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08 février 2013

L'Observateur des inégalités, n°105, Février 2013

Pourquoi le gouvernement renonce à réformer les impôts

La réforme fiscale n’aura pas lieu. Essayer de comprendre le renoncement du gouvernement permet d’analyser les difficultés de la gauche à rendre l’impôt plus juste et plus efficace. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Nette augmentation de la pauvreté en France, selon Eurostat

Entre 2008 et 2011, le nombre de pauvres a augmenté en France entre 400 000 et un million selon les définitions, d’après les données publiées par Eurostat. Les premières victimes de la crise sont les jeunes et les personnes peu qualifiées.

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L’enseignement professionnel victime de l’académisme à la française

L’enseignement professionnel paie cher la survalorisation des disciplines académiques et la dévalorisation des savoirs appliqués au sein du système éducatif français. L’opinion de Vincent Troger, sociologue de l’éducation.

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www.jeunes.inegalites.fr : un nouvel espace pour les jeunes

L’Observatoire des inégalités lance son espace dédié aux jeunes, avec des fiches thématiques, des vidéos, une nouvelle et plein de choses à venir.

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Concours de clips vidéo prix "Jeunesse pour l’égalité"

Le prix "Jeunesse pour l’égalité" est terminé ! Nous avons reçu 57 films : pour une première, c’est un succès ! Découvrez les lauréats.

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Salaires : êtes-vous riche ou pauvre ? Nouvelles données 2010

 

L’outil de l’Observatoire des inégalités pour vous situer dans la hiérarchie des salaires en France. La moitié des salariés touchent moins de 1 673 euros, selon les données de l’Insee pour 2010. Et vous ?

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Les inégalités de salaires hommes-femmes : état des lieux

A temps plein, les hommes gagnent 31 % de plus que les femmes. Tous temps de travail confondus, l’écart est de 37 %...

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L’évolution des inégalités de salaires entre hommes et femmes

Avec la généralisation de l’emploi féminin et l’élévation de leur niveau de qualification, les écarts de salaires entre les femmes et les hommes se sont réduits. Mais depuis 15 ans la situation stagne.

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L’état des lieux des inégalités de salaires en France

Les 10 % des salariés les moins bien rémunérés touchent au mieux 403 euros par mois, les 10 % les mieux rémunérés touchent au minimum 2 967 euros.

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Les minima sociaux en France

Près de 3,6 millions de personnes sont allocataires de minima sociaux, mais un peu plus de 6 millions de personnes au total en vivent...

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Les pratiques culturelles selon les catégories sociales et les revenus

70 % des cadres supérieurs ont visité un musée au moins une fois dans l’année contre 20 % des ouvriers. La catégorie sociale et le niveau de vie conditionnent toujours les pratiques culturelles.

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08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : inégalités, salaire, revenus, fiscalité, impôts | | |  Facebook | | |

14 mai 2012

Faut-il baisser les salaires pour faire gagner de la compétitivité aux pays de la zone euro en difficulté ?

Article paru sur le blog de Christian Chavagneux

 

Très intéressante petite synthèse de Patrick Artus de Natixis qui montre l’inefficacité des politiques de « dévaluation interne » (baisses de salaires) censées redonner de la compétitivité à la Grèce, au Portugal, etc. Leur seul résultat est de tuer la demande interne.


La crise des dettes publiques a souligné l’hétérogénéité des pays de la zone euro, ceux du Sud de la zone affichant des déficits extérieurs, et donc des besoins de financement, importants. C’est pourquoi il leur est demandé aujourd’hui par les instances européennes de diminuer leurs salaires afin de regagner en compétitivité. Et les salaires baissent effectivement. Mais quel en est le résultat macroéconomique ?


Les économies y gagnent en compétitivité si elles avaient auparavant un problème de compétitivité prix. Celui est souvent diagnostiqué par le fait que pour un coût salarial unitaire de 100 en 1999 (au moment de la création de l’euro), il se situe à un peu moins de 110 en Allemagne et autour de 135-140 pour l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal. Sauf que, partant de niveaux bien plus faibles que celui de l’Allemagne en 1999, même avec une progression rapide, ils restent inférieurs au coût allemand (28,80 dollars par heure dans l’industrie, cotisations sociales comprises en Espagne, contre 43,9 en Allemagne et d’ailleurs 45,3 en France pas vraiment plus chère, mais c’est un autre débat).
D’après les calculs d’Artus, seule l’Italie a un problème de prix qui se lit dans le fait qu’elle est le pays qui a le plus perdu de parts de marché à l’exportation.


