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30 octobre 2011

Arnaud Montebourg annonce la création d'un mouvement politique

Au lendemain des Primaires, Arnaud Montebourg annonce la création d'un mouvement politique à partir du mouvement “Des idées et des rêves”.  Dans le Journal de Saône-et-Loire de ce jour, il détaille comment bâtir la Nouvelle France.

Le journal de Saône-et-Loire - mardi 25 octobre
 
Pour Arnaud Montebourg, la bataille des « idées nouvelles pour construire la “Nouvelle France” et la nouvelle gauche » ne fait que commencer.
 

En novembre à Frangy-en-Bresse, vous déclariez votre candidature à la présidence de la République. Après ces primaires qui ont rencontré un succès populaire, quel bilan tirez-vous d’une campagne de plus de dix mois au terme de laquelle vous récoltez 17,2 % des voix ?
J’ai mené une campagne d’idées nouvelles en proposant des solutions qui ont modernisé la gauche et lui ont permis de changer. Grâce à cette campagne, le centre de gravité de la gauche s’est modifié. Les gens se sont portés sur ma candidature pour défendre des causes politiques que personne ne prenait en charge : lutte contre la corruption, contre les dégâts de la mondialisation, mise au pas de la finance, etc. Ces idées sont à présent au cœur de la campagne présidentielle. Je constate qu’Henri Guaino reprend mes idées, que Mélenchon déclare reprendre mon flambeau et que bien d’autres s’approprient les idées que j’ai portées. Je ne peux pas ouvrir un journal ou écouter un édito sans entendre parler de démondialisation ! Pas plus tard que ce matin [hier, NDLR], j’ai croisé le ministre des Affaires étrangères du Venezuela qui s’intéressait à mon travail, à travers mon livre, Votez pour la démondialisation, traduit en espagnol. Ces idées, parce qu’elles apportent des réponses aux problèmes actuels, progressent dans les esprits. Enfin, cette campagne m’a permis de faire connaître notre département, l’action du conseil général de Saône-et-Loire, du travail que j’y mène avec les élus. Cela m’a aussi permis de faire connaître ma personnalité.
 

Comment se sont passées les discussions de l’entre-deux tour avec les deux « impétrants » comme vous les définissez ?
Tout d’abord, personne n’avait gagné à l’issue du premier tour. Si 460 000 électeurs se sont portés sur ma candidature plutôt que sur celles de deux finalistes, il y avait une raison. Je me suis retrouvé en position de demander à François Hollande et Martine Aubry des engagements écrits, via la lettre rendue publique. Je peux dire aujourd’hui que François Hollande est celui qui a le mieux compris ce besoin de complémentarité entre ses idées et les miennes. Il a souhaité fabriquer un tandem de deux personnes aux trajectoires éloignées. Il s’est montré volontaire pour jeter un pont entre nos deux rives. De l’autre côté, dès le soir du premier tour, l’entourage de Martine Aubry faisait savoir qu’elle s’intéressait à mes électeurs mais ne souhaitait pas faire évoluer ses positions. Elle a fait preuve d’une rigidité qui n’a pas arrangé notre rencontre du jeudi matin. Quand on veut être président de la République, on doit être capable d’entendre ce que dit le peuple, en l’occurrence des électeurs qui n’étaient pas un public de militants affidés. Dans sa réponse, François Hollande va beaucoup plus loin que Martine Aubry sur le système bancaire. Il va jusqu’à décider de l’abrogation d’une directive européenne, ce qui est novateur. Ensuite, j’ai laissé chacun libre de ses choix. Quant à moi, je ne me voyais pas taire le mien. Je pense que parmi les électeurs qui avaient voté pour moi, un quart ne s’est pas déplacé au second tour. Pour les autres, ils ont plutôt voté François Hollande et partagé mon choix personnel.
 

Avez-vous convenu d’un accord avec François Hollande, par exemple sur un éventuel poste au gouvernement ?
François Hollande n’a pas eu cette indélicatesse et moi non plus. L’histoire retiendra que celle qui m’a fait connaître ce genre de proposition est Martine Aubry. Mais cela ne m’a pas intéressé. Ce qui m’intéresse, c’est la politique qui sera menée par la gauche ; la question de qui la mènera et avec quelles personnalités passe forcément après.
 

Quelle place allez-vous prendre dans la campagne de François Hollande ?
Je vais faire campagne pour notre candidat tout en continuant de défendre mes idées. C’est ce que j’ai dit samedi lors de la convention d’investiture. Je n’ai pas l’intention d’avoir un rôle précis dans l’équipe de campagne. François Hollande est notre candidat et je suis, en quelque sorte, un de ses ailiers. Je m’exprimerai, quand ce sera nécessaire, pour porter une vision de la gauche nouvelle.
 

Vous voyez-vous comme la garantie, pour la présidentielle, du maintien à gauche de la candidature de François Hollande ?
Ce que je peux dire, c’est que je n’abandonne rien de mon message. C’est ensemble que François Hollande et moi-même avons rendu nos messages compatibles. Samedi, lors de son premier discours de candidat officiellement investi par le Parti socialiste, je l’ai entendu dire qu’il voulait « une Europe ouverte mais pas offerte ». Il a également fait le constat des dégâts provoqués partout par la mondialisation. Il déclare vouloir protéger nos industries qui subissent de plein fouet le dumping social. Je ferai donc, sans réserve, campagne pour François Hollande, comme le feront mes amis politiques.
 

Vous avez beaucoup expliqué, exemples historiques à l’appui, que les favoris des sondages de l’automne n’étaient jamais les vainqueurs du printemps. François Hollande échappera-t-il à la règle ?
D’abord, je note qu’il a employé samedi des mots de prudence à l’égard de ces sondages. Pour qu’il se qualifie au 2 e tour de la présidentielle, il a l’obligation d’être le candidat de tous les peuples de gauche en proposant un discours alternatif qu’il faudra sans doute approfondir.
 

Quels ont été le meilleur et le pire moment de ces dix derniers mois ?
Les meilleurs moments, incontestablement, furent les débats télévisés.
 

Parce que vous avez gagné, à chaque fois, trois points dans les sondages ?
[Sourires]. Parce que cela a été l’occasion, pour tout le monde — y compris moi-même –, de mesurer qu’il n’y avait pas qu’une voix au sein du Parti socialiste et qu’on avait le choix. Beaucoup de gens ont regretté, a posteriori et au vu de mon score final, de n’avoir pas voté pour moi car ils ont découvert que je pouvais gagner. Quant aux pires moments, je crois que c’était en janvier-février, quand nous avons dû, avec mon équipe, nous battre contre le système médiatico-sondagier qui refusait d’accorder du crédit à mes idées. Mais finalement, le succès est venu d’en bas, des gens qui lisaient Votez pour la démondialisation et le prêtaient à leurs amis. Peu à peu, la campagne a décollé grâce aux gens qui se sont retrouvés dans mon discours.
 

Aujourd’hui, quel avenir envisagez-vous pour la « Nouvelle France » que vous avez portée durant la campagne ?
Je vais construire un mouvement politique à partir du mouvement “Des idées et des rêves”. J’ai décidé de bâtir un think tank [réservoir à idées, NDLR] qui organisera la discussion avec les intellectuels qui m’ont apporté leur soutien (Emmanuel Todd, Michel Onfray et beaucoup d’autres). Je vais aussi lancer une université populaire itinérante qui animera ces débats et fera vivre des idées qui ont toute leur place, aujourd’hui, dans le débat public. Je créerai en Saône-et-Loire, une école de formation politique des cadres de la « Nouvelle France ».
 

Comment cette école va-t-elle se concrétiser ?
Il y aura des sessions pour les militants socialistes et ceux des autres partis de gauche de la « Nouvelle France » où ils viendront se former aux idées de demain pour ensuite porter ces propositions dans la société, au sein de leur association, de leur parti, etc. Nous allons également, dans les semaines qui viennent, lancer une revue en ligne pour alimenter ce débat. Il faut comprendre qu’avec la démondialisation, au-delà du score arithmétique des primaires, nous avons remporté une bataille culturelle. Ces idées sont en train de faire le tour du monde et elles vont infléchir beaucoup de choix politiques.
 

Mais avec la crise européenne des dettes souveraines, la démondialisation a-t-elle un avenir ?
Absolument. L’effondrement du système financier va conduire les gouvernements libéraux à prendre des décisions très douloureuses pour leur peuple dans le but injuste de protéger le système financier. C’est la mission de la gauche, au contraire, que de protéger la population en mettant en œuvre des solutions qui fassent payer la facture aux banques responsables de la crise, selon le modèle du pollueur-payeur.
 

Votre score aux primaires aura-t-il une influence sur les rapports de force au sein de la fédération saône-et-loirienne du PS ?
Nous avons une tradition de pluralisme au sein de la fédération et j’y suis attaché. J’ai des opposants dans le parti comme au conseil général, où l’opposition la plus virulente — et pas toujours la plus élégante – vient du Strauss-Kahnien maire d’Autun, Rémy Rebeyrotte. Il est nécessaire de maintenir ce pluralisme. Mais ce qui est sûr, c’est que la fédération sera en pointe sur certains engagements comme le non-cumul des mandats.
 

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13 octobre 2011

Primaires socialistes : 1er tour et après ?

Le premier fait marquant, outre l’importante participation, du premier tour des primaires socialistes est sans conteste le très bon score d’Arnaud Montebourg (17%). Ce que certains ont qualifié de « surprise » n’est que le logique aboutissement d’une démarche originale s’appuyant sur une réflexion structurée et n’hésitant pas à proposer des solutions radicales.

