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06 janvier 2013

L'Observateur des inégalités, n°104, Janvier 2013

Mariage homosexuel, inégalité et injustice

Le débat sur la légitimité du mariage homosexuel porte, au fond, sur la légitimité de l’homoparentalité. Le refus de reconnaître juridiquement l’un et l’autre ne constituerait-il pas un cas manifeste de discrimination ? Une analyse de Patrick Savidan, professeur de philosophie sociale et politique à l’Université de Poitiers.

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La crise pointe la fragilisation de la jeunesse et le creusement des inégalités. Entretien avec Francine Labadie, de l’Injep.

Le premier rapport biennal de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire en tant qu’Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse Inégalités entre jeunes sur fond de crise pointe la fragilisation accrue de la jeunesse et le creusement des inégalités au sein de cette population.

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Inégalités de revenus : l’évolution 2000-2010

Les inégalités de revenus, mesurées par le niveau moyen de chaque tranche de 10 % de la population, sont encore plus importantes que les données habituelles ne le laissent penser. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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La ségrégation culturelle du territoire s’accentue

La ségrégation culturelle du territoire a augmenté entre 1999 et 2008. C’est dans les communes où la part des diplômés était la plus élevée que celle-ci a le plus augmenté. Au niveau des quartiers, la ségrégation s’accroît surtout dans les territoires les plus défavorisés. Une analyse de Louis Maurin. Extrait de la note d’information Compas études.

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Les revenus démesurés des grands patrons et des cadres dirigeants

Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 400 et 1 500 années de Smic par an... Et encore, sans tenir compte de tous leurs avantages.

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Qualité de vie et logement dans les zones urbaines sensibles

56 % des habitants des zones urbaines sensibles ont une mauvaise image de leur quartier. 16 % considèrent leurs conditions de logement insuffisantes ou très insuffisantes.

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Les 10 plus grandes fortunes de France

Le patrimoine professionnel de Bernard Arnault (LVMH), première fortune de France, équivaut à 1,6 million d’années de Smic...

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Comment évoluent les très hauts revenus en France

JPEGLes 0,01 % les plus riches ont gagné 100 000 euros de revenus annuels supplémentaires entre 2004 et 2009. Un gain équivalent à huit années de Smic...

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L’évolution du taux de chômage selon l’âge

De 1975 à 2010, le taux de chômage a été multiplié par quatre pour les 20-24 ans et par trois pour les 45-49 ans. Depuis 2008, la crise a particulièrement touché les plus jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint désormais un niveau record en France.

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Le taux de pauvreté selon le sexe et l’âge

Le taux de pauvreté féminin était de 8,1 % en 2010, tous âges confondus, contre 7,4 % pour les hommes.

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Le niveau de vie des catégories sociales

Près de 4 000 euros par mois pour les professions libérales, aux alentours de 3 000 euros pour les cadres supérieurs et entre 1 300 et 2 000 euros pour les catégories populaires...Les niveaux de vie diffèrent du simple au double selon les catégories sociales.

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L’évolution des inégalités de revenus en France

Les inégalités de revenus se sont accrues au cours des dix dernières années. Le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s’est élevé de 400 euros entre 2000 et 2010, celui des 10 % les plus riches de 8 950 euros.

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La pauvreté augmente chez les jeunes mais aussi chez les seniors

10,8 % des 18-29 ans sont considérés comme pauvres en 2010, au seuil de 50 % du revenu médian, contre 7,8 % de l’ensemble de la population en moyenne. Le nombre de pauvres augmente chez les jeunes, mais aussi chez les plus âgés.

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En bref

La Bretagne moins touchée par la pauvreté et les inégalités de revenus
Avec un revenu médian déclaré par personne de 1 540 euros par mois, un taux de pauvreté de 11,2 (...)
20 décembre 2012


Les femmes assurent les trois quarts du travail domestique

Les Français consacrent en moyenne deux heures par jour à faire la cuisine, la vaisselle, le (...)
13 décembre 2012


Naissance du laboratoire des stéréotypes hommes-femmes

18 % de la population pense qu’à la naissance le cerveau des garçons et des filles sont (...)
10 décembre 2012


Pollution et inégalités sociales

Les populations modestes résident plus souvent dans les quartiers les plus pollués mais ce (...)
6 décembre 2012

 

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20 novembre 2012

Dix ans de dérégulation sociale en Allemagne

Article paru sur Alternatives Economiques

 

A méditer par ceux qui ne jurent que par le "modèle" allemand...