Mais, peu importe, même dans les pays où le prix des exportations n’est pas un problème, une baisse des coûts ne peut pas faire de mal et aider à soutenir la croissance ? Non, répond Patrick Artus. Dans les quatre pays en difficulté, la baisse des salaires a amélioré la profitabilité des entreprises mais sans effet favorable sur la compétitivité et sur l’investissement. En fait, l’effet direct de ces baisses de salaire est de tuer la demande des ménages et donc de ne pas inciter les entreprises à investir, le tout plombant la demande interne dans des pays où la politique budgétaire est déjà orientée du côté de l’extrême rigueur.


Bref, en contribuant aux forces déflationnistes, ces politiques aggravent les problèmes de dette publique de ces pays et nourrissent les tensions dans la zone euro. Il ne faut pas chercher plus loin la raison pour laquelle après l’Espagne, l’Italie a annoncé qu’il lui faudrait plus de temps que prévu pour maîtriser son déficit budgétaire. Sans soutien à l’activité, l’Europe ne s’en sortira pas.

08:06 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salaire, compétitivité | | |  Facebook | | |

04 février 2012

L'Observateur des inégalités, n°94, février 2012

Le mal-logement en 2012
3,6 millions de personnes sont concernées par le mal-logement en France. 685 000 personnes n’ont pas de domicile personnel, 85 000 vivent dans une habitation de fortune, cabane, camping ou mobil home toute l’année...Beaucoup reste à faire pour que chacun dispose de conditions d’habitat dignes de ce nom. lire l'article ...

 

Le chômage dans les régions et les départements français
4,9 % de chômeurs en Lozère, 13,5 % dans l’Hérault, le chômage ne frappe pas tous les territoires avec la même ampleur. Les départements d’Outre-Mer atteignent, quant à eux, des taux supérieurs à 20 % et même 28,9 % pour la Réunion. lire l'article ...

 

Les catégories sociales dans les régions et les départements
La région Île-de-France compte 25,7 % de cadres supérieurs, la Basse-Normandie 9,3 %. Le paysage social des territoires français n’est pas homogène. lire l'article ...

 

L’évolution des revenus selon les départements
Le revenu médian mensuel par personne a augmenté de 145 euros en Seine-Saint-Denis contre 362 euros en Haute-Savoie entre 2001 et 2008. lire l'article ...

 

L’évolution des inégalités de revenus en France
Les inégalités de revenus se sont accrues au cours des dix dernières années. Le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s’est élevé de 610 euros entre 1999 et 2009, celui des 10 % les plus riches de 8 190 euros. lire l'article ...

 

Salaires : êtes-vous riche ou pauvre ? Nouvelles données 2009
L’outil de l’Observatoire des inégalités pour vous situer dans la hiérarchie des salaires en France. La moitié des salariés touchent moins de 1 650 euros, selon les données 2009. Et vous ? lire l'article ...



Le logement générateur de nouvelles inégalités
L’élévation continue du coût du logement pénalise les ménages les plus modestes. Il est marqueur des inégalités sociales et en accroit d’autres. Une analyse de la Fondation Abbé Pierre. Extrait de son rapport 2012 sur le mal logement. lire l'article ...

 

3,6 millions de mal-logés en 2012
3,6 millions de personnes non ou très mal logées, plus de 5 millions en situation de fragilité dans leur logement... L’analyse du phénomène par la Fondation Abbé Pierre. Extrait de son rapport 2012 sur le mal-logement. lire l'article ...

 

« Caves, parkings, bidonvilles : 200 000 personnes vivent dans des conditions misérables », entretien avec Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre
En France, 200 000 personnes vivent dans des logements de fortune et 600 000 dans un habitat très dégradé. Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, dresse un bilan du très mal logement et de ses conséquences. lire l'article ...

 

Engagez-vous contre les inégalités : soutenez l’Observatoire
Apportez votre soutien à l’élaboration de politiques plus justes. Participez au débat public en aidant l’Observatoire des inégalités à diffuser ses informations. lire l'article ...

 

Qui sont donc les classes moyennes ?
 Les classes moyennes occupent le débat public. Mais de qui parle-t-on exactement ? Le concept est plus que flou. Quelques éléments pour tenter d’y voir plus clair. Par Valérie Schneider et Louis Maurin de l’ Observatoire des inégalités. lire l'article ...

 

Il faut supprimer le quotient familial
Supprimer le système injuste de quotient familial de l’impôt sur le revenu permettrait de doubler le niveau des allocations familiales. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. lire l'article ...

 

Comment la famille transmet l’ordre inégal des choses
La famille est un vecteur de transmission des inégalités, notamment à travers la culture de l’écrit. L’analyse de Bernard Lahire, Professeur de sociologie à l’École Normale Supérieure de Lyon. Article adapté de la revue « Regards croisés sur l’économie ». lire l'article ...