 

Le second fait marquant est le score relativement proche de François Hollande (39%) et Martine Aubry (30%). Nous n’avons donc pas assisté à la « déferlante » Hollande que nous annonçaient les sondages. Cela reflète sans doute la relative proximité idéologique et programmatique des deux favoris. Les électeurs ont vraisemblablement eu des difficultés à distinguer, au-delà des divergences sur la mise en place de telle ou telle mesure technique («contrat de génération» versus « emplois d'avenir »), les réels clivages qui pouvaient les séparer…peut-être parce qu’il n’y en a pas !?

 

Il est d’ailleurs frappant de constater que là où Arnaud Montebourg met en avant ses idées, Martine Aubry met en avant sa détermination, le concept de « gauche dure » (par opposition à la « gauche molle », suivez mon regard !) et François Hollande s’appuie sur sa « normalité et une gravité, une solennité un peu surfaites. Certes, Arnaud Montebourg n’est pas exempt de travers et certains pourront lui reprocher son emphase un peu excessive et ses effets de manches, mais ce que l’on a retenu, ce sont quand même et avant tout ses idées : mise au pas de la finance, démondialisation, capitalisme coopératif et 6ème République…

 

Après avoir soutenu Arnaud Montebourg pendant le 1er tour, j’avoue avoir des difficultés à me prononcer pour l’une ou l’autre des « finalistes ». A cet égard, je trouve intéressante et cohérente la démarche d’Arnaud Montebourg d’écrire une lettre ouverte leur demandant de se prononcer sur trois sujets clés : mise au pas de la finance, encadrement du libre-échange, 6ème République ( Lettre AM.pdf ). Là où un Manuel Valls rentre dans le rang (à la niche !?) dès le soir dur 1er tour, là où une Ségolène Royal se range au vote « utile » (et on eut comprendre que ça a dû lui en coûter…), Arnaud Montebourg ne donne pas de chèque en blanc et demande à ce que ses idées soient prises en compte avant de s’engager. Tout ce que je souhaite, c’est que sa détermination à transformer le système économique et social ne soit pas soluble dans les tractations maroquinières ministérielles….

 

Quoiqu’il en soit, en tant que militant socialiste, il me semble nécessaire qu’il prolonge cette dynamique en présentant une motion lors du prochain Congrès du Parti Socialiste, afin de lui donner un nouveau souffle, de lui permettre d’entrer à nouveau en résonance avec le peuple de gauche. Car le candidat aux primaires a su aborder les vrais problématiques, a su parler DU peuple et AU peuple, de son quotidien, de ses difficultés : la faiblesse des salaires, le chômage, le délitement des services publics,… Mais il a surtout su pointer du doigt les véritables coupables, qui ne sont pas les travailleurs chinois, mais un système financier prédateur, des grandes entreprises qui mettent sous pressions leurs salariés et sous-traitants au bénéfice exclusif d’actionnaires devenus les parasites du système économique. Et il a remis au goût du jour un certaine forme de radicalité dans ses propositions, en s’appuyant notamment sur la souveraineté nationale. Contrairement à ce que rabâchent les commentateurs paresseux, il ne s’agit pas plus de reprendre les idées du Front National que de se « bunkériser » derrière nos frontières, il s’agit au contraire de rendre au peuple français sa pleine souveraineté, aujourd’hui partiellement confisquée par une Europe dont le fonctionnement n’est pas démocratique. Il s’agit de prendre acte que l’espoir de faire avancer les choses par les négociations multilatérales et le consensus est vain et qu’il est temps de prendre des mesures unilatérales, afin de « montrer l’exemple ».

 

Car, comme le souligne l’économiste Jacques Généreux dans son dernier ouvrage (Nous on peut !), « si, réellement, les gouvernements n’ont plus le choix en matière d’impôts, de dépenses publiques et de partage des richesses, s’ils ne peuvent plus que s’adapter aux standards dictés par la compétition internationale, alors le vote des citoyens est parfaitement superflu. Si vraiment l’essentiel de ce qui relève de la souveraineté populaire est en fait déterminé par la pression des marchés et par la volonté des gestionnaires de capitaux, alors la démocratie n’est plus qu’une lubie ».

 

Il serait vain d’attendre l’avènement d’une « démocratie mondiale », voire l’union des « travailleurs de tous les pays » qu’espèrent les internationalistes béats. C’est pourquoi, « la première étape logique dans la reconstruction d’une coopération démocratique entre les peuples européens, comme entre les peuples du monde, consiste à restaurer d’abord toute la souveraineté populaire abolie par la mondialisation du capitalisme, là où elle peut s’exercer dans l’immédiat, c’est-à-dire au niveau national. Si, en effet, ce sont bien les peuples qui maîtrisent la conduite des politiques au niveau national, alors tout processus d’intégration supranationale éventuellement nécessaire se fera uniquement selon des modalités qui étendent la démocratie et promeuvent les biens communs à tous les peuples. (…) Ce défi peut être relevé en suivant le cap d’un nouvel internationalisme fondé sur la coopération des peuples souverains. Mais cela suppose au préalable de faire sauter le verrou de la prétendue impuissance des nations. Cela suppose aussi qu’existe dans le pays une nouvelle force politique à gauche. A défaut, il ne reste en effet que les sociaux-démocrates et les écologistes pour assurer l’alternance au pouvoir avec la droite. Mais c’est une alternance sans alternative politique effective puisque ces forces refusent de rompre unilatéralement avec les normes antidémocratiques instituées, de fait, par la liberté des marchés et, en droit, par les traités européens et des organisations internationales. » (extrait de l’ouvrage de Jacques Généreux cité plus haut).

 

C’est ce qu’Arnaud Montebourg résumait en citant le philosophe allemand Jurgen Habermas : « La mondialisation, c'est l'effondrement du pouvoir d'achat du bulletin de vote ». La démondialisation, c’est donc rendre son pouvoir d’achat au bulletin de vote. Ce n’est pas un concept si ringard ou archaïque que ça…et on peut même espérer qu’il soit promis à bel avenir !


PP

07:59 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primaires, ps, montebourg | | |  Facebook | | |

10 septembre 2011

La 1ère Loi du Président Montebourg : sécurisation de l'économie

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Si je suis élu Président de la République, la première des lois que je demanderai au Parlement d'adopter en urgence sera une grande loi de sécurisation de l'économie qui réduira la dépendance à l'égard de la finance, réduira la dette et reprendra le contrôle du système financier.

 

En voici les principales mesures :

 

1- Prohibition, sous peine de confiscation des avoirs et de perte de licence des établissements bancaires, de toute forme de spéculation par les établissements financiers avec l'argent de leurs clients ;

 

2- Fermeture des filiales des établissements financiers situés dans les paradis fiscaux, avec rapatriement obligatoire des avoirs appartenant aux ressortissants français sur le sol national, avec non opposabilité du secret bancaire ;

 

3- Séparation obligatoire des activités entre banques de dépôts et banques d'investissement ;

 

4- Mise sous tutelle des établissements bancaires exerçant sur le sol national, sans indemnité du trésor public, avec entrée dans le conseil d'administration de représentants du gouvernement, des usagers du crédit entreprises et ménages, et les salariés de la banque ;

 

5- Abrogation des pouvoirs des autorités administratives indépendantes chargées de la surveillance des institutions et des marchés financiers et transmission de leurs pouvoirs au Ministre de l'Economie et des Finances ;

 

6- Création d'une taxe sur les transactions financières de 0,1 % au plan national en cas de non création d'une telle taxe au plan européen, afin d'assurer le remboursement de la part de la dette de la République française constituée dans la crise financière ;

 

7- Obligation d'investir tout ou partie de l'épargne collectée par le système bancaire dans l'économie nationale ou européenne ;

 

8- Salaire maximum fixé par la loi des traders, courtiers et dirigeants des institutions financières.

 

9- Démantèlement des agences de notation en interdisant aux investisseurs institutionnels d'y avoir recours en les contraignant d'évaluer les risques par eux mêmes, et en punissant les conflits d'intérêts dont les agences sont coutumières.

 

10- Création de nouvelles normes comptables européennes aux exigences renforcées définies par la loi.

 

11- Interdiction des rachats d'entreprises par voie de LBO et contrôle par le Gouvernement des OPA sur nos entreprises industrielles en provenance de fonds souverains non européens ;

 

12- Effacement d'une partie du surendettement des particuliers en réduisant d'autorité et drastiquement par la loi les taux d'intérêt usuraires appliqués aux utilisateurs du crédit à la consommation, victimes des abus du système bancaire.

 

Ces mesures de démondialisation financière ont l'attrait à la fois de l'intransigeance, et du réalisme, car il arrive que l'intransigeance devienne le seul moyen réaliste de ne pas aggraver nos malheurs.

 

Etre réaliste aujourd’hui, c’est remettre en cause les préjugés néolibéraux sur lesquels toute une génération de dirigeants a construit sa formation intellectuelle, puis sa pratique gouvernementale.

 

Etre réaliste aujourd'hui, c’est ouvrir les yeux sur les nouveaux phénomènes et les idées nouvelles qui émergent, c’est être attentif aux mouvements profonds qui affectent la science économique, c’est accepter de s’affranchir d’une pensée dominante, naguère «pensée unique », qui nous a conduit à tant d’erreurs.

 

Etre réaliste aujourd’hui, c’est ne plus écarter d’emblée la radicalité dans un monde où l’exceptionnel succède à l’exceptionnel.

 

Je lance un appel aux Français qui m'écoutent : je vous demande un mandat dans ces primaires des 9 et 16 octobre pour me permettre de concrétiser, réaliser, instaurer ces mesures de démondialisation financière. Elles seront utiles pour construire ensemble la nouvelle France, et le futur nouveau monde.