 

Dix ans de dérégulation sociale et de promotion des « mini-jobs » (emplois flexibles, subventionnés et mal payés) ont fortement détérioré la qualité de l'emploi en Allemagne. La croissance de l'emploi dans les années 2000 s'est en effet centrée sur les emplois à durée déterminée et à temps partiel et s'est accompagnée d'une montée des inégalités. Résultat: la consommation n’a progressé que de 5 % outre-Rhin entre 2002 et 2012, contre 16 % en France.

 

Neutre au plan budgétaire, une politique salariale plus volontariste aurait l’avantage de montrer un visage plus coopératif vis-à-vis de l’extérieur, tout en répondant aux attentes de la population.


Cliquez sur les boutons à côté des années pour afficher les chiffres correspondants. Au départ, c'est l'année 1995 qui est affichée.

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03 juillet 2012

L'Observateur des inégalités, n°99, juillet 2012

Inégalités de revenus dans les pays riches : l’état des lieux

Les ménages les 10 % les plus riches d’Europe du Nord gagnent en moyenne six fois plus que les 10 % les plus pauvres. Aux Etats-Unis, les riches touchent 15 fois plus que les plus modestes.

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La pauvreté des enfants dans les pays riches

15 % des enfants des pays riches sont considérés comme pauvres. Le taux de pauvreté des enfants est de 25,5 % en Roumanie contre 4,7 % en Finlande.

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La représentation des femmes dans les instances politiques nationales

La représentation des femmes en politique progresse, mais bien lentement. On ne compte encore que 26,6 % de femmes à l’Assemblée, 21,8 % au Sénat.

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Les travailleurs pauvres en France

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.

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La représentation des femmes dans les instances politiques locales

Deux femmes sont présidentes d’un conseil régional, six sont maires d’une ville de plus de cent mille habitants. La parité en politique est loin d’être atteinte au niveau local.

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Milieux sociaux et variation des horaires de travail

Les cadres travaillent davantage le soir : la moitié sont dans ce cas. Mais les ouvriers sont plus nombreux à travailler la nuit et surtout en horaires alternés.

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Les conditions de travail en France

39 % des ouvriers déclarent subir des nuisances sonores sur leur lieu de travail contre 6,5 % des cadres supérieurs... Trois millions de salariés ont leur rythme de travail dicté par une machine.

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Des classes préparatoires toujours aussi fermées

Depuis 10 ans, la composition par sexe et par catégorie sociale des classes préparatoires n’a quasiment pas évolué. La représentation des catégories populaires y est particulièrement faible.

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Inégalités salariales : « Au moment de l’arrivée dans le monde du travail, il est déjà trop tard », entretien avec Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités

Les femmes gagnaient toujours 19,7% de moins que les hommes, en 2010, d’après les chiffres publiés par l’Insee. Explications de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du quotidien Libération.

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Propriétaires, locataires : une nouvelle ligne de fracture sociale

Les quinze dernières années ont été marquées par une hausse des prix de l’immobilier largement déconnectée de l’évolution des revenus des ménages. Une analyse du Crédoc.

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Le Nouvel Age de la solidarité

Privilégier des systèmes sociaux universalistes permettrait de renouer avec une certaine idée de la solidarité, moins stigmatisante. Extrait du livre du sociologue Nicolas Duvoux, Le nouvel âge de la solidarité (Seuil/La république des idées, février 2012).