 

Pouvoir économique en Suède et inégalités des sexes
Même dans un pays parmi les plus égalitaires, la Suède, des inégalités entre les sexes subsistent au sein du monde du travail. Une étude extraite de Informations sociales. lire l'article ...

 

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05 février 2011

Incroyable mais vrai : 25 % des salariés gagnent moins de 750 €!



C'est l'un des titres de FO-hebdo cette semaine : un quart des 25 millions de salariés gagnent moins de 9 000 euros annuels. Soit 6,25 millions de personnes gagnant 750 € par mois, 73 % du SMIC.



« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. » Pour en vouloir autant aux statistiques, Mark Twain devait sans doute être plus à l’aise avec la littérature qu’avec les mathématiques. Le romancier américain se fait le porte-parole de ceux pour qui des chiffres ne sauraient décrire la réalité sans la pervertir. Mais sa critique porte en réalité non pas sur les statistique elles-mêmes, mais sur ce qu’on leur fait dire.

 

Prenons, par exemple, la distribution, au sens statistique, des revenus des salariés. Le chiffre le plus communément retenu pour décrire cette réalité sociale est la médiane, qui séparent les salariés en deux parts égales. Ainsi, en 2008, 50% d’entre eux touchaient-ils moins de 1 450 euros par mois, et 50 % gagnaient plus. Sauf que ne sont pas pris en compte l’ensemble des 25 millions de salariés que compte la France.  

 

L’Insee doit, depuis peu, publier en plus un indicateur prenant en compte la totalité des salariés  : ceux qui ont connu des périodes de chômage, des petits boulots, ou qui travaillent à temps partiel. Bref, tous les salariés qui ont travaillé au moins un jour dans l’année. 

 

Et le résultat donne alors à voir une autre France, d'où émerge un lumpenproletariat structurel, révélé cette semaine par Fo-hebdo. Dès lors, la médiane tombe à 1332 euros. Mais c’est dans le bas de l’échelle que se font ressentir les différences. Les 25 % des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9 000 euros net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3 710 euros, soit 30% du Smic.

 

Pour deux tiers d’entre eux, ce sont des travailleurs qui ont été amenés à multiplier les petits CDD à temps partiel payés au lance-pierre. Ceux-là ont travaillé 205 jours, s’ouvrant donc de tout petits droits au chômage. Au contraire du tiers restant, qui a occupé un vrai boulot mais sur une période réduite de moins de trois mois (peu ou pas de chômage à la clé).



Comment pourrait-il en aller autrement ? « En 2008, note l’Insee, en France métropolitaine, 25 millions de personnes ont été salariées dans l’année. Sur l’année, ces salariés ont occupé 26 millions d’emplois différents, d’après les déclarations annuelles de données sociales (DADS, annexe). Certains de ces emplois n’ont duré qu’une partie de l’année, certains sont à temps partiel. Finalement, ramenés à des emplois à temps plein toute l’année, ces 26 millions d’emplois en représentent 19 millions en  équivalent temps plein (EQTP). » 

 

On comprend donc que 6,25 millions de personnes sont obligées de jouer au jeu des chaises musicales sur un million d’emplois équivalent temps plein divisés en une multitude de petits contrats. Une sorte de time sharing du job. 

 

La statistique de l'INSEE est de celles qui mériteraient d'être méditées : elles témoignent de l'ampleur de la baisse de la demande en France. Mais elle n'est pas de celles qui font la une des journaux...

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13 décembre 2007

L’UMP fait des provisions…

Depuis quelques jours, j’ai entendu à plusieurs reprises des membres de l’UMP dire dans les médias que le rachat de RTT n’engendrerait aucun surcoût pour les entreprises, dans la mesure où elles ont provisionné les montants correspondants. Jean-François Copé l’affirmé sur Canal + (Le Grand Journal du 12 décembre 2007) et Jérôme Chartier (député UMP) l’a confirmé sur France Inter (Le téléphone sonne du 13 décembre 2007). Leurs propos sous-entendent que les entreprises auraient mis « de côté » de l’argent pour faire face au paiement des jours de RTT.

Une provision est une écriture comptable destinée à matérialiser dans les comptes un coût probable (voire certain) dans le futur. Il s’agit d’une convention comptable, la provision ne fait pas l’objet d’une quelconque mise en réserve de la somme correspondante. Les entreprises provisionnent notamment les indemnités liées aux congés payés et aux RTT. Lorsque le salarié prend ses congés ou sa RTT, l’entreprise annule la provision (par le biais d’une « reprise de provision ») et constate le paiement de l’indemnité correspondante. Cette indemnité vient en lieu et place du salaire pour la période correspondante.