Sur le site Arnaud Montebourg 2012...

12:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primaires, ps, parti socialiste, montebourg | | |  Facebook | | |

27 août 2011

Primaires : soutien à la candidature d'Arnaud Montebourg

logo%2BArnaud%2BMontebourg.pngDans le cadre de la campagne pour les primaires socialistes, j’ai décidé de soutenir la candidature d'Arnaud Montebourg.

 

En effet, je pense que c’est le candidat qui apporte le plus de « sang neuf » dans le débat. Les deux principaux candidats, à savoir Martine Aubry et François Hollande, font quant à eux assaut de rigueur et de « normalité ». François Hollande s’est prononcé ces jours-ci pour un retour du déficit à 3% du PIB dès 2013, approuvé par Martine Aubry. C’est à peu près ce que propose la droite. Il est clair que ces deux là se positionnent dans la lignée des socialistes « bons élèves », bons gestionnaires d’un système qui prend l’eau de toutes parts…

 

Qu’on ne se méprenne pas sur mon propos, je ne crois pas à l’homme providentiel (pas plus qu’à la femme providentielle d’ailleurs). En revanche, je suis sensible aux arguments développés par Arnaud Montebourg, notamment dans ses deux ouvrages (Des idées et des rêves paru fin 2010, et Votez pour la démondialisation paru début 2011 qui reprend en le détaillant un chapitre du premier ouvrage).

 

Tout d’abord, il affiche sa volonté de transformer en profondeur le système. Pour cela, il réaffirme la prépondérance du politique sur l’économie et la finance. Il est favorable à un strict encadrement de la finance qu’il faut, selon lui, « domestiquer ».

 

Contrairement au projet socialiste qui demeure relativement productiviste, il a pris conscience que la croissance économique n’est pas la solution (il s’appuie notamment sur les travaux de Tim Jackson, auteur de « Prospérité sans croissance »). Il ne faut pas continuer à croitre, il faut transformer le système économique, notamment en changeant nos modes de consommation (en privilégiant la location) et de fabrication (la conception des produits devra intégrer le démantèlement et le recyclage, sous peine de pénalités pour les fabricants). Une attention particulière est portée aux plus pauvres, afin qu’ils ne soient pas pénalisés par le renchérissement des prix dû à la prise en compte du coût des atteintes à l’environnement (tarif différencié selon l’usage pour l’eau et l’électricité, taxe carbone progressive, investissement dans les transports en commun…).

 

Son projet repose également sur la remise en mouvement de la société en combattant les rentiers qui pèsent sur l’économie, que ce soient les grands groupes qui asphyxient leurs sous-traitants ou les héritiers qui s’enrichissent en dormant. Il propose de rendre plus progressif l’impôt sur les successions pour éviter la constitution de dynasties de rentiers, et donner sa chance au plus grand nombre. Concernant les rémunérations, il s’agit d’indexer les salaires sur la productivité des entreprises et de supprimer les stock-options qui déconnectent les salaires des dirigeants de la performance « réelle » de l’entreprise.

 

L’accent est mis sur la nécessité d’une base industrielle forte, fondée sur une politique industrielle volontariste. Malgré le développement des services, nous vivons dans un monde toujours plus industriel et de plus en plus dominé par la technique. La « France sans usine » est un leurre. Le renouveau productif s’appuiera sur un plan national de recherche technologique, financé par le redéploiement du crédit impôt recherche aujourd’hui inutilement distribué aux grands groupes qui n’investissent plus sur notre territoire.

 

La transformation du modèle économique passera également par la promotion du capitalisme coopératif, fondé sur un fonctionnement plus démocratique des entreprises. En effet, dans les coopératives, chaque salarié est co-propriétaire de l’entreprise et « un homme = une voix ». Pour cela, un nouveau système bancaire devra investir sur le long terme. Le système bancaire « traditionnel » sera mis sous tutelle, avec notamment la séparation des métiers de banque de dépôt et de banque d’affaires. Un certain nombre de pratiques financières (titrisation, vent à découvert…) seront sévèrement encadrées afin de limiter les risques et de faire reposer les responsabilités sur ceux qui ont effectivement pris le risque.

 

C’est peut-être sur la dette publique que sa position tranche le plus avec les autres candidats. En effet, là où les autres acceptent le fardeau de la dette et reconnaissent implicitement qu’il faudra une cure d’austérité, Arnaud Montebourg pointe l’illégitimité de la dette publique, dans la mesure où elle résulte non pas de l’incurie d’un Etat trop dépensier, mais d’une part de la baisse des recettes publiques dues aux baisses d’impôts et d’autre part de l’obligation faite aux Etats de s’endetter auprès des marchés financiers. Une bonne part de la dette est constituée d’intérêts cumulés, sans eux la dette actuelle serait de 325 milliards, au lieu de 1500 milliards…D’où deux idées phares pour sortir du piège de la dette : monétiser une partie de la dette en la faisant racheter par la BCE et laisser remonter légèrement l’inflation (3% par an permettent de faire baisser la dette de 26% en 10 ans). Des impôts temporaires et ciblés sur les plus riches permettront également de donner de l’air aux finances publiques.

 

Enfin, concernant la mondialisation, il s’oppose au laisser-faire et à la démission qui a caractérisé les classes dirigeantes depuis près de 30 ans. Ces classes dirigeantes européennes ont organisé leur propre impuissance en désarmant progressivement les régulations, qu’elles soient commerciales ou financières. Il en résulte une mise en concurrence inacceptable et délétère entre les systèmes fiscaux et sociaux, au bénéfice des actionnaires des grands groupes mondialisés. Il s’agit donc de remettre de l’ordre dans le système, en taxant les produits qui ne satisfont pas aux standards européen d’exigence en matière sociale et environnementale. Au sein même de l’Europe, il faudra affronter l’Allemagne pour qu’elle rééquilibre son modèle économique vers sa consommation intérieure… Contrairement à la caricature qui est faite du concept de « démondialisation » ainsi proposé, il ne s’agit nullement d’un repli national comme le propose le Front National, mais de réguler les échanges commerciaux notamment entre l’Europe et le reste du monde.

 

 

Pour plus de détails, vous pouvez consulter :

* le diaporama que j’ai construit à partir d’extraits des deux ouvrages cités plus haut (cliquez ici pour y accéder directement :AM_Candidature aux primaires.pdf , ou cliquez sur « Primaires : soutien à la candidature d’Arnaud Montebourg » dans la rubrique Album de ce blog, à droite de l’écran, puis sur Diaporama)

 

* le détail des 100 propositions : AM_100 propositions.doc

 

* le site Des idées et des rêves

 

PP

 

 

 

 

 

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : primaires, ps, gauche, finance, industrie | | |  Facebook | | |

07 juin 2011

Arnaud Montebourg invité de Médiapart

Voici l'intervention d'Arnaud Montebourg lors d'un débat organisé par Mediapart.

 

 

 

Je trouve ses propos intéressants, que ce soit sur la nécessaire réforme de la finance, la mise sous tutelle des banques, la nationalisation des sociétés d'autoroute, la répartition des pouvoirs au sein de l'entreprise, l'inévitable remise à plat des relations avec le "partenaire" allemand...

 

 

Et puis, je lui trouve une verve communicative, un certain souffle, ça change un peu !

 

 

 


Montebourg par Mediapart

09:04 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps | | |  Facebook | | |

31 mai 2011

Montebourg : « François Hollande et Martine Aubry sont solubles dans la mondialisation »

Entretien paru dans Libération du 24 mai 2011

Député et président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg analyse les conséquences pour le PS de « l’affaire DSK », défend sa candidature « définitive » à la primaire du PS contre les candidats du système Hollande et Aubry et détaille son projet de « démondialisation », auquel il consacre un livre (1) qui sort demain.


Que change le forfait de DSK pour le Parti socialiste et pour vous ?

 

Ça ouvre le jeu. Je n’exclus pas, pour ma part, puisque ma candidature est définitive, d’être au deuxième tour de la primaire. L’élimination de Dominique Strauss-Kahn est une affaire judiciaire d’ordre personnel. Elle ne peut pas avoir de conséquences politiques.


Il ne faut pas suspendre la primaire ?

Nous avons à retrouver la confiance avec les Français. La primaire a cet objectif en les associant au choix. Il est hors de question de déconstruire ce que nous avons patiemment construit dans le cadre de ces retrouvailles.


Vous publiez ce livre à un mois du dépôt officiel des candidatures. Est-ce pour relancer votre campagne ?

Je ne suis pas écrivain, je suis un acteur politique. Mon livre est un outil de campagne. Les médias ont le nez sur les sondages, mais les Français se cherchent un avenir, le chemin qu’ils veulent donner à notre pays et la place qu’ils y trouveront. Le débat de la primaire doit être un débat d’orientation. Les derniers événements liés à la crise réclament un renouvellement profond de nos choix. La preuve en est ce qui se passe en Espagne où les socialistes qui accompagnent les marchés sont considérés comme étant inutiles ou identiques à la droite.


Ce que vous appelez le « socialisme d’accompagnement » et que vous combattez…

Je défends la naissance d’un nouveau socialisme parce que la crise est en train de mettre au pas les peuples. Le socialisme de l’ajustement, c’est le socialisme qui conduit à ce qu’on soutienne Christine Lagarde au FMI, c’est-à-dire que sur les orientations politiques, il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche européennes, qui sont favorables à sa candidature. Le FMI de Christine Lagarde c’est le même que le FMI de Dominique Strauss-Kahn, c’est une machine qui se retourne contre les peuples. Préférer les banques aux peuples est une faute politique majeure pour un socialiste.


Qu’est-ce qui vous différencie des autres ?