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En bref

Les plus grandes fortunes mondiales toujours en hausse
La richesse des ménages à travers le monde a augmenté de 1,9 % entre 2010 et 2011 selon le (...)
25 juin 2012


Plus de députés issus de l’immigration en 2012

Les élections législatives de 2012 ont ouvert l’Assemblée nationale à huit nouveaux (...)
20 juin 2012


Forte augmentation du nombre de travailleurs pauvres aux Etats-Unis

En 2010, 10,5 millions de travailleurs pauvres (1) ont été recensés aux États-Unis, soit 7,2 % (...)
12 juin 2012


Les Européens consacrent près d’un quart de leurs dépenses au logement

Les ménages européens consacrent en moyenne 23,6 % de leurs dépenses de consommation aux frais (...)
5 juin 2012

 

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06 mars 2012

L'Observateur des inégalités, n°95, mars 2012

Qui part en vacances l’hiver ?
40 % des cadres partent en vacances en hiver au moins un an sur deux contre 9 % des ouvriers. lire l'article ...
 
 


La pauvreté augmente chez les jeunes mais aussi chez les seniors
10,9 % des 18-29 ans sont considérés comme pauvres en 2009, au seuil de 50 % du revenu médian, contre 7,5 % de l’ensemble de la population en moyenne. Le nombre de pauvres augmente chez les jeunes, mais aussi chez les plus âgés. lire l'article ...
 
 

Evolution du taux de chômage par département
Les écarts de taux de chômage entre départements ont eu tendance à se réduire ces dix dernières années. Du fait de la crise financière et économique, c’est le constat inverse qui s’impose depuis 2008. lire l'article ...
 
 

Evolution de l’espérance de vie par département selon le sexe
Avec un gain de 3,8 années en dix ans, c’est en Lozère que l’espérance de vie des femmes a le plus augmenté, en Savoie, avec une augmentation de 4,6 années, pour les hommes. Cependant, plus que les territoires, l’espérance de vie dépend davantage de facteurs tels les niveaux de vie, de diplôme, les conditions de travail et des modes de vie. lire l'article ...
 

Le niveau de diplôme des Français
13 % de la population dispose d’un diplôme d’études supérieures à bac+2 et 30 % détient au mieux le certificat d’études primaires. On est loin de la vision d’une société où le diplôme serait la norme. lire l'article ...
 

 


Engagez-vous contre les inégalités : soutenez l’Observatoire
Apportez votre soutien à l’élaboration de politiques plus justes. Participez au débat public en aidant l’Observatoire des inégalités à diffuser ses informations. lire l'article ...

 


« Les inégalités de revenus entre les populations du monde diminuent depuis le début des années 2000 », entretien avec Branko Milanovic, économiste à la Banque mondiale
Les inégalités de revenus dans le monde diminuent depuis le début des années 2000, mais restent à un niveau très élevé. Branko Milanovic, chef-économiste à la Banque mondiale, est l’un des spécialistes de la question des inégalités de revenus dans le monde. lire l'article ...

 


L’évolution des revenus par habitant dans le monde
Les revenus par habitant des régions du monde les plus pauvres s’accroissent plus vite que ceux des régions les plus riches. Mais les inégalités de revenus entre les pays restent très importantes… lire l'article ...

 


Faut-il s’inquiéter des inégalités et de la pauvreté dans les pays riches ?
Doit-on s’inquiéter de la pauvreté et des inégalités sociales dans un pays riche comme la France, quand on connaît la misère des conditions de vie des habitants des pays les plus pauvres du monde ? Une analyse de Cédric Rio et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités. lire l'article ...

 


Les inégalités augmentent en Chine
Le rapide développement économique de la Chine s’est accompagné d’un accroissement des inégalités de revenus. La concentration des richesses y est plus forte qu’aux États-Unis. lire l'article ...

 


Ségrégation urbaine et accès à l’emploi : une introduction
Aux Etats-Unis comme en Europe, des études tentent de déterminer dans quelle mesure le lieu de résidence dans les villes s’explique par la catégorie socio-professionnelle ou l’origine ethnique des personnes. Un document de travail du Centre d’études de l’emploi. lire l'article ...

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12 janvier 2012

L'Observateur des inégalités, n°93, janvier 2012

Le taux de chômage selon la nationalité

Près d’un quart des actifs non-ressortissants de l’Union européenne sont au chômage contre 9,1 % de l’ensemble de la population active et 8,6 % des Français. lire l'article ...
 

