pour diffuser la bonne parole.

PP

20 juin 2008

Croissance, inflation et pouvoir d'achat...

Inflation au plus haut depuis 1991, pouvoir d'achat en stagnation, consommation atone et retournement du marché immobilier: l'économie française va subir un "net coup de frein" en 2008 avec seulement 1,6% de croissance, selon les dernières prévisions de l'Insee.

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Alors que le gouvernement prévoit pour l'instant une croissance comprise entre 1,7% et 2,0% cette année, l'Institut national de la statistique estime qu'après une hausse inattendue de 0,6% au premier trimestre, le PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, ne progresserait plus que de 0,2% au deuxième.
Il stagnerait ensuite (+0,0%) au troisième, avant de rebondir faiblement (+0,2%) les trois derniers mois de l'année.

Un niveau médiocre et de mauvais augure pour la croissance en 2009, que le gouvernement annonce pourtant en légère accélération (entre 1,75% et 2,25%).

La principale responsable est l'inflation, attisée par la hausse des prix du pétrole et produits alimentaires, qui devrait rester supérieure à 3% une bonne partie de l'année avec un pic à 3,6% en juillet.
Elle devrait ensuite progressivement s'assagir, pour une inflation moyenne de 3,2% sur l'ensemble de 2008 (dont environ 1,2 point lié au prix de l'énergie et 1 point lié aux prix alimentaires). Cela suppose toutefois que le baril de pétrole se maintienne autour de 130 dollars.
Dans ses dernières prévisions publiques, le gouvernement français prévoit de son côté une inflation moyenne de 2,2%. Mais avec un baril de Brent à 100 dollars...
Ces prévisions d'inflation seront réévaluées prochainement, a-t-on assuré dans l'entourage de la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
A Bercy, on juge toutefois "assez pessimistes" ces prévisions de croissance et d'inflation de l'Insee, soulignant qu'elles sont inférieures à celles, déjà sévères pour la France, des principales institutions internationales (OCDE, FMI, Commission européenne).

Cette inflation record depuis 1991 "ampute" inévitablement le pouvoir d'achat des Français qui ne progressera que très faiblement tout au long de l'année, prévient l'Insee. Il ne gagnerait au total que 0,9%, contre 3,3% en 2007.
Quant au pouvoir d'achat "par unité de consommation", qui prend mieux en compte les évolutions démographiques de la société, il devrait même stagner (+0%) sur l'ensemble de l'année.

Il s'agit en outre d'une moyenne sur l'ensemble de la population française. Or les carburants et l'alimentation étant les dépenses qui pèsent le plus lourd dans le budget des foyers les plus pauvres, il est vraisemblable que le pouvoir d'achat de ces derniers régressera purement et simplement cette année.

Autant de facteurs négatifs qui vont fatalement peser sur la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance française ces dernières années, explique l'Insee. Déjà mal en point au premier trimestre de l'année, cette consommation restera "atone", et la consommation alimentaire devrait même reculer fortement (-1,1%).

Autre victime de la crise financière et d'une croissance en berne: l'investissement en logement des ménages, qui devrait reculer. Pour l'Insee, le "retournement" de l'immobilier "est désormais engagé en France", même si son ampleur reste encore incertaine.
Dans un environnement mondial moins porteur, le commerce extérieur devrait encore creuser un peu plus son déficit et peser davantage sur la croissance.

13 juin 2008

A vous de juger...

L'émission à laquelle a participé François Fillon ce soir aurait dû s'appeler "L'école des fans"!
Ils étaient tous là, ou presque : Devedjian, Estrosi, Dati, Alliot-Marie, Amara, Hirsch, Kosciusko-Moriset, Woerth, Yade, et bien sûr le grand copain Bertrand, qui n'a pas desseré les mâchoires de la soirée...

Nous pouvons être rassurés : les relations entre le Président et le Premier Ministre sont bonnes, au moins aussi bonnes qu'entre Giscard et Chirac, Mitterrand et Rocard voire De Gaulle et Pompidou sur la fin! Tout va bien !

Comme on pouvait s'y attendre, pas d'annonces nouvelles. L'émission avait sûrement pour objectif de montrer que François Fillon avait plein de copines et de copains.