Les candidatures de François Hollande et de Martine Aubry sont parfaitement légitimes, parfaitement logiques et parfaitement identiques. Elles sont solubles dans la mondialisation. Elles ne remettent pas en cause le système. Ce sont des gestionnaires du moindre mal. Ce qui est en train de se passer – la montée du rejet du politique – a un rapport direct avec le fait que les dirigeants, y compris de gauche, ont théorisé leur propre impuissance.


François Hollande dit qu’il veut être un président « normal ». Et vous ?

Un président de réconciliation des Français, un président créatif, innovant et mettant au pouvoir tous ceux qui inventent la nouvelle France. Il faut bâtir la France du XXIe siècle avec les idées qui sont en train de naître dans la société.


Comment êtes-vous arrivé à l’idée que la démondialisation devait être votre axe de campagne, voire celui de la présidentielle ?

C’est une conscience ancienne, des idées qui ont été réveillées plus fortement par la crise de 2008-2009. Il n’y a pas de sortie de crise possible sans renaissance de la politique. Le nouveau socialisme, c’est rendre la politique plus forte que la mondialisation. C’est un chemin plus difficile, plus audacieux, mais indispensable pour éviter des désastres futurs. Moi, je suis candidat à la transformation du système, pas à la gestion du système.


Mais vous prônez le retour au protectionnisme comme Marine Le Pen…

Je combats le protectionnisme de l’extrême droite. Le protectionnisme que je défends est un protectionnisme de progrès. La démondialisation, c’est la préférence à la production sur place plutôt qu’importée, la préférence pour les salaires plutôt que les dividendes et pour l’environnement plutôt que la destruction des ressources naturelles. C’est un protectionnisme vert, social et de progrès.


Le projet du Parti socialiste, qui contient des propositions pour lutter contre la mondialisation, ne vous va pas…

Le projet est un rez-de-chaussée dans lequel tout le monde peut se retrouver. Je propose pour ma part de construire les étages de la nouvelle France, notamment sur les questions de démondialisation, de capitalisme coopératif, de VIe République, de mise sous tutelle du système capitaliste et bancaire. C’est le minimum de ce qu’il faudrait imaginer pour reprendre la main sur l’économie avant que celle-ci nous esclavagise. Aucune proposition du PS ne va dans le sens de mettre une bride sur le cheval de la finance devenu fou.


Les socialistes pourront vous reprocher d’avoir gardé sous le coude vos propositions au détriment du projet collectif…

J’ai défendu depuis dix ans la fin des paradis fiscaux, la VIe République… J’ai proposé tout cela sous forme d’amendements qui ont été aimablement rejetés. On ne peut pas considérer que le débat n’a pas eu lieu. Il a été rétréci mais il a eu lieu. Ma stratégie est une stratégie de construction de l’après. Je suis le candidat du renouvellement des idées et des hommes.


On voit mieux vos idées aujourd’hui mais qu’en est-il des hommes ?

Ce sont tous ceux qui commencent à rejoindre ma candidature, dont vous entendrez parler bientôt, et qui ne sont pas les habituels barons du PS.


C’est encore une critique en creux de François Hollande et de Martine Aubry…

J’ai envie de dire que ce sont les mêmes qu’il y a dix ans. Ce sont ceux qui nous ont fait perdre en 2002, qui avaient déjà rédigé le projet à cette époque, qui sont candidats en 2012. Par ailleurs, je considère être le meilleur rassembleur de toutes les gauches. Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il ne serait pas candidat si j’étais le candidat du PS, Jean-Pierre Chevènement a dit qu’il voterait pour moi s’il votait aux primaires. Nicolas Hulot a déclaré que j’étais le meilleur candidat écologiste et Christiane Taubira est dans mon comité de soutien. Donc quand vous me dites « avec qui ? », je vous réponds : moins de barons, plus de personnalités. Je considère que ma candidature rassemble au-delà des appareils et du vieil appareil du PS.


Dans votre livre, vous faites le procès des politiques qui ont baissé les bras. Pourquoi vous, vous y arriveriez mieux ?

On peut considérer que la conflictualité n’est pas nécessaire, qu’il faut se couler dans un moule qui n’est pas le nôtre. A accepter cela, le PS disparaîtra. Ma position, c’est que la politique doit être plus forte. Donc la question, c’est la quantité à mettre dans la seringue de l’action politique. C’est le sens de ma candidature.


Propos recueillis par Laure Bretton

Libération, 24 mai 2011

(1) « Votez pour la démondialisation ! », Flammarion. 92 pp., 2 euros.

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29 mai 2011

Une critique du projet du Parti Socialiste (2/2)

Par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales)

 

Article paru dans Marianne

 


4 - Pour l’emploi des jeunes, nous créerons 300 000 « emplois d’avenir » dans les domaines de l’innovation environnementale et sociale.



Cette mesure est soit incohérente, soit mensongère.

En effet, ou bien il s’agit de créations d’emplois stables avec un réel contenu, et leur création ne saurait être « décrétée ». Seule, une forte croissance des secteurs innovants et de l’industrie est en mesure de créer de tels emplois, et ceci nous renvoie à la mise en place d’une politique de réindustrialisation. Dès lors, dire que l’on va créer 300 000 emplois sans préciser l’ampleur ni la direction de l’effort de réindustrialisation est parfaitement incohérent. Notons d’ailleurs que, pour être précis, il faudrait ajouter qu’il s’agit d’une création nette d’emploi, pour que ces créations ne soient compensées par autant de destructions.


Ou bien il s’agit en réalité d’emplois aidés, bref de la mouture 2012 des trop fameux « emplois jeunes » de 1997. Ces emplois ne pourront être créés que dans les services, et ils devront être massivement subventionnés, sans réelle perspective de stabilité. Dans ce cas, cette annonce est mensongère.



Non que la question de l’emploi ne soit primordiale, et celle de l’emploi des jeunes est particulièrement urgente à régler. Il faut savoir que plus de cent mille jeunes de plus arriveront sur le marché du travail tous les ans dans les prochaines années. C’est d’ailleurs la différence principale et massive avec l’Allemagne, et cela explique pourquoi nous ne pouvons avoir la même politique économique que celles de nos voisins d’outre-rhin (2).
Mais, le contenu de l’emploi est aussi important.



Pour l’instant, avec la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon, nous nous dirigeons au mieux vers des créations d’emplois qui seront faites massivement dans les services à la personne. Il s’agit d’emplois qui ne seront guère rémunérés au-delà du SMIC, et l’on comprend alors les attaques du gouvernement pour faire baisser le SMIC et les minima sociaux.
Si l’on veut créer des emplois mieux payés, il faut avoir conscience que cela implique un développement de l’industrie, cette dernière tractant alors un secteur des services aux entreprises dont un certain nombre sont mieux payés que les services à la personne. En fait, le choix de la réindustrialisation du pays est un choix social avant même que d’être un choix économique.


C’est cela qu’oublie le projet du PS démontrant, une nouvelle fois, tout l’écart qu’il y a entre ses promesses et la réalité.



5 - Pour protéger les salariés, nous créerons une sécurité sociale professionnelle, matérialisée par un compte temps-formation, permettant à chacun de reprendre des études, de réaliser un projet personnel, de s’occuper de sa famille et de choisir les modalités de son départ en retraite. Nous dissuaderons les licenciements boursiers par des pénalités financières pour les entreprises qui en même temps versent des dividendes à leurs actionnaires.



Le cinquième point comporte deux propositions qui ne sont pas logiquement liées.
La première, celle du compte-formation, est indiscutablement une bonne chose. Encore faut-il savoir comment elle sera financée. Elle devrait impliquer, mais, sur ce point, le projet du PS est muet comme une carpe, que les années d’études au-delà de 18 ans puissent être prises en compte dans le calcul des annuités nécessaires pour la retraite.
Le second point constitue en réalité un bel exercice d’hypocrisie. On affirme ainsi vouloir « dissuader » les licenciements boursiers. En fait, soit on les pénalise et on les rend impossibles ou à tout le moins extrêmement coûteux pour les entreprises, soit on ne touche pas à cette question. Mais, si on le fait, alors les entreprises feront disparaître leurs dividendes par les moyens d’évasions fiscales déjà cités comme un endettement fictif extrêmement important qui aboutira à verser aux actionnaires non des dividendes mais des intérêts.

En fait, par cette mesure, le PS drague de manière parfaitement éhontée, mais aussi parfaitement inconséquente, l’extrême gauche.

 
Le problème des licenciements boursiers n’est pas séparable de celui de la financiarisation de l’économie. C’est à cette dernière qu’il faut mettre un terme si l’on veut en finir avec les licenciements boursiers. En effet soit il faut porter atteinte aux droits de propriété des actionnaires (ce qui est possible, mais peut nous entraîner très loin dans la refonte de l’économie) soit il faut créer les conditions d’une forte croissance susceptible d’entraîner des créations massives d’emploi. Autrement dit, ce sont les institutions qui ont conduit à la mise en place du chômage de masse, de cette économie que l’on appelle à « basse pression », qu’il faut supprimer.



6 - Pour protéger les intérêts de l’Europe, de ses savoir-faire et de ses salariés dans la mondialisation, pour mieux réguler le commerce, nous agirons pour augmenter les droits de douane sur les produits provenant de pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale.

Voilà une mesure bien timide et présentée bien timidement.


Elle signe, et il faut s’en réjouir, l’abandon formel par le PS du dogme du libre-échange. Mais, si ce parti avait une pensée cohérente en économie, ce n’est pas en point 6 mais bien dans le premier, à égalité avec la definanciarisation, qu’il aurait fallu la présenter. Ceci constitue, une nouvelle fois, une incohérence dans l’articulation des priorités.