Les inégalités de salaires hommes-femmes : état des lieux
A temps plein, les femmes gagnent 20 % de moins que les hommes. Tous temps de travail confondus, l’écart est de 27 %... lire l'article ...
 

L’évolution des inégalités de salaires
Sur longue période, les inégalités relatives de salaire ont eu tendance à se réduire. Mais dans les années récentes on assiste à une forte hausse des salaires les plus élevés. lire l'article ...
 

L’état des lieux des inégalités de salaires en France
Les 10 % des salariés les moins bien rémunérés touchent au mieux 392 euros, les 10 % les mieux rémunérés touchent au minimum 2 923 euros. lire l'article ...
 

Les représentants syndicaux sont moins bien payés
Le salaire des délégués syndicaux est inférieur de 10 % à celui des autres employés à travail égal. lire l'article ...
 

Le niveau de diplôme dans les quartiers en difficulté
6 % des habitants des Zones urbaines sensibles ont un diplôme universitaire supérieur contre 16 % de la population qui réside hors de ces territoires. lire l'article ...
 

La représentation des catégories socioprofessionnelles à la télévision
Parmi les personnes qui prennent la parole à la télévision, on compte 79 % de cadres supérieurs contre 2 % d’ouvriers. Cette représentation est en complet décalage avec la réalité sociale. lire l'article ...
 

Une justice qui peine à pénétrer l’intimité des notables
Les violences n’épargnent aucun milieu social. Mais elles sont davantage signalées dans les catégories populaires, comme l’explique le sociologue Laurent Mucchielli. Article extrait de son ouvrage "L’invention de la violence", paru aux éditions Fayard. lire l'article ...

 


Le handball, les femmes et l’indifférence des élites françaises
L’équipe de France féminine de handball a joué et perdu la finale du mondial dans une relative indifférence. Il faut dire que ce sport rapporte peu, et que des femmes sont en compétition... Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. lire l'article ...

 


La hausse des inégalités de revenus dans les pays riches
Au sein des pays riches, les 10 % des ménages les plus aisés ont en moyenne un niveau de vie neuf fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres. Les inégalités de revenus augmentent presque partout. lire l'article ...

 


« Les inégalités de revenus ont atteint un niveau jamais vu depuis 30 ans », entretien avec Michael Förster, analyste à l’OCDE
Les inégalités sont en progression dans presque tous les pays riches, indique un rapport de l’OCDE. Entretien avec Michael Förster, analyste des politiques sociales au sein de l’organisation et principal auteur de ce travail. lire l'article ...

 


« L’exclusion bancaire est une injustice sociale doublée d’une aberration économique », entretien avec Alain Bernard du Secours catholique.
L’exclusion bancaire toucherait environ 5 millions de personnes. Ce phénomène se conjugue le plus souvent avec l’exclusion sociale. Entretien avec Alain Bernard, responsable du département Emploi - Economie solidaire du Secours catholique. lire l'article ...

 


Quelles solidarités entre les générations ?
L’Observatoire des inégalités a organisé une conférence intitulée « Quelles solidarités entre les générations ? ». Nous vous en proposons aujourd’hui le compte-rendu. lire l'article ...

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11 janvier 2012

Nous ne méritons pas Jean-François Copé, nous sommes vraiment trop minables.

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Ce billet a été publié sur Rue89.


Dans leur ouvrage « L’oligarchie des incapables », les journalistes Sophie Coignard et Romain Gubert citent une phrase qu’aurait prononcée Jean-François Copé à propos des parlementaires qui ne cumulent pas de mandats.

« Tu comprends, si on n'a ici que des gens qui se contentent de 5.000 euros par mois, on n'aura que des minables. »

 

Evidemment, l’intéressé dément formellement avoir prononcé cette phrase. Il dément, la belle affaire ! Forcément qu’il dément ! Peut-il faire autre chose ? Malgré tout le cynisme dont il est capable, on le voit mal se justifier d’une telle affirmation, sur le thème « je préfère l’oligarchie des incapables à la démocratie des minables ».