Prenons l’exemple d’un salarié payé 1500 € par mois (pour 20 jours, soit 75 € par jour) et qui prend 2 jours de RTT dans le mois. Son salaire sera de 18 x 75 = 1350 € plus 2 x 75 = 150 € d’indemnité de RTT, soit un paiement de 1500 €. L’entreprise a dû prélever 1500 € sur sa trésorerie. Elle a annulé la provision de 150 € qu’elle avait passé et inscrit dans ses comptes l’indemnité de RTT correspondante.

Supposons maintenant que notre salarié souhaite « monétiser » sa RTT. Il travaillera donc 20 jours et touchera donc un salaire de 1500 €. De plus, il se fera payer ses deux jours de RTT pour 150 €. L’entreprise devra donc payer les 1500 € de salaire, ainsi que les 150 € pour les RTT « monétisées ». Au final, l’entreprise devra donc décaisser 150 € de plus. Que cette somme ait été provisionnée ou non ne change rien à la trésorerie de l’entreprise : elle sera amputée de 150 € supplémentaire !

Au final, il s’agira bien d’un surcoût pour l’entreprise. Il est donc probable qu’elle y regardera à deux fois avant de « monétiser » les RTT. N’en déplaise aux grands gestionnaires de l’UMP…qui sont bien approvisionné en mauvaise foi.

PP

13:49 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pouvoir d'achat, salaire, RTT | | |  Facebook | | |

06 novembre 2007

Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante...

Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a élevé un certain Antoine Bernheim au rang de grand-croix de la Légion d’honneur. Jusqu’à présent, seuls 75 grands serviteurs de l’Etat ont pu prétendre à ce titre, le plus élevé. Qui est donc Mr Bernheim et qu’a-t-il fait pour mériter un tel honneur ?

Il s’agit d’un ancien associé-gérant de la Banque Lazard, banque d’affaire bien connue et actuellement Pdg des Assicurazioni Generali di Venezia - 3ème assureur européen, plus connu sous le nom de Generali. Lors de la cérémonie, Nicolas Sarkozy a salué sa compétence de la manière suivante : « Antoine Bernheim a développé ses entreprises, fait des profits et ainsi servi la France ». Faire des profits, c’est donc servir la France…Admettons. Nicolas Sarkozy a poursuivi en estimant que cette reconnaissance du mérite de Mr Bernheim aiderait la France à « régler ses comptes vis-à-vis de l’argent pour régler enfin son problème vis-à-vis de la réussite ». Ce qui réconcilierait sans doute les français avec l’argent, c’est une meilleure répartition des fruits de la croissance. Ce qui les réconcilierait avec la « réussite », c’est peut-être de voir progresser le salaire médian au même rythme que les rémunérations déconnectée de toute référence des Pdg des grandes entreprises.

Sans verser dans la psychanalyse de comptoir, peut-être que Nicolas Sarkozy a lui aussi un problème avec l’argent, mais d’une autre nature. Il s’agit d’une sorte de complexe d’infériorité qui le conduit à glorifier les riches et les puissants, voire à tenter de s’identifier à eux. Il semble que selon lui, toute personne qui a de l’argent le mérite et devient un grand serviteur de l’Etat. Cela me fait penser à la phrase de l’économiste John Kenneth Galbraith : « La plupart des gens, avec l’existence modeste qu’ils mènent, se font une idée magnifiée des capacités intellectuelles des personnages qui vivent en association intime avec de grosses somme d’argent. »

Pour revenir à Antoine Bernheim, on peut dire qu’il a été un grand serviteur, non pas de l’Etat mais de beaucoup d’intérêts privés. Il a lui-même mis sur pied le système de holdings en cascades, qui permet de se bâtir un empire avec un capital limité. Qui en a profité ? Bernard Arnault, qui parti d’une modeste entreprise de Travaux Publics léguée par son père est aujourd’hui à la tête de l’empire du luxe LVMH. Qui d’autres ? Vincent Bolloré, qui a hérité de l’entreprise familiale OCB et qui en a fait un véritable cartel néo-colonial en Afrique, ainsi qu’un groupe de média distribuant matin et soir des centaines de milliers de « journaux » gratuits. Vincent Bolloré a dit d’Antoine Bernheim « Quand j’ai repris la société de mon père, j’ai déjeuné avec lui. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés, et nous nous appelons au téléphone tous les jours. Derrière tout ce que j’ai fait, il y a toujours eu Antoine. » Est-ce que Nicolas remercie Antoine pour avoir conseillé à Vincent de lui prêter son jet et son yacht en mai dernier ?