Si l’on parle de droits de douane, c’est que l’on reconnaît qu’il y a bien des élasticités prix et que ces dernières sont pertinentes. Ne rions pas, c’est une véritable révolution, un changement de paradigme, pour le PS. Mais si les élasticités prix sont effectivement pertinentes, alors la surévaluation du taux de change de l’Euro l’est aussi. Il faut donc reconnaître le coût que nous supportons avec cette surévaluation, probablement entre 2% et 2,5% de croissance perdue aujourd’hui (3). Et c’est là que tout se complique…



Notons, en attendant, que le projet précise trois facteurs que l’on veut corriger, les normes internationales en matière sociale, en matière sanitaire et environnementale.
La problématique est déjà fausse dans le second point. Si un produit ne satisfait pas aux normes sanitaires, il doit être interdit et non pas taxé. Un État se met en faute vis-à-vis de sa population s’il accepte sur son territoire des produits importés qui ne satisfont pas aux normes sanitaires. Cette évidence a échappé aux rédacteurs du projet du PS…



Si l’on prend le premier point, soit les normes internationales en matière sociale il faut savoir de quoi on parle. S’il s’agit de la question du travail forcé ou du travail des enfants (4) , ici encore c’est à une interdiction de l’importation des produits qui recourent à ces procédés qu’il faut recourir, et non à de simples droits de douane. S’il s’agit de la question de la protection sociale, cette dernière ne peut être abordée sans considérer l’écart de la productivité entre activités entre la France et un autre pays. Dit d’une autre manière, c’est au principe du coût salarial réel (le rapport entre la productivité standardisée et le salaire globale incluant l’ensemble des charges) qu’il faut se référer. Or, le coût salarial réel peut être très différent d’une activité à une autre au sein du même pays, comme j’en ai donné des exemples dans mon dernier livre (5). Il faudrait donc des droits de douane distincts suivant les branches d’activité et les pays, et visant à équilibre le coût salarial réel. Mais, si c’est cela que les rédacteurs du projet du PS ont en tête, pourquoi ne pas le dire clairement ? Quelles sont donc ces pudeurs de vierges effarouchées sur la question du protectionnisme ? Ici encore, on peut craindre devant autant d’incohérence une tentative d’enfumage de l’électeur.

Le troisième point concerne les normes environnementales, dont il est beaucoup question aujourd’hui à partir de la fameuse taxe carbone prélevée à la frontière. Il s’agit d’égaliser le coût de production entre un pays ne respectant pas des règles et un pays qui accepte de s’y soumettre. C’est bien évidemment un point important. Mais, le problème du Protocole de Tokyo se pose. On sait que ce Protocole n’a été signé ni par la Chine ni par les Etats-Unis. Si cela veut dire que l’on va taxer les produits en provenance de ces deux pays (et de quelques autres) je souscris immédiatement à la proposition. Mais, j’ai néanmoins un doute connaissant le passé (et le passif) des négociations menées depuis Bruxelles. En cas de blocage de ces dites négociations, cela voudrait-il dire que le PS adopte l’idée de mesures protectionnistes unilatérale ? On a bien envi de dire « chiche » !



D’une manière générale, la protection des savoirs faire implique de poser simultanément la question des doits de douane et la question du taux de change. Il ne sert à rien de parler de l’une sans l’autre.



7- Pour réduire l’endettement de la France, nous affecterons à la réduction de la dette la moitié des marges financières que nous dégagerons.



Ce septième point est très révélateur.

 
D’une part, il présente l’endettement comme une contrainte, puisqu’il affirme l’objectif de réduire ce dernier. Mais nous ne savons pas s’il s’agit de réduire la dette brute ou le poids de la dette en pourcentage du PIB. Or, les deux propositions ne sont pas équivalentes.
Il y a longtemps Evsey Domar avait démontré que le poids de la dette par rapport au PIB d’un pays dépend en dynamique du taux de croissance de l’économie et du taux auquel cette dette est émise (6). Nous comprenons bien qu’un pays dont la dette atteint 142% au premier trimestre de 2011 comme la Grèce, même si elle bénéficie de taux d’intérêts très bas (3,5%), devrait pour stabiliser le poids de sa dette en pourcentage du PIB dégager, si elle ne fait pas de croissance et ne connaît pas d’inflation pour cette année, un excédent budgétaire de 4,97% (142 x 0,035). Il faudrait que son économie connaisse une croissance nominale de 5% pour obtenir le même résultat avec un équilibre de son budget. Compte tenu d’un déficit qui aujourd’hui est de 9,5% du PIB, c’est une croissance nominale d’environ 15% qu’il lui faudrait connaître en 2011 pour stabiliser le poids de sa dette publique en pourcentage du PIB.

Si, réellement, l’endettement de la France est un problème, alors il faut raisonner sur la totalité des variables, y compris le taux d’inflation, et non pas seulement sur la dépense publique. Admettons que nous puissions retrouver une croissance réelle de 4% par an (soit 1,7% + 2,3% que nous retire la surévaluation de l’Euro). Avec un taux d’inflation de 2,3%, qui est aujourd’hui la moyenne de la zone Euro, nous atteignons une croissance nominale de 6,3%. Dans ce cas, nous pourrions nous permettre un déficit de –3,8% et stabiliser le poids de la dette publique en pourcentage du PIB. Admettons maintenant que le taux d’intérêt sur la dette publique soit ramené à 1% par la combinaison d’avances de la Banque Centrale au Trésor et de mesures obligeant les banques françaises à détenir des titres d’État. Le poids des intérêts tomberait à moins de 1% du PIB par an et nous pourrions nous permettre un déficit de –5,4% sans pour autant voir augmenter le poids de la dette en pourcentage du PIB.

Mais, d’autre part, ce point cache en réalité l’influence qu’exercent les politiques de la zone Euro sur la politique économique de la France. Pourquoi les 82,5% de notre dette (pour 2010) sont-ils plus dramatiques que les 79,5% de dette de l’Allemagne ? Cette question en appelle une autre ; pourquoi avons-nous eu besoin de pratiquer depuis 2002 un déficit budgétaire important ? La réponse est ici fort simple : pour maintenir une croissance qui a été, de 2002 à 2008, supérieure à la croissance de l’Allemagne. C’est d’ailleurs de cette croissance que l’Allemagne a profité pour accroître massivement son excédent commercial par rapport à la France. Ainsi, la croissance française a créé des emplois outre-rhin.


Comment peut-on expliquer ce phénomène alors que, comme on l’a dit au point n°1, la compétitivité calculée de manière standardisée est en France supérieure à celle de l’Allemagne ? Ici encore, la réponse est hélas très simple. Parce que l’Allemagne a pratiqué l’équivalent d’une dévaluation en transférant massivement vers ses ménages une partie des charges payées auparavant par ses entreprises.
Si nous avions fait de même, notre endettement n’aurait pas augmenté, mais l’Europe aurait connu une dépression depuis non pas 2008 mais dès 2003. Autrement dit, l’Allemagne n’a pu pratiquer cette politique que parce que les autres pays se refusaient à l’imiter. En fait, c’est ce que l’on appelle, de la part de l’Allemagne une politique de « cavalier solitaire », et elle montre que c’est bien de l’Allemagne que vient la pratique de non-coopération dans le cadre européen.



Cette question de la dette renvoie ainsi brutalement à tous les non-dits du projet du PS, et en particulier à l’insertion de la France dans la zone Euro. Il aurait été bien plus honnête et bien plus judicieux d’en parler avant. Ce septième point nous révèle que la politique du PS n’est pas libre. Elle accepte comme une contrainte la logique de l’Euro et des institutions européennes, et cette logique est parfaitement contradictoire avec les divers points de son projet.


C’est bien pourquoi on est en droit de penser que ce projet n’est nullement fait pour être appliqué. Sa fonction est de détourner l’attention d’une politique économique implicite qui elle sera révélée quand le candidat du PS sera élu (et s’il est élu), et dont on peut penser qu’elle ne sera guère différente de la politique désastreuse qui est menée aujourd’hui.
Le président George « W » Bush s’était fait élire sur le slogan du « conservatisme compassionnel ». Aujourd’hui, le PS nous propose de fait le social libéralisme compassionnel.

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28 mai 2011

Une critique du projet du Parti Socialiste (1/2)

Par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales)

 

Article paru dans Marianne

 

 

Le projet du PS, divulgué il y a près d’un mois, comporte trente mesures, qui touchent à divers problèmes. Le principal, mais non unique, défaut de ce projet est de présenter un catalogue, sans axe directeur ni priorités. Cependant on peut dégager un bloc essentiellement économique qui traite des principales questions de la politique économique. C’est donc ce bloc que l’on va examiner tout d’abord.



Une première remarque s’impose. Rien n’est dit sur la trajectoire de désindustrialisation que la France a connue depuis de nombreuses années. Tous les problèmes que nous connaissons semblent avoir pris naissance dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Même s’il est exact que l’on a assisté depuis 2003 à une accélération de ces problèmes, leurs racines sont plus profondes. Elles ne sont nullement explicitées, ne serait-ce qu’en une seule phrase, et la raison en est claire : il faudrait que le PS fasse son autocritique sur les politiques antérieures, auxquelles il a été associé et en particulier de 1997 à 2002. À l’évidence, si l’on parle du « droit d’inventaire », on le pratique fort peu au PS.



Tout cela crée un profond malaise. Le programme du PS se donne comme à la fois un programme de gouvernement, mais issu d’un parti qui n’aurait jamais exercé de responsabilités gouvernementales. Or, et j’ai eu l’occasion d’y insister à de multiples reprises, le tournant a été pris dans les années 1983/4. Sans même vouloir remonter jusque-là, les politiques qui ont été menées par des gouvernements socialistes ont lourdement pesé dans la mise en place des contraintes qui aujourd’hui déterminent le cours des choses.