 

Il est vrai que Jean-François Copé est loin d’être un « minable » : Député de Seine et Marne, Président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, maire de Meaux. Pendant un temps, il a aussi été conseiller régional d’Ile de France. Et comme ces passe-temps lui laissaient quelques disponibilités, il a été collaborateur à temps partiel, entre 2007 et 2010, du cabinet d’avocat Gide Loyrette Nouel…pour la modique rémunération de 20 000 € mensuels. Qui a dit que les emplois à temps partiels étaient mal payés ?

 

Pour Jean-François Copé, on vaut ce qu’on parvient à se faire payer. Point final. Lors d’une interview sur France Inter en janvier 2010 (que j’ai eu l’occasion de commenter ici), il nous avait éclairé sur ses convictions profondes. C’était au moment de la polémique sur le salaire d’Henri Proglio et, selon lui, il était tout à fait normal que des « dirigeants d’exception » soient payés des sommes sans commune mesure avec le commun des mortels. C’est la concurrence internationale qui veut que les patrons français soient aussi bien traités que leurs homologues anglo-saxons. C’est la même concurrence internationale qui lui fait dire que les salariés français (les normaux, les minables) coûtent trop chers par rapports aux chinois. N’oublions pas que Jean-François Copé est, de longue date, un chaud partisan de la TVA « sociale » et de manière générale de tout ce qui peut faire baisser le coût du travail.

 

En résumé, soit on continue comme ça, soit c’est le « communisme », voire la Corée du Nord où « tout le monde gagne pareil », et on voit « ce que ça a donné ». Le maire de Meaux, sous ses airs de modernité, perpétue la pensée de Ronald Reagan. Il est en effet clairement adepte de la «  trickle down economics » ou « théorie du ruissellement » qui veut que les revenus des plus riches contribuent, directement ou indirectement, à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. C’est un grand sorcier de cette « économie vaudoue » (l’expression est de Georges Bush père, alors concurrent de Ronald Reagan pour l’investiture républicaine), selon laquelle, en réduisant les impôts, on pourrait augmenter les recettes de l’Etat, grâce à la libération des forces vives du joug d’une fiscalité confiscatoire. Les bénéficiaires de la fameuse « niche Copé » (défiscalisation progressive des plus-values sur les cessions de titres de participations détenus depuis au moins 2 ans) peuvent en témoigner : 22 milliards d’économie d’impôts en trois ans, ça vous libère d’un poids !

 

Malheureusement, ces chimères font aujourd’hui la preuve de leur ineptie. Et même l’OCDE, organisation que l’on ne peut pas soupçonner de bolchevisme échevelé le reconnaît. Dans un rapport intitulé « Toujours plus d'inégalité : Pourquoi les écarts de revenus se creusent », elle dénonce l’envolée des inégalités et leurs méfaits économiques et sociaux. Le principal rédacteur du rapport, Michael Förster, a donné une interview éclairante à l’Observatoire des inégalités.

 

Dès le début, il annonce la couleur : « En haut de l’échelle, on observe une augmentation de la part de richesse détenue par les 1 % les plus aisés (et, en particulier les 0,1 % les plus riches). Elle se poursuit dans les pays anglo-saxons et tend à se généraliser en Europe. Une telle augmentation des inégalités est concomitante avec la réduction des taux d’imposition sur la même période. »

 

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France : Evolution de la part de la masse salariale touchée par les 1 % les mieux rémunérés

 

La vision d’une France égalitariste en prend un coup : « Les inégalités de revenus des ménages sont relativement stables en France depuis le milieu des années 1980, (…). Mais cette stagnation sur l’ensemble de la période cache en vérité une augmentation des inégalités de revenus depuis le début des années 2000 après une baisse dans les années 1980 et 1990. En d’autres termes, la réduction des inégalités observée entre 1985 et 1995 est aujourd’hui quasiment annulée… Les prestations et taxes redistribuent moins aujourd’hui qu’il y a cinq ou dix ans, fait également soulevé par le dernier « portrait social 2011 » de l’Insee. Un autre élément en France vient surtout du patrimoine : si les inégalités des revenus sont moins élevées que dans la moyenne des pays de l’OCDE, la distribution du patrimoine, semble bien plus inégalitaire qu’ailleurs ! ».