Apparemment, tout le monde ne partage l’enthousiasme de Nicolas Sarkozy sur les compétences de Mr Bernheim. Depuis quelques jours, Algebris Investment, un fond d’investissement britannique, actionnaire de moins d’1 % de Generali, a lancé une offensive d’envergure contre son management. Premier accusé, Bernheim, dont l’âge – 83 ans – est le plus élevé de tous les dirigeants du secteur, mais aussi sa rémunération : 8,7 millions d’euros en 2006, beaucoup plus que ses homologues d’Axa et d’Allianz. «Ce package est beaucoup trop élevé par rapport à ses homologues des autres assureurs européens, dénonce Algebris dans une lettre rendue publique, sans une justification claire en termes de dimension de la société ou de création de valeur.»

Si on lui coupe les vivres, il pourra toujours revendre sa décoration aux enchères…

PP

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09 octobre 2007

Perte des valeurs...

Selon une étude récemment parue dans la Revue internationale du travail, les salaires des 10 % des salariés les mieux payés ont progressé nettement plus vite que le salaire médian (le salaire tel que la moitié des salariés gagne moins, à ne pas confondre avec le salaire moyen) dans la plupart des pays industrialisés. Depuis 1980, cet écart s’est creusé de plus de 10 points voire de 15 aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie… En Europe seules la Finlande, la Suède…et la France sont épargnées par ce creusement des écarts entre les mieux payés et les autres.
Une littérature foisonnante sur le sujet nous explique tout cela est due aux mutations du marché du travail qui font que la demande pour le travail très qualifié est en expansion. La hausse de la demande entraîne donc une hausse des prix, en l’occurrence les salaires des plus qualifiés. C’est la bonne vieille loi de l’offre et de la demande, nous dirait Jacques Marseille ! Sauf que l’offre de travail qualifié a elle aussi augmenté, ce qui contrecarre l’effet de la demande. De plus l’explication précédente ne nous dit pourquoi les salaires des 10 % les plus riches augmente plus vite que les autres, ce qui se traduit par un creusement de l’écart.
On peut envisager deux explications moins « mécaniques » que la loi de l’offre et de la demande : la « perte des valeurs » et « l’effet Zidane ».

La perte des valeurs
La « perte des valeurs » est habituellement associée aux « assistés », pour qui la valeur travail n’a plus de sens. Mais la « perte des valeurs » atteint aussi une fraction des salariés les mieux payés. Jusque dans les années 1980, il existait une sorte de code salarial, un ensemble de normes tacites qui constituaient une sorte de code de bonne conduite. Au-delà d’un certain plafond, les salaires paraissaient indécents, à la fois pour l’employeur et pour le salarié.
Ainsi, au début du XXème siècle, le milliardaire Rockfeller estimait qu’un patron ne devait pas être payé plus de 30 fois le salaire de ses ouvriers (aujourd’hui, c’est plutôt 500 fois dans les grandes entreprises). Mais, lorsque cette norme est transgressée par un nombre croissant d’individus, elle cesse de devenir une norme .
Joseph Stiglitz analyse très bien ce phénomène dans un ses ouvrages :
« Ce que l’on considère comme acceptable est influencé par ce que font les autres, par ce qu’ils jugent, eux, acceptable… Si les PDG sont normalement payés dix fois plus qu’un salarié ordinaire, on peut accepter qu’un PDG exceptionnel se fasse payer quinze fois plus, mais pas cent fois plus. Aux Etats-Unis, dans les années 1990, il n’y avait pas de limites ; tout était devenu acceptable…On valait ce qu’on parvenait à se faire payer. Point final. »

L’effet Zidane
L’effet Zidane, ou effet Pavarotti, traduit l’importance grandissante des « superstars » quelque soit le domaine. Les entreprises sont prêtes à débourser des sommes importantes pour se payer « le » spécialiste. Ce phénomène est perceptible dans la finance, notamment. Bien sûr, cela ne touche qu’une infime minorité de salariés, mais leurs rémunérations hors de toute mesure contribue à faire grandir l’écart avec les salariés « moyens ».

Ces effets sont d’autant plus dommageables que les salariés concernés ont tendance à attribuer à leurs seuls mérites l’énormité de leur rémunération…et à s’affranchir de la solidarité nationale en s’exilant vers des pays plus cléments fiscalement.

Encore et toujours la perte des valeurs !