Il convient aussi de noter que ce programme n’anticipe nullement le contexte économique dans lequel il sera question de l’appliquer. Il est clair depuis le printemps 2011 que nous connaîtrons en 2012 une situation économique fortement dégradée par l’accumulation des plans d’austérité rendus nécessaires par la crise de la zone Euro. Ces plans pourraient même être, en partie, appliqués en France. Sur ce point capital, rien n’est dit. Le projet du PS est construit comme si l’Euro ne connaissait pas une crise grave et comme si la position de la France par rapport à la monnaie unique ne soulevait aucune interrogation.
Il s’agit certainement d’un choix, mais l’honnêteté minimale aurait consisté à le mentionner. Or, on ne trouvera rigoureusement rien dans ce projet sur les implications de ce choix. Pourtant, il est évident qu’il risque de remettre brutalement en cause tout ou partie des mesures que contient le projet. Une seconde remarque alors s’impose : le PS a-t-il réellement l’intention d’appliquer ce projet ?



Ne sommes-nous pas en présence d’un texte dont la seule fonction est de jouer le rôle d’un miroir aux alouettes afin attirer l’électeur, et ce alors que la direction du PS sait pertinemment que les choix qu’elle a faits - concernant l’Euro et la construction européennes - vont lui imposer de nouvelles contraintes et vont définir une autre politique économique ?



En d’autres termes ne sommes-nous pas ici en présence d’un projet qui n’a de sens que par l’effet de masque qu’il va jouer par rapport à un autre projet, lui implicite, mais intégrant justement les réalités économiques qui ne sont pas évoquées dans le présent texte ? On le conçoit, ces interrogations sont importantes. Elles éclairent d’une manière assez particulière les contradictions, incohérences et imprécisions que l’on peut trouver dans la partie économique du projet du PS.



1- Pour muscler la compétitivité de la France, nous créerons une Banque publique d’investissement, qui investira dans la recherche et l’innovation, soutiendra les PME-PMI, prendra des participations dans les activités stratégiques et les filières industrielles d’avenir, et dont les moyens seront mobilisés sous la forme de fonds régionaux en co-pilotage avec les régions et leurs élus.

 

La première des mesures proposées dans le Projet porte explicitement sur la compétitivité. Or, la compétitivité de la France, si elle est mesurée de manière standardisée à partir d’une production calculée en parité de pouvoir d’achat et du temps de travail annuel (ce qui n’est pas la compétitivité apparente, qui elle est aussi le fruit de la fiscalité), est en réalité excellente et en réalité supérieure à celle de l’Allemagne. Pourquoi donc a-t-on commencé par là ?



La première hypothèse vient justement de ce que l’on confond la compétitivité exprimée de manière standardisée et la compétitivité apparente et que l’on prend comme indicateur le déficit de la balance commerciale. Il est clair que ce déficit augmente depuis quelques années ce qui indique une baisse de la productivité apparente. Mais alors, la réponse devrait plutôt consister soit en un alignement des mesures fiscales sur celles de nos concurrents soit en une dévaluation nous permettant de conserver une fiscalité cohérente mais de compenser la dévaluation de fait organisée par l’Allemagne il y a quelques années.
La deuxième hypothèse vient de ce que l’on ne veut justement pas parler du conflit commercial qui nous oppose avec certains pays de l’UE (dont l’Allemagne mais aussi certains des « nouveaux entrants ») mais aussi avec des pays hors de l'Union Européenne pratiquant des politiques prédatrices comme la Chine et quelques autres. Mais, c’est une illusion que de croire que l’on peut traiter la question des déséquilibres commerciaux en dehors de tout conflit. Le PS vit dans le monde enchanté des bisounours ! Il en résulte que c’est sur les travailleurs que portera inéluctablement le fardeau de l’ajustement.
La troisième hypothèse est que parler de la productivité évite d’évoquer le problème de la désindustrialisation et son corollaire, un programme de réindustrialisation cohérent.



Le cœur de cette première mesure est la création d’une Banque Publique d’Investissement, qui est une bonne idée, mais qui ne peut ni ne doit être séparée de son contexte : la question du taux de change et celle des nécessaires protections aux frontières. On peut noter ici une incohérence du projet. Au lieu de commencer par une critique des contraintes qui pèsent sur l’économie française et d’en déduire les changements qu’il faudrait apporter au contexte dans lequel nous nous trouvons, il entame sa liste des mesures par la création d’une nouvelle institution. Or, si l’on ne change pas de contexte, il y a fort à parier que cette institution, la Banque Publique d’Investissement se révèlera d’une efficacité très modérée.



Se pose alors la question des fonds dont disposera cette Banque, et sur lesquels rien n’est dit. Il est clair qu’une BPI aurait besoin d’une dotation en capital importante pour faire face de manière utile aux différentes tâches qui lui sont fixées. Est-ce possible sans recourir à la création monétaire ? En réalité, ce qu’organise le projet socialiste, c’est une banque croupion, qui sera structurellement sous-capitalisé et devra se financer sur les marchés financiers. Les taux qu’elle devra servir alors l’empêcheront de faire le travail pour lequel elle a été conçue, et, dans quelques années, il y a aura des « experts » socialistes qui nous expliquerons doctement que c’était une mauvaise idée, une « relique de temps révolus ».



2 - Pour refaire passer l’économie devant la finance et pour réguler le système financier, nous baisserons l’impôt sur les sociétés de 33 % à 20 % pour les entreprises qui réinvestissent intégralement leurs bénéfices et l’augmenterons jusqu’à 40 % pour celles qui privilégient les dividendes des actionnaires ; nous instaurerons au niveau européen une taxe de 0,05 % sur les transactions financières ; nous lutterons pour la suppression des paradis fiscaux ; nous séparerons les activités de dépôt et d’investissement des banques ; nous créerons une agence  de notation publique européenne.



La deuxième mesure emblématique du projet se trompe à deux niveaux. Elle commet une première erreur dans sa place même au sein de l’architecture du projet. Si d’aventure l’idée est bien de definanciariser l’économie française, alors il fallait mettre cette mesure en premier ! Mais elle commet surtout une deuxième – et profonde – erreur en abordant la question de la financiarisation par le biais fiscal, qui est parfaitement illusoire. Une entreprise pourra toujours s’endetter auprès de fonds d’investissements (qui seront contrôlés par certains de ses actionnaires) et payer des intérêts à ces mêmes actionnaires et ce sans être le moins du monde taxée sur ses dividendes. Ici, les « socialistes » affectent d’ignorer que dans le bilan comptable d’une entreprise, les dividendes sont prélevés sur le profit net, une fois toutes les charges payées, et que l’endettement vis-à-vis de fonds d’investissements localisés à l’étranger (si possible dans un paradis fiscal) est une technique courante pour détourner des profits et pratiquer une forme légale de dissimulation fiscale.



Une véritable lutte contre la mainmise de la finance sur l’économie commencerait par des contrôles sur les capitaux de court terme (et non pas une simple taxe financière). Il faut interdire ce qui représente aujourd’hui 95% de la circulation du capital mais qui n’a rigoureusement aucun effet sur la croissance (1).



Il est indiqué « …nous lutterons pour la suppression des paradis fiscaux ». Certes, cela est bien bon, mais comment ? Et si nous sommes isolés sur cette question, que faisons-nous ? Devons nous nous contenter de pleurer sur l’inconséquence des autres pays ? Nous pourrions décider de taxer lourdement les capitaux (à court et long terme) provenant et allant dans ces « paradis ».



De même, la séparation des activités de dépôt et d’investissements des banques, qui est une mesure salutaire, n’est pas précisée. Autrement dit, est-il possible de procéder à cette séparation sans au préalable nationaliser les banques françaises ? Il faut donc poser la question de savoir comment va-t-on procéder. Le Projet va-t-il proposer de racheter les banques, de les exproprier, ou de les mettre sous séquestre avec un administrateur judiciaire ?


 
Enfin, l’idée de créer une « agence de notation publique européenne » pose le problème de savoir à quel niveau sera-t-elle créée (les 27 pays de l’UE ?) et qu’elle en sera les principes. Mais, et surtout, une agence financière ne tire son importance que de la logique des marchés financiers auxquels elle s’adresse. Où est donc la cohérence de vouloir créer une nouvelle agence et de prétendre réduire l’impact de la financiarisation et des marchés financiers ?



Sur ces différents points, on est à la fois dans le flou le plus complet et l’angélisme le plus total. On ne peut lutter de manière efficace contre la financiarisation que par des mesures d’interdictions. Ces dernières doivent limiter drastiquement la place des marchés financiers. Alors, et alors seulement, on pourra se poser le problème de la réglementation prudentielle sur ces marchés résiduels.


Le sentiment qui domine est celui d’un catalogue de mesures qui ne sont là que pour l’effet d’annonce qu’elles sont censées produire mais que le PS n’a nullement l’intention de mettre réellement en œuvre. Si tel avait été son intention nous n’aurions pas ce flou qui n’a rien d’artistique.
La vérité est que ces mesures ne seront jamais mises en œuvre car elles impliqueraient des actions unilatérales de la part du gouvernement français.



On peut donc dire que ces mesures participent d’un effort « d’enfumage », pour utiliser cette expression, de l’électeur, que l’on veut convaincre qu’il va bien voter pour un parti « de gauche ». Mais, en réalité rien n’est prévu pour ne serait qu’un début de concrétisation de ces mesures, sauf peut-être les moins efficaces, celles qui attaquent la financiarisation par le biais fiscal.