 

Selon la dernière enquête « Patrimoine » de l’Insee, les 10 % les mieux dotés détiennent 46 % de la masse des patrimoines, alors que la moitié la moins riche des ménages ne se partage que 7 % du total.

 

L’analyste de l’OCDE conclut : « J’ajouterais que l’inégalité est davantage prise en compte aujourd’hui. Elle est pensée comme un problème en tant que tel, et non plus seulement en lien avec la pauvreté notamment. Les inégalités posent un problème économique dès lors que l’éducation et d’autres capitaux restent la propriété de groupes minoritaires au sein de la société et réduisent fortement la mobilité sociale. Elles constituent également un problème politique, dans la mesure où elles réduisent la cohésion sociale et conduisent les électeurs à se tourner vers des solutions nationalistes. Partout dans le monde, les mouvements sociaux actuels expriment le fait que la croissance des inégalités conduit à un déficit démocratique (…). »

 

Si Jean-François Copé ne voit toujours pas où est le problème, gageons que les 95% de minables qui constituent le peuple français sauront le lui rappeler le jour où il briguera le poste de Président de la République française. Quoique…21 133,37 € bruts par mois, c’est pas un peu minable, ça ?

 

PP

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22 décembre 2011

Il y a un lien entre l'explosion des hautes rémunérations et la hausse des dépenses publiques

Dans cette interview, Martin Hirsch fait clairement le lien entre l'explosion des hautes rémunérations et la hausse des dépenses publiques.


podcast

Extraits de la synthèse du rapport "Pour une régulation des hautes rémunérations" :

Un calcul réalisé dans un grand groupe international a montré qu’une diminution de 30 % pour 1 % des salariés les mieux payés (ils gagneraient toujours en moyenne quelques centaines de milliers d’euros par an) permettrait, à masse salariale égale, de doubler la rémunération des 20 % des salaires les plus faibles, soit plusieurs dizaines de milliers d’employés par entreprise en moyenne, pour l’essentiel dans les pays en voie de développement.
 
Si l’on revient en France, il faut se fonder sur ce que démontre le très sérieux rapport du Conseil d’analyse économique, « Le partage des fruits de la croissance en France ». Au cours des vingt dernières années, les 10 % des rémunérations les plus élevées ont capté trois quarts de l’augmentation de la valeur ajoutée. Dans le même temps, l’augmentation du SMIC a permis une amélioration du revenu des 10 % des salariés les plus modestes, alors que la situation relative de 80 % des salariés se détériorait. Un tel étirement des revenus a donc des conséquences sur les dépenses publiques, puisque lorsque les salaires ne suivent pas la création de valeur, il faut compenser par des prestations sociales qui remplacent du salaire. On est rattrapé par une réalité élémentaire. Lorsque les plus riches captent une part trop grande de la richesse créée, il n’y a pas trente-six solutions pour que le reste de la population ne voie pas son pouvoir d’achat se dégrader. Il y en a deux : la première est le recours à l’endettement, c’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec les subprimes, réponse au fait que 1 % de la population avait capté l’essentiel des fruits de la croissance. La deuxième est l’augmentation des prestations sociales, ce qui a eu lieu en France.
 
Robert Reich, l’ancien ministre du travail de Clinton, a dans ses derniers ouvrages montré quelles ont été les conséquences sur l’économie américaine de la divergence entre les plus hauts salaires et le reste des rémunérations, augmentant moins vite que les gains de productivité que dégageait l’économie dans son ensemble. Le phénomène, bien documenté aux Etats-Unis, s’est produit dans une moindre mesure en France.
 
On peut trouver d’autres exemples plus sectoriels : c’est la redevance qui paye les rémunérations confortables des animateurs et des producteurs de la télévision publique. Ce sont les cotisations maladie qui payent les rémunérations des dirigeants de l’industrie pharmaceutique. Si on prend les 100 plus hautes rémunérations des groupes d’énergie, on tombe sur des ordres de grandeur qui représentent une part non négligeable de ce que l’Etat verse pour compenser le tarif social du gaz ou de l’électricité.
 