PP

12:38 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, inégalités, travail, revenus, salaire | | |  Facebook | | |

19 avril 2007

Besoin d'air

Dans la série de mes lectures absolument passionnantes, j’ai entrepris la lecture de l’ouvrage du MEDEF intitulé « Besoin d’air ».
S’il fallait le résumer en une phrase ce serait : « L’entreprise, c’est super ; l’Etat, c’est nul ».
Il ne s’agit pas d’un essai politique ou économique, mais plutôt d’une sorte de catéchisme à la gloire des « créateurs de richesse ». Il s’agit de prêcher la bonne parole de la prise de risque, de la responsabilité individuelle, de l’adaptation joyeuse aux règles intangibles de la mondialisation.

Alors qu’il est souvent de bon ton de sourire de façon condescendante lorsqu’Arlette Laguiller se gargarise du mot « travailleurs », que dire de cette envolée lyrique :
« Entrepreneurs –aventuriers, entrepreneurs-pionniers, entrepreneurs-inventeurs, … ».
Laurence Parisot : l’Arlette Laguiller du patronat !
Par une sorte de glissement sémantique, le MEDEF tend à assimiler « patron » et « entrepreneur ». N’oublions pas que le MEDEF n’est autre que l’ancien CNPF (Confédération Nationale des Patrons Français). De même que « Non voyant » est plus vendeur qu’ « Aveugle » ou « Personne à verticalité limitée » est plus sympa que « Nain », « Entrepreneur » est plus glamour que « Patron ». Mais, parmi les dignitaires du MEDEF, combien sont de vrais entrepreneurs ? La plupart ne sont que des …PDG, c’est-à-dire des super salariés (non par leurs capacités, mais par le niveau de leur salaire). De par mon métier, j’ai l’occasion de côtoyer régulièrement des créateurs de PME. Ce sont eux les vrais « entrepreneurs » et, bien souvent, ils se sentent plus proches de leurs salariés que des pontes (j’allais dire « barons ») du MEDEF !

« Et pour finir de préciser ce que le libéralisme est et n’est pas, rappelons que ce qui s’y oppose, son contraire, c’est l’intervention permanente, abusive et souvent aberrante de l’Etat, notamment dans la sphère économique. »
Il ne manque plus que le retour des chars russes sur les Champs Elysées !
WorldCom, Enron, Arthur Andersen, Vivendi, Parmalat, sont des beaux exemples du libre fonctionnement de la « sphère économique ».

« Nous pensons qu’il serait plus efficace économiquement, et plus respectueux socialement, que la durée du travail ne soit plus définie par la loi, mais soit déterminée, branche par branche, entreprise par entreprise, par un accord entre patronat et syndicats. »
Et pourquoi pas salarié par salarié ? L’idée sous-jacente est le remplacement de la loi par le contrat. Compte tenu de la faiblesse des syndicats et du pouvoir de négociation que constitue le chômage de masse des travailleurs peu qualifiés, on peut légitimement penser que les contrats conclus entre un salarié et son employeur ont de grandes chances d’êtres des contrats léonins. Effectivement, pour les travailleurs très qualifiés que les entreprises s’arrachent, cela peut être différent, mais rien n’empêche dans ce cas de conclure un contrat plus favorable que la loi. Mais la loi doit constituer un filet de sécurité pour les plus faibles.
Dans les rapports du faible au fort, du maître à l’esclave, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime.
Le MEDEF va même plus loin en proposant tout simplement de voter une loi interdisant à l’Etat… de légiférer en matière sociale. Dans un grand élan de générosité, le MEDEF est prêt à fournir gratuitement à l’Etat la scie qui lui permettra de couper la branche sur laquelle il est assis !

« …des 35 heures qui ne nous permet[tent] pas de rivaliser avec ceux qui travaillent le double. »
Et ne parlons pas de ceux qui travaillent le triple…