3 - Pour que l’Europe puisse avancer, nous proposerons à nos partenaires d’émettre des emprunts européens (eurobonds) afin de financer les investissements du futur (réseaux de transport d’énergie, réseaux numériques, biotechnologies...) et les champions industriels de demain.

 

L’idée d’émettre des Eurobonds est loin d’être mauvaise. Encore faut-il préciser qui va les émettre et dans quelles conditions pourront-ils être rachetés. L’idée avait été formulée, il y a un an de cela, mais en lien avec une modification du statut de la Banque Centrale Européenne, afin que cette dernière puisse racheter ces titres aux banques pour leur fournir une liquidité nécessaire en cas de besoin.



Cependant, ces investissements dans les réseaux de transports se heurtent au fait que les directives européennes ont organisé la dissociation entre les réseaux et les utilisateurs (par exemple entre la SNCF et Réseau Ferré de France ou entre EDF et ERDF). C’est une cause majeure d’inefficience et de mauvaise utilisation des investissements. Il n’y a donc aucun intérêt économique à émettre des Eurobonds pour financer les infrastructures si on ne révise pas ces directives. Là-dessus le Projet est des plus silencieux…
Quant au financement des « champions industriels de demain », force est de constater que, d’une part, cette tâche est déjà celle de la Banque Publique d’Investissement (qui est censée elle être nationale) et d’autre part que tout dépendra des intérêts qu’il faudra payer pour cette émission d’emprunts pour que l’on puisse réellement aider des entreprises émergentes.

Alors que cette question a fait l’objet de travaux divers dans de nombreux centres de recherches et « think tank », le Projet nous en offre une version qui, à nouveau, combine le flou et le manque de réalisme.

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18 mai 2011

"La France de demain" : le peuple de gauche selon Terra Nova

Dans un rapport intitulé « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », la fondation Terra Nova propose de redéfinir le socle électoral de la gauche pour les prochaines élections présidentielles (Le rapport). Selon ce rapport, le socle historique, à savoir la classe ouvrière, se dérobe pour deux raisons : le déclin démographique et la tendance des ouvriers à voter de moins en moins à gauche.

 

Terra Nova propose donc une nouvelle coalition électorale baptisée la « France de demain » et fondée sur quatre catégories : les diplômés, les jeunes, les minorités et les quartiers populaires et les femmes (coalition déjà évoquée en avril 2009 par l’économiste Daniel Cohen dans un article paru dans la revue « L’économie politique » n°42). Cette « France de demain » veut « le changement », elle est « tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive »…N’en jetez plus !

 

On peut d’emblée s’interroger sur la pertinence de la segmentation proposée. En effet, si on additionne l’ensemble des effectifs de ces populations, on compte quatre fois les jeunes femmes diplômées issues des quartiers populaires ! Il y a fort à craindre que la rigueur méthodologique de cette étude s’apparente à la recette du pastis façon Raimu et Pagnol (boisson, au final, composée de …quatre tiers !).

 

Et puis parler des « femmes », des « jeunes », des « diplômés » est illusoire. Comme si les « femmes », les « jeunes », les « diplômés » étaient des ensembles monolithiques avec des intérêts parfaitement alignés.

 

Quoi de commun, en effet, entre une femme de cadre, elle-même cadre, qui a les moyens de se payer une nounou (et bénéficiant d’exonérations fiscales pour cela) et une caissière à mi-temps élevant seule ses deux enfants ?

 

De même, il existe indiscutablement des différences importantes entre les jeunes : les préoccupations d’un fils de cadre supérieur ne sont à l’évidence pas les mêmes que celle d’un fils de chômeur résidant dans une banlieue « difficile ». Les études PISA montrent une grande disparité de résultats selon la catégorie socioprofessionnelle des parentes. La France est l’un des pays où l’origine sociale conditionne le plus la réussite scolaire.

 

Dans ce rapport, les « seniors » sont présentés comme le cœur de l’électorat de droite. Effectivement, lors de la dernière présidentielle, toutes les enquêtes ont fait apparaître un profond clivage générationnel, marqué par des pertes importantes de Ségolène Royal chez les plus âgés. Les plus de 50 ans ne lui ont accordé que 40 % de leurs suffrages au second tour de l'élection présidentielle, contre 60 % à son rival, selon le Cevipof. Chez les plus de 65 ans, elle est tombé à 33 %. Elle a réalisé le score inverse chez les 18-24 ans. Mais ceux-ci forment 15 % de l'électorat, tandis que les plus de 50 ans en constituent 40 %...

 

Il n'est pas simple d'expliquer ce clivage. Les plus âgés sont aussi moins diplômés en moyenne. Faute d'analyses plus approfondies, on ne sait pas dire avec précision quel est le facteur à prendre en compte : est-ce l'âge ou le niveau de diplôme qui fait pencher à droite ? Car le vote selon le niveau de diplôme pourrait aussi s'expliquer en partie par le fait que parmi les sans diplôme, on compte beaucoup plus de personnes âgées.

 

On le voit, ces segmentations façon « marketing-mix » atteignent vite leurs limites. D’autant plus que, de l’aveu même des auteurs du rapport, la coalition proposée « n’est pas majoritaire », ce qui est tout de même un tout petit peu gênant dans l’optique de 2012 !

 

Selon Terra Nova, les classes populaires font partie d’un ensemble baptisé « électorat intermédiaire », constituant un « no man’s land incertain et instable » composé des ouvriers, des employés, des professions intermédiaires et des classes moyennes supérieures. Ca fait beaucoup de monde pour un « no man’s land » ! Et, au fait, une femme employée se comportera-t-elle comme une femme, donc appartenant à la « France de demain » (aaah !) ou comme une employée, donc appartenant au « no man’s land » (oooh !) ?

 

La question a son importance dans la mesure où les auteurs du rapport proposent rien moins que l’abandon délibéré des classes populaires au Front National ! Selon eux, « le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer ». Pourquoi ? Tout simplement parce que le « nouveau FN » se positionne sur le terrain de la protection économique et sociale, à l’instar du Front de Gauche. Terra Nova propose en revanche de s’inscrire dans une « stratégie centrée sur les valeurs » : investissement dans l’avenir, promotion de l’émancipation, acceptation d’une France diverse …Valeurs avec lesquelles les classes populaires ne seraient pas en phase. Outre le côté quelque peu caricatural et méprisant de cette affirmation, on peut s’interroger sur la pertinence de ce positionnement sur les « valeurs » au moment où les préoccupations d’une majorité de français sont la peur du déclassement, du chômage, la montée des inégalités, le coût excessif du logement…Mais tout cela est tellement terre à terre !

 

Plutôt que de chercher à adapter le discours en fonction des attentes supposées de catégories plus ou moins clairement définies, il est préférable de réfléchir à nouveau à un vrai projet de société.

 

Compte tenu de la diversité des conditions de travail, de la flexibilisation des horaires qui contribue à diminuer les temps communs dans l’entreprise, il est devenu difficile de définir les classes sociales sur des critères socio-professionnels. Mais le délitement de la notion de classe sociale résulte aussi d’un discours, en vogue à partir des années 1980, valorisant la « responsabilité individuelle ». Selon cette théorie de la responsabilité individuelle, la situation de chacun est le résultat exclusif de la façon dont il se comporte. Cette vision, partagée par une large frange de dirigeants de « gauche » (Tony Blair en fut l’archétype), remet ainsi en cause la notion fondamentale de solidarité. Or c’est cette notion qui est à la base de la notion de classe sociale. Une classe sociale peut être définie comme un ensemble d’individus qui ont conscience de leurs intérêts communs et qu’ils les défendront mieux s’ils sont unis plutôt qu’en ordre dispersé.

 

Si on se place sur le terrain des réalités sociales, il semble évident que pour les 50% des ménages situés entre les 30% les plus démunis et les 20% les plus aisés et composant les « vraies » classes moyennes (revenu disponible entre 1000 et 2000 € par adulte), une communauté de vision pourrait être trouvée. En effet, quel est leur intérêt commun : un emploi de bonne qualité associé à une rémunération décente, une protection sociale efficace (santé, chômage, vieillesse), un système éducatif qui assure à leurs enfants un avenir meilleur, un logement confortable sans y consacrer plus du quart de son revenu…Bref il doit être possible de faire émerger une « classe moyenne populaire », fondée sur une vision partagée de ses intérêts.

 

De part et d’autres de cette «classe moyenne », les extrêmes ont aujourd’hui tendance à s’éloigner : les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Tout le travail de la gauche devrait être de contribuer à resserrer cet écart. En effet, une société ne peut fonctionner de façon satisfaisante avec des franges de population dont les conditions de vie s’éloignent trop de la moyenne. Les riches, tout d’abord, auront (ont déjà, sans doute) la volonté de s’extraire de la solidarité nationale en s’estimant injustement ponctionnés. La frustration développée par les plus pauvres se traduira soit par une augmentation de la violence sociale, soit par un désintérêt total de leur part vis-à-vis des institutions.