Il n’y a donc pas d’un côté des dépenses publiques galopantes et de l’autre des hautes rémunérations exorbitantes, comme deux phénomènes indépendants. Il y a une explosion des hautes rémunérations qui contribue à déclencher des dépenses sociales supplémentaires. Réduire les plus hautes rémunérations, c’est aussi participer, via la réduction des inégalités, à la réduction des dépenses publiques.

08:00 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inégalités, salaires | | |  Facebook | | |

06 décembre 2011

Observateur des inégalités, n°92 décembre 2011

Comprendre les inégalités

Journée de formation de l'Observatoire des inégalités le 7 février 2012. Cliquez ici pour vous inscrire ...


L’évolution des inégalités de patrimoine entre 2004 et 2010
Entre 2004 et 2010, les 10 % les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros. Les 10 % les moins fortunés ont gagné 114 euros... lire l'article ...

 


Comment évoluent les très hauts revenus en France
Les 0,01 % les plus riches ont gagné 180 000 euros de revenus annuels supplémentaires entre 2004 et 2008. Un gain équivalent à 14 années de Smic... lire l'article ...

 
 
 
 


Les inégalités de revenus repartent à la hausse aux Etats-Unis
Les 20 % des ménages les plus pauvres des Etats-Unis ne détiennent que 3,3 % du revenu national, tandis que les 5 % les plus riches en perçoivent 21,3 %. Les inégalités de revenus repartent à la hausse. lire l'article ...

 

 


L’évolution de la pauvreté aux Etats-Unis
Entre 2000 et 2010, le nombre de pauvres est passé de 31,6 à 46,2 millions et le taux de pauvreté de 11,3 à 15,1 % aux Etats-Unis. La pauvreté a considérablement augmenté des suites de la crise financière. lire l'article ...

 


La composition des revenus selon le niveau de vie
La part du salaire représente 33 % du revenu des 10 % des ménages les plus modestes contre 76 % de celui des 20 % des plus aisés. Les revenus du patrimoine constituent 29 % des ressources des 10 % les plus riches. lire l'article ...

 


Evolution du taux de chômage selon le sexe
Après une période de rapprochement du taux de chômage des hommes et des femmes, l’écart repart à la hausse. lire l'article ...

 

 


La représentation des femmes en politique
La représentation des femmes en politique progresse, mais bien lentement. On ne compte encore que 18,5 % de femmes à l’Assemblée et 21,8 % au Sénat. lire l'article ...

 
 


L’évolution des inégalités de salaires entre hommes et femmes
Avec la généralisation de l’emploi féminin et l’élévation de leur niveau de qualification, les écarts de salaires entre les femmes et les hommes se sont réduits. Mais depuis 15 ans la situation stagne. lire l'article ...

 


Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations
Les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes. L’écart est de 19 % pour des temps complets et 10 % à poste et expérience équivalents. lire l'article ...

 


Des prix littéraires très masculins
Sur 648 prix littéraires décernés depuis le début du 20e siècle, 104 l’ont été à des écrivaines, soit 16 % de lauréates. lire l'article ...

 


Le palmarès des villes françaises les plus inégalitaires
Neuilly-sur-Seine d’un côté, Roubaix de l’autre : deux villes très différentes, mais aussi très inégalitaires. Saint-Nazaire est la plus égalitaire. L’Observatoire des inégalités dévoile le premier classement des grandes villes selon le niveau des inégalités de revenus. lire l'article ...

 


Pourquoi l’école française est-elle si inégalitaire ?
L’école française est inégalitaire parce que la société l’est aussi. Et parce que le système éducatif favorise les plus favorisés. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du magazine Alternatives Economiques. lire l'article ...

 


Engagez vous contre les inégalités : soutenez l’Observatoire
Produire une information de qualité n’est pas gratuit. L’Observatoire des inégalités a besoin de votre soutien. lire l'article ...

 


Que pensent les Français des inégalités ?
Huit Français sur dix estiment que la société française est "plutôt injuste", une proportion qui augmente depuis 2007. lire l'article ...

 

 


Comprendre les inégalités : nouvelle journée de formation, le 7