« … dans l’entreprise, où l’on sait toujours pourquoi quelqu’un est à sa place, ce qu’il produit et ce qu’il rapporte à la collectivité. »
Contrairement à la fonction publique noyautée par les tire-au-flancs de la pire espèce… Pour avoir travaillé dans une grande entreprise, je peux vous dire que les fainéants et les profiteurs ne sont pas tous dans la fonction publique ! Ce qui peut créer des effets d’aubaines, des niches à fainéantise, ce n’est pas la nature publique ou privée de l’entreprise, c’est plutôt sa taille, ce qui rend sa gestion plus difficile. Il devient donc plus difficile de repérer ceux qui « profitent » du système.
De plus, si l’on sait ce que chacun apporte à la collectivité, cela signifie qu’un patron payé 2 millions d’Euros par an apporte plus « à la collectivité » en deux jours qu’un ouvrier au SMIC … en un an.
Les patrons des grandes entreprise passent leur temps à expliquer qu’ils ne peuvent pas être payés moins que les patrons américains. Il est paradoxal d’entendre les mêmes personnes expliquer aux salariés qu’ils ne peuvent pas être payés plus que les Roumains ou les Polonais. Pourquoi, au fait, doivent-ils être payés autant que les patrons Américains ? Parce que sinon, ils partiraient aux Etats-Unis. J’imagine déjà la foire d’empoigne des entreprises américaines pour se payer les services de Noël Forgeard, de Thierry Breton, de Francis Mer, de Jean-René Fourtou, …
Pour terminer sur ce sujet, il me semble bon de rappeler la règle du milliardaire américain Rockfeller (que l’on peut difficilement taxer de communisme forcené), selon laquelle l’écart de salaire entre un patron et ses ouvriers devraient être au maximum de 1 à 40. Aujourd’hui, dans les grandes entreprises, cet écart est au minimum de l’ordre de 1 à 100…

« La croissance augmente plus sûrement et plus durablement le niveau de vie de la population la plus modeste que nombre de politiques redistributrices. »
La vieille rengaine libérale est de retour ! « La marée montante soulève tous les bateaux » disait déjà Ronald Reagan dans les années 80 pour justifier les baisses d’impôts censées dynamiser l’économie américaine et par là-même profiter à tous. Ces vieilles lunes de la politique de l’offre n’ont provoqué que déficits publics et récession.
Si on laisse faire la croissance, ce sont les plus riches qui en profitent. C’est ce que prouvent les faits depuis une vingtaine d’année. Les politiques redistributrices ont plus que jamais leur justification et notamment les impôts réellement progressifs.

« Quant à la suppression pure et simple de l’ISF, elle serait radicalement dynamisante. »
Sans commentaire. Une question : dynamisante pour qui ?

« Pour mener une politique en faveur des bas salaires, les pouvoirs publics dans ces pays (Pays-Bas et Royaume –Uni) privilégient les instruments propres à l’Etat, prime à l’emploi par exemple. »
Tiens, tiens, l’Etat aurait-il donc un rôle à jouer dans la « sphère économique » ? Augmenter les salaires ? Non ! C’est l’Etat qui « indemnisera » les plus bas salaires à l’aide de la prime pour l’emploi (impôt négatif). D’un côté, il faut baisser les impôts des plus riches, de l’autre l’Etat doit rendre toujours plus aux salariés les moins payés pour compenser l’insuffisance des entreprises. Comment concilier ces deux impératifs ? Baisser les dépenses de l’Etat dans les autres domaines !

Le MEDEF nous propose le concept de « séparabilité » qui doit permettre de faciliter le licenciement.
« Ce nouvel état d’esprit permettrait de simplifier et de pacifier dans bien des cas la rupture du contrat de travail, le but étant de parvenir à une rupture par consentement mutuel qui ménagerait l’intérêt moral et financier des deux parties. »
Je te vire sans motif, mais simplement et pacifiquement… « Zen, cool », comme dirait la marionnette de Sarkozy aux Guignols.

« La logique voudrait donc que l’entreprise cesse d’assurer le risque maladie et que la solidarité nationale prenne le relais par l’impôt. Les dépenses ne relevant pas de la solidarité nationale seront financées par des assurances complémentaires souscrites directement par les assurés. Pour ne pas engendrer de phénomènes de renoncement aux soins, cette couverture complémentaire sera obligatoire…»
Dans la mesure où la couverture maladie est désormais universelle (donc pas forcément liée au statut de salarié), il n’est pas aberrant de dire qu’elle relève de la solidarité nationale. Mais j’ai comme l’impression que le MEDEF souhaite que les entreprises soient exclues du champ de la « solidarité nationale ».
Financer la l’assurance maladie par l’impôt n’est pas illogique (c’est ce qui se passe au Danemark), mais dans ce cas, cela signifie augmenter les impôts (en contrepartie des baisses de cotisations sociales), car les dépenses de santé restent les mêmes. Cela nécessiterait une hausse des salaires (dont une partie serait prélevée sous forme d’impôt), la mise en place d’un impôt réellement progressif sur l’ensemble des revenus, la mise en place d’un impôt progressif sur la valeur ajoutée des entreprises… Je doute que le MEDEF soit dans cette logique.
Par ailleurs, on voit l’intérêt que trouve le MEDEF à définir la solidarité nationale de la façon la plus restrictive possible: pour nous obliger à souscrire des assurances complémentaires…privées. C’est le rêve de toute entreprise que d’obliger les consommateurs à avoir recours à ses services. Transformer la consommation en cotisation : le bonheur !