 

La gauche a donc trois majeurs défis à relever :

  • Reconstruire une « vraie » classe moyenne en opposant à l’individualisme la vision d’une communauté d’intérêts
  • Lutter contre la pauvreté en luttant contre les emplois de mauvaise qualité et en mobilisant des moyens pour l’insertion professionnelle des moins « employables »
  • Limiter la croissance des hauts revenus (par la fiscalité, l’action sur les revenus primaires et les patrimoines)

PP

17:53 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : ps, gauche | | |  Facebook | | |

26 avril 2011

Le questionnaire du GPS

Après l’adoption du projet par le Bureau national du PS le 5 avril, tous les dirigeants socialistes se sont félicités de ce travail commun. Il est vrai que le contraste est saisissant avec une UMP dont l’unité de façade se lézarde et qui s’enlise dans des pseudo-débats. Cela dit, il faut modérer l’enthousiasme, car après s’être félicités de ce travail collectif de fond, les candidats aux primaires ou leurs soutiens se sont empressés de dire que ce texte n’était en aucun cas contraignant. Comme le rappelle Pierre Moscovici sur son blog, Martine Aubry elle-même a affirmé que ce texte « n’empêche personne, n’oblige personne ». Interrogé sur France Inter le 5 avril, François Hollande, candidat fraîchement déclaré aux primaires, ne disait pas autre chose en rappelant que les candidats seraient libres de hiérarchiser, d’enrichir le projet voire de surseoir à la mise en œuvre de certaines mesures.


podcast

 

Il semble donc logique, pour éclairer le débat public, d’interroger directement les candidats sur les réponses qu’ils comptent apporter aux préoccupations des Français. C’est de ce constat qu’est née l’idée, au sein du collectif Grand Projet Socialiste (GPS), de bâtir un questionnaire à destination des candidats aux primaires.

 

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Ce collectif, dont j’ai l’honneur de faire partie, a vu le jour au printemps 2010 à l’occasion de la Convention du Parti Socialiste sur « Un Nouveau Modèle Economique, Social et Ecologique », avec le projet de peser sur orientation du projet socialiste. Nos amendements (à lire sur www.grandprojetsocialiste.fr) ont rencontré un vif succès auprès des militants et furent remontés au niveau national dans 17 fédérations. Notre groupe sur la Coopol, la coopérative politique du Parti Socialiste, rassemble plus de mille membres inscrits. Nous comptons dans nos rangs des militants du Parti Socialistes (dont deux conseillers nationaux), mais aussi des membres d’Europe Ecologie - les Verts (dont un des co-animateurs des Etats généraux de l’emploi et de l’écologie) et du Parti de Gauche. Notre ambition est de rassembler au-delà du parti socialiste tous ceux et celles qui souhaitent, à gauche, contribuer à un projet de transformation sociale pour 2012.

 

Chômage, inégalités, logement, services publics, fiscalité, réduction du temps de travail, création monétaire… Nous soumettons aux prétendants à la fonction présidentielle le questionnaire ci-dessous qui leur permettra, à travers 21 questions essentielles, de s'exprimer sur leurs choix politiques et de revenir sur leurs déclarations publiques. Les réponses obtenues des candidats et issues du débat participatif enrichiront l’écriture en cours d’un livre de synthèse. Elles seront mises en perspective par le groupe militant GPS afin que les primaires permettent une confrontation d'idées plutôt que de personnes.

 

 

Questionnaire -BanièreLogo.jpg

 

Crise sociale

Alors que le chômage, la sous-activité, la précarité ou la pauvreté touchent plus de 8 millions de Français, il paraît de plus en plus irréaliste de bâtir des solutions fondées exclusivement sur un hypothétique retour de la croissance. Alors que l’échelle des salaires atteint une amplitude jamais vue jusqu’ici, il est urgent de réfléchir aux notions de « mérite » et « d’utilité sociale » censées légitimer les écarts de rémunérations. Le transfert vers la sphère marchande de l’ensemble des activités humaines a démontré ses limites. Les biens communs doivent échapper à une logique strictement marchande qui ne répond qu’aux besoins des populations solvables économiquement pour que l’on puisse renouer avec la dynamique du vrai progrès initiée après le front populaire.

  1. 1. Quelle est votre principale mesure pour vaincre le chômage de masse ?.
  2. 2. Quelles sont vos propositions pour rééquilibrer la répartition des richesses, pour changer les rapports de force entre salariés, dirigeants, actionnaires et puissance publique, pour réduire les inégalités sociales et salariales ?
  3. 3. Quelles sont vos propositions pour organiser et financer la construction du million de logements manquants et la mise à niveau « basse consommation » du bâti ancien tout en favorisant la mixité sociale et la limitation de l’étalement urbain ?
  4. 4. Quels sont pour vous les services publics existants et à venir auxquels il faudra garantir l’égal accès de tous ? Comment associer pleinement et efficacement les citoyens à leur gestion ?
  5. 5. Quelles sont vos propositions quant à l’organisation et au financement du système de santé ?
  6. 6. Comment transformer la structure et le fonctionnement du service public de l’Education Nationale : pour cesser de reconduire les inégalités sociales, pour garantir à chaque élève, dès son plus jeune âge, la maîtrise d’un socle de connaissances qui lui permette de s’accomplir en sa qualité de citoyen, mais aussi et surtout, pour donner à chacun confiance en ses camarades et en ses capacités à progresser ?
  7. 7. Quelles sont vos propositions pour simplifier les impôts existants, pour renforcer la progressivité en matière de fiscalité sur le revenu des ménages, le patrimoine et les entreprises ?

 

Crise écologique

Sauver la planète de la pollution massive et de l’épuisement des ressources naturelles qu’engendre la civilisation industrielle est un défi majeur que doit relever impérativement le XXIe siècle. Face à un environnement qui se détériore rapidement, nous devons repenser notre modèle de développement. Partout nous devons stopper l’épuisement des sols, la surexploitation des océans encouragée par l’attribution de subventions inappropriées qui contribuent à la perte de la diversité biologique. Un investissement massif dans l’agriculture biologique est indispensable pour sauver les écosystèmes. À l’aide de techniques déjà largement éprouvées, il est possible de commencer à remplacer les énergies actuelles par des énergies renouvelables qui n’épuiseront pas notre planète. Les investissements nécessaires dans la recherche doivent être entrepris.

  1. 8. Quelles sont vos propositions pour développer en France, en Europe et dans le monde, des modes de production, de distribution (agricoles, industriels…) et de recyclage responsables et écologiques ?
  2. 9. Quelles sont vos propositions pour développer les énergies renouvelables ? Quel est, selon vous, l’avenir de l’énergie nucléaire ?

 

Crise économique

Alors que le nombre de « travailleurs pauvres » ne cesse de croître, il est impératif de traiter de la question du lien entre rémunération et partage des gains de productivité. L'Europe de la concurrence et de la finance détruit les systèmes solidaires, met en concurrence les systèmes fiscaux et n’investit pas suffisamment dans l’économie réelle pour satisfaire les besoins sociaux, ruinant la construction d’une Europe sociale.

  1. 10. La croissance du PIB est-elle une solution à la crise économique de nos sociétés industrialisées, une réponse au chômage et à l’injustice sociale ? Est-elle compatible avec la protection de l’environnement ?
  2. 11. Une forte réduction du temps de travail bien organisée et sans perte de salaire n’est-elle pas une nécessité pour combattre le chômage de masse ? Comment dégager le temps nécessaire pour la vie de famille, la formation, les loisirs, l’engagement associatif et politique ?
  3. 12. Quelles mesures l’Europe, ou à défaut la France seule, doit-elle prendre pour financer les investissements publics et les systèmes sociaux et permettre le développement d’une économie sociale et solidaire ?

 

Crise démocratique

La société pâtit aujourd’hui d’un sentiment d’impuissance ressenti au niveau individuel et collectif, et encore aggravé par la crise : les marges de manœuvre sont présentées comme de plus en plus étroites, les contraintes extérieures de plus en plus fortes, le champ des possibles de plus en plus restreint. C’est un minimum de questionner ces « évidences ».

  1. 13. Comment réformer les institutions nationales et locales pour permettre au plus grand nombre de participer activement à la vie politique, pour participer à la vie publique et définir l’intérêt général ?
  2. 14. Quelles sont vos mesures pour garantir l'indépendance de la justice ?
  3. 15. Quelles sont vos propositions pour garantir l'indépendance des médias et le pluralisme de l’information ?
  4. 16. Quelles modalités proposez-vous pour rétablir l’équilibre entre prévention et répression dans le domaine de la sécurité ?
  5. 17. Envisagez-vous d’abroger les lois injustes votées depuis 2002 ? Lesquelles prioritairement ?

 

Crise européenne et mondiale

Alors que les excès d’une finance dérégulée ont conduit à la crise mondiale que nous traversons, il est révoltant de voir que la facture a été transférée aux Etats, engendrant une explosion des déficits budgétaires et des dettes souveraines. Désormais, les « marchés » ont retrouvé leur arrogance : alors qu’ils obtiennent des liquidités à des taux dérisoires auprès de la Banque Centrale Européenne, ils exigent des Etats des taux usuriers et imposent des plans d’austérité conformes à leurs seuls intérêts. Après avoir asservi les entreprises à la logique de la valeur actionnariale, les marchés ont maintenant la clé du financement des États du Nord comme du Sud et de leur (indépendance.

  1. 18. Que ferez-vous pour rétablir l’équilibre Nord-Sud en matière d’accès aux ressources naturelles ? Quelles propositions faites-vous concernant la dette des pays pauvres ?
  2. 19. Quelle politique migratoire envisagez-vous à l’échelle mondiale et européenne ? Pensez-vous que la protection des frontières soit pertinente en matière de régulation des flux migratoires ?
  3. 20. Faut-il mettre en place des critères de convergence au niveau européen, en matière d'harmonisation sociale et fiscale, comme nous l'avons fait sur les monnaies pour créer l'euro ?
  4. 21. Quelles sont vos propositions pour un contrôle des transactions financières qui réponde aux besoins de l'économie réelle et pour redonner à la puissance publique le total contrôle de la création monétaire ?

 

PP

 

Télécharger le dossier de presse >>>> GPS - 21 questions-Dossier de presse.pdf

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