J'ai noté deux ou trois erreurs:
* Selon François Fillon, plus de 500 000 emplois auraient été créés en 2007. En fait c'est envirion 300 000.

* Selon lui, le pouvoir d'achat aurait augmenté de 0,7% entre 1998 et 2002, la faute bien sûr...aux 35 heures.
Dans un rapport du Sénat datant de décembre 2006, on peut lire que : "Deux phases se succèdent dans l’évolution du pouvoir d’achat des ménages entre 1998 et 2006 : entre 1998 et 2002, le pouvoir d’achat augmente fortement et régulièrement (+ 3,4 % en moyenne par an) ; par la suite, son évolution est plus heurtée."
Il est vrai que le Sénat est connu pour ses tendances bolchéviques...

* Enfin, il s'est selon moi un peu emmêlé les crayons sur l'impact de la TIPP et la TVA sur le prix du carburant. Opposé à François Hollande sur le sujet, il a d'abord dit que la TVA augmentait "exponentiellement" avec le prix du carburant. Proportionnellement, ça suffira!
Ensuite, si l'on regarde la décomposition du prix d'un litre d'essence on a (grosso modo) :
* Carburant : 0,69 €
* TIPP : 0,61 €
* TVA : 0,25 €
* Total : 1,55 €
Certes, la TIPP est fixe et n'augmente pas si le prix du carburant augmente (contrairement à la TVA qui est proportionnelle et s'applique également sur la TIPP). Mais son poids dans le prix total est nettement supérieur à celui de la TVA. Il faudrait que le prix du carburant augmente de...260 % pour que la TVA atteigne le niveau de la TIPP. Donc, si on veut agir rapidement sur le prix du carburant, l'idée de la "TIPP flottante" n'est pas si mauvaise que ça.

Pour finir, il a dit que les socialistes avaient une vision simpliste de l'économie. Il est vrai que "Travailler plus pour gagner plus", c'est d'une finesse rare!

PP

10 juin 2008

Près de 8 salariés sur 10...

Près de 8 salariés sur 10 ne sont pas intéressés par le rachat de leurs jours de RTT (réduction du temps de travail), selon un sondage LH2-Institut de l'entreprise, publié mardi dans "Les Echos" (réalisé les 16-17 mai et 30-31 mai par téléphone, auprès de 992 salariés).

A la question "cette année, pensez-vous vous faire racheter par votre entreprise des jours de RTT?", 79% des salariés répondent 'non', 11% 'oui', et 10% ne se prononcent pas.

Pour les tranches d'âges de 25 à 34 ans et 35 à 49 ans, le 'non' atteint 82%, tandis que les 18 à 24 ans répondent 'oui' à 24% (et 66% non).

Les employés, les cadres et professions intellectuelle supérieures sont majoritairement réticents au rachat de RTT (81%), tandis que les artisans, commerçants et chefs d'entreprise plus partagés sur le sujet (48% refusent et 36% acceptent le rachat de RTT).

A bon entendeur...

28 mai 2008

Epargnez-nous ça!!

L’omniprésident est de retour ! Désormais, toutes les semaines, une solution miracle !
Cette semaine, c’est l’intéressement et la participation (ou épargne salariale) qui vont résoudre le problème du pouvoir d’achat !
Rappelons que l’intéressement consiste (schématiquement) en un complément de rémunération variable et lié aux performances de l’entreprise. Il est mis en place par accord d’entreprise, n’est pas soumis à cotisations sociales et doit rester bloqué au moins cinq ans pour permettre à son bénéficiaire d’avoir droit à des exonérations fiscales.
La participation suit à peu près le même fonctionnement, à ceci près qu’elle obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Pour l’anecdote, elle a été instaurée à l’initiative du général De Gaulle.
Nicolas Sarkozy veut rendre l’intéressement obligatoire dans les entreprises et autoriser le déblocage « immédiat » de l’épargne salariale bloquée.

Selon une étude de l’Insee datant de 2002, si 45% de l’ensemble des salariés bénéficiaient d’épargne salariale ils n’étaient que… 9% des salariés dans les entreprises de 10 à 49 salariés.
Sans surprise, les cadres en bénéficient plus que les ouvriers et les CDI plus que les CDD !
Toujours en 2002, la participation et l’intéressement représentaient en moyenne 3,1% du total de la rémunération (0,7% dans les entreprises de moins de 50 salariés).

En 2004, la moitié des salariés bénéficiaires d’épargne salariale détenaient moins de 1800 €. Les 10% les moins bien lotis disposaient de moins de 300 € alors les 10% les mieux pourvus disposaient de plus de 14200 €.
Les sommes sont plus élevées pour les cadres – et de façon moins accentuée pour les professions intermédiaires – que pour les employés et les ouvriers. Dans le cas de l'intéressement, par exemple, l'accord qui institue son mécanisme dans l'entreprise peut prévoir que la répartition entre les salariés est uniforme, ou proportionnelle aux salaires, ou proportionnelle à la durée de présence, ou encore mixte. Dans la pratique, la forme proportionnelle est la plus répandue.

Que peut-on conclure de ces quelques données ? Que, pour la plupart des salariés concernés, ce n’est pas forcément le Pérou ! Ensuite que les inégalités sont fortes entre cadres et ouvriers, CDI et CDD, salariés des petites et grandes entreprises.
Les incitations projetées (réductions d’impôts sur les sociétés) seront-elles suffisantes pour faire rapidement converger les situations ? On peut en douter.
De plus, débloquer de l’épargne est, par définition, un « fusil à un seul coup » ! Une fois cet argent dépensé, que faire ? Le problème restera entier…

Jusqu’à présent, l’intéressement était un complément de rémunération à destination des salariés des plus grandes entreprises, la « cerise sur le gâteau » en quelque sorte. Demain, sa généralisation dans les PME ne constitue-t-elle pas une étape supplémentaire vers des rémunérations toujours plus fluctuantes et instables ? En effet, tout comme les heures supplémentaires, l’intéressement est très largement aléatoire.

Enfin, l’épargne salariale bloquée (notamment la participation) avait pour vocation de financer des investissements sur le long terme. Or, la France a besoin d’épargne de long terme pour l’avenir de sa croissance et de l’emploi.

Une fois de plus, la solution proposée, sous ses allures de panacée, va à l’encontre du bon sens, de l’intérêt des salariés, et privilégie le très court terme au détriment de l’avenir de l’économie.

PP

26 mai 2008

Montres suisses et haute couture

4032f9328021240df770c13eafc74973.jpgOn le sait, Nicolas Sarkozy apprécie les montres suisses. Mais qu'apprécie-t-il le plus : leur apparence flatteuse ou leur précision ?
A en juger par ses derniers propos sur les dockers, on peut penser que la précision est, somme toute, secondaire pour lui.
En effet, lors de sa conférence de presse du 20/05/08 dans le Loiret, il n'a pas hésité à tenir les propos suivants:
"Que voulez vous que je vous dise? Les dockers d'Anvers et Barcelone travaillent 4000 heures/an et les dockers de Marseille 2000 heures/an".
Il entendait ainsi justifier ses projets de "réformes" du secteur. Avec de tels écarts, il est manifestement impossible pour nos dockers de rivaliser avec leurs homologues étrangers.
Sauf que...le moindre apprenti horloger serait en mesure de faire le calcul suivant : dans une année, il y a 52 semaines (même Nicolas Sarkozy ne peut changer ça!), en supposant que nos dockers anversois ou barcelonais prennent 4 semaines de congés, il leur reste 48 semaines de travail, à raison de 6 jours par semaine, cela fait 48x6=288 jours. Donc, selon Nicolas Sarkozy, ils travaillent... plus de 13 heures par jour.
C'est à peu près ce qui se passait au début du 19ème siècle...

On le sait, Rachida Dati apprécie la haute couture. Elle pousse la passion jusqu'à nous broder un magnifique tissu de perles (16/05/2008 en réponse à l'AFP) :
"Il y a, je crois, à peine 6% des établissements qui seraient en surpopulation".
En fait c'est...63 %

PP

03 avril 2008

Crise? Quelle crise?

Si certains d’entre vous sont inquiets à l’évocation d’un « plan de rigueur », sachez que pour d’autres la « rigueur » n’est pas à l’ordre du jour.Qui sont ces heureux élus ? Les actionnaires des entreprises du CAC 40.
En 2007, sur les 100 milliards d’€ de bénéfices réalisés par ces 40 entreprises, environ 57 milliards ont été « rendus » aux actionnaires que ce soit sous forme de dividendes (pour environ 38 milliards) ou de rachat d’actions (pour environ 19 milliards).
Alors que les dividendes n’ont progressé « que » de 21%, le montant des rachats d’actions a été multiplié par près de 2,5 entre 2006 et 2007.
Arcelor Mittal, BNP Paribas, Axa, Sanofi Aventis, Total, Société Générale, Accor et Suez ont réalisé près des trois quarts du montant total des rachats d’action.
Par exemple, Accor a racheté en 2007 pour 8.5% de son capital soit 1,24 milliards d’€.

Quelques chiffres (Dividendes + Rachats d’action)
* Total : 6 milliards d’€
* BNP Paribas : 5 milliards d’€
* Axa : 4,3 milliards d’€
* Sanofi Aventis : 4 milliards d’€
* Mittal Arcelor : 3,8 milliards d’€

Le rachat d’action consiste, pour une entreprise cotée, à racheter ses propres actions. Les conséquences sont, en règle générale, une hausse du cours (moins d’actions sont en circulation) et une hausse des dividendes par action (les dividendes sont à partager entre un nombre plus restreint d’actionnaires).
C’est aussi un aveu d’impuissance, puisque cela signifie que l’entreprise n’a rien de mieux à faire avec son argent (investir, par exemple !). Ainsi en 1975, l’investissement net (une fois décompté le renouvellement de l’existant) représentait en moyenne 6,5% de la valeur ajoutée, alors qu’en 2005 ce chiffre est tombé à 4,3%.
Cette tendance est-elle tenable à long terme ? La survie du capitalisme est fondée sur l’investissement qui permet de développer la production et donc les profits futurs. L’approche actuelle se résume à une recherche effrénée du profit à court-terme, sans autre but que ce profit lui-même.

PP

20 février 2008

Actualité

Vous l’aurez constaté, la mise à jour de ce blog est assez aléatoire ces temps-ci…
En ce moment, je suis pas mal occupé avec la campagne des municipales.
J’ai laissé un peu de côté les questions économiques et politiques nationales pour me concentrer sur les finances locales, le plan local d’urbanisme, les problématiques d’assainissement, de logement… Quoiqu’il en soit, c’est vraiment une expérience passionnante et enrichissante…

Pour autant, je ne suis pas devenu complètement hermétique à l’actualité. Je vous livre, un peu en vrac, les points qui ont retenu mon attention ces derniers jours :

Ségolène Royal, François Bayrou et Dominique de Villepin ont signé (aves d’autres) l’appel à la « vigilance républicaine » (face aux dérives sarkoziennes) lancée par le magazine Marianne. Je ne serais pas surpris si ces trois-là nous lançait d’ici quelque temps une sorte de «grosse koalition » à l’allemande.

Les revendications sur les salaires se multiplient : dans la grande distribution, ça n’a rien de surprenant. En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est que l’on assiste à des mouvements dans des entreprises comme L’Oréal et même je crois chez un grand assureur (Axa ?).
En 2008, les entreprises du CAC 40 vont verser plus de 30 milliards d’€ à leurs actionnaires, soit plus du tiers de leurs bénéfices… Même si l’on nous répète que ces entreprises font « une grande partie de leur bénéfice à l’étranger », elles doivent bien disposer d’une marge de manœuvre pour augmenter leurs salariés en France. D’autant plus que l’argument ne tient pas pour la grande distribution, qui réalise une part importante de ses bénéfices en France…
Que propose les « grands » patrons : généraliser la rémunération variable (intéressement, …). Sous prétexte qu’eux y seraient soumis, il faudrait que l’ensemble des salariés fasse de même. Sauf que…les situations ne sont pas tout à fait les mêmes. En effet, les patrons ont une part de fixe qui s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros, ce qui permet de faire face au quotidien ! Pour pouvoir faire des projets, se projeter dans l’avenir, un salarié a besoin de pouvoir compter sur une rémunération stable et récurrent et non pas sur d’hypothétiques « bonus ».

Alors qu’il a promis des millions d’euros pour le site ArcelorMittal de Gandrange, Nicolas Sarkozy a répondu aux salariés de l’usine Kléber de Toul (eux aussi menacés de licenciement) que « ce n’est pas à l’Etat de se substituer à la direction de l’entreprise ». C’est beau une politique industrielle en marche !!

En ce moment, tout le monde tire sur Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale. Il est vrai que c’est assez croustillant de voir celui qui a pondu des rapports sur la « gouvernance d’entreprises » englué à ce point dans une affaire où les procédures internes de contrôle ont fait preuve d’une inefficacité manifeste (à moins que ce ne soit une volonté délibérée de spéculer)… Il est un autre patron qui sévit depuis des années et dont on ne vante pas assez les mérites : Serge Tchuruk. Entre 2000 et 2007, la valeur de l’action Alcatel a été divisée par 21 et en 2007, cette entreprise a perdu 3,7 milliards d’€.

Christine Lagarde a reconnu ces jours-ci que « l’Europe sera aussi touchée par la crise. » Quelle clairvoyance ! Bientôt, elle va reconnaître qu’il y a eu un choc pétrolier en 1973 !

PP

21 janvier 2008

Flexibilité, Précarité...

La semaine dernière, j’écoutais une émission sur France Inter qui faisait un tour d’Europe des « réformes » du marché du travail. Notamment en Allemagne, en Italie et en Grande-Bretagne…
Dans tous ces pays, les réformes ont consisté à introduire plus de flexibilité. Et partout cela s’est accompagné d’une montée de la précarité. Bien sûr, on peut toujours taxer les journalistes de France Inter d’être d’incorrigibles gauchistes…
En Italie, par exemple, un contrat baptisé « contrat d’objectif » permet d’embaucher un salarié pour réaliser une tâche précise (un nombre de pièces à produire par exemple). Une fois que la tâche est accomplie, hop, dehors.
En Allemagne, du fait du durcissement de l’indemnisation du chômage, les « mini jobs » de 15 heures par semaine se sont largement développés.... Jusqu’à présent, en Allemagne, il n’y avait pas de salaire minimal, si bien que l’on pouvait voir des salaires de l’ordre de 4€ de l’heure dans certains activités (en France, le SMIC est à environ 8,5 € brut / heure)…
En Grande Bretagne, le travail à temps partiel est quasiment devenu la norme…

Là où ça semble à peu près tenir la route, c’est dans les pays scandinaves. Mais, dans ces pays, la partie « sécurité » de la flexsécurité n’est pas un vain mot. Un salarié touche environ 90 % de son dernier salaire (mais le montant maximal est plafonné à un niveau raisonnable pour ne pas favoriser les hauts revenus, contrairement à la France) et peut prétendre à 6 mois de formation pris en charge par l’équivalent des ASSEDIC. Il n’y a pas de secret, il faut y mettre les moyens…

L’émission Capital proposait dimanche un reportage sur les grandes surfaces en Allemagne. Il semblerait que les prix soient plus bas en Allemagne qu’en France, du fait notamment du développement du « hard-discount » (Aldi…). Cela militerait en faveur de la « libération » de la concurrence en France. Sauf que…les grandes surfaces allemandes, notamment les hard-discounter, ont tendance à considérer le personnel comme la variable d’ajustement pour maintenir leur marge : effectifs réduits, intérim, conditions salariales…
Tirer systématiquement les prix vers le bas n’est peut-être pas la solution miracle…

Il faudrait en parler à Roselyne Bachelot, qui veut autoriser la vente libre d’un plus grand nombre de médicaments (non remboursés, bien sûr) afin que la concurrence fasse baisser les prix. Après la « Halle aux chaussures » et la « Halle aux vêtements », la « Halle aux médicaments » ?!

PP

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