En lisant ce livre, on a une meilleure idée du programme économique de Nicolas Sarkozy. Au secours !!

PP

23:41 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : MEDEF, Parisot, Sarkozy, Impôt, Salaire, 35 heures | | |  Facebook | | |

14 avril 2007

Les bons chiffres...(3/4)

Suite des commentaires sur le dernier ouvrage de Jacques Marseille intitulé « Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007 ».

SMIC, Salaire
D’un côté JM reproche aux allègements de cotisation sociales sur les bas salaires de tirer les rémunérations vers le bas, de l’autre il milite pour une baisse du coût du travail peu qualifié et notamment pour que l’influence du SMIC sur le coût du travail soit « maîtrisée ». Cette apparente schizophrénie masque sans doute son envie de dire qu’il faut baisser le SMIC.
On dirait également qu’il s’émerveille que le pouvoir d’achat d’une heure payée au salaire minimum aux Etats-Unis ait baissé depuis les années 60.
JM fait partie de ses libéraux béats qui croient que le SMIC est une entrave au bon fonctionnement du marché du travail, qu’il remet en cause la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande qui assure mécaniquement le plein emploi. C’est oublier que le travail n’est pas une marchandise comme les autres dont il convient sans cesse de baisser le coût.

Pauvreté
JM s’étonne de la vague « compassionnelle qui submerge la France », alors que le taux de pauvreté (fraction de la population gagnant moins de 50% du revenu médian) est passé de 12 % en 1970 à 6,3% en 2003. Cette baisse est certes significative, mais le taux de pauvreté ne baisse quasiment plus depuis 1990, soit presque 20 ans de « surplace ». De plus, cette analyse ne tient compte que du niveau du revenu et pas du pouvoir d’achat, ce qui pourrait encore assombrir le tableau…

Inégalités
« Alors que les Français ont le sentiment que les inégalités se sont accrues au cours des vingt dernières années, toutes les statistiques démontrent le contraire. » A l’appui de ses propos, JM nous propose de nous intéresser au rapport entre les revenus des 10 % les mieux payés et ceux des 10 % les moins payés. Ce ratio, de l’ordre de 3, est relativement constant depuis 1975, ce qui tendrait à prouver qu’il n’y a pas de dérive entre les mieux lotis des Français et les autres.
Ces statistiques ne s’intéressent qu’aux seuls salariés à temps complet. Cela ne permet pas de prendre en compte les inégalités dues au travail à temps partiel, en forte augmentation depuis les années 1990.
De plus, s’intéresser aux 10 % « les plus riches » n’est pas forcément assez précis (pour faire partie de ces 10 %, il faut gagner environ 3000 € par mois), il faudra peut-être s’intéresser aux 1%, voire aux 0,5% les plus riches.
Il faudrait également, dans la mesure des inégalités, intégrer les revenus du patrimoine, les stocks options… De même, selon que l’on soit propriétaire ou locataire, la situation n’est pas tout à fait la même.

Grève
Alors qu’on nous serine que la France serait un pays bloqué par la rigidité se syndicats, capables de « prendre en otage » la population, il se trouve que le nombre de jours de grèves est de 37 par an pour 1000 habitants. Contre 218 … au Danemark.
Le fameux « modèle danois » s’accompagne donc d’une forte conflictualité. Cette forte conflictualité permet vraisemblablement de contrebalancer la grande flexibilité du marché du travail et de permettre ainsi aux salariés de faire valoir leur pouvoir de négociation. Il est bon de rappeler que le taux de syndicalisation dans les pays scandinaves est de l’ordre de 80 %.
Tenter de dupliquer un tel modèle en France, où le taux de syndicalisation est de l’ordre de 8%, risque fort de transformer la « flex-sécurité » en « flex-flexibilité ».

PME
« Sept ans après leur création, les entreprises françaises ne parviennent à accroître leurs effectifs que de 7% en moyenne, contre 22% en Allemagne et… 126% aux Etats-Unis. »
Plutôt que de voir dans ses chiffres une nouvelle justification de la baisse des cotisations sociales, il faudrait peut-être s’intéresser aux mécanismes de soutien aux entreprises mis en place dans ces pays. Aux Etats-Unis (le soi-disant pays du libéralisme à l’état pur) , par exemple, 23 % des marchés publics sont réservés aux PME…américaines.
La loi permettant de créer une entreprise avec un capital de 1 € (grâce à une loi initiée par le gouvernement Raffarin), n’a vraisemblablement pas favorisé la création de projet pérennes.

PP

14:52 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SMIC, Salaire, Grève, PME, Pauvreté, Inégalités | | |  Facebook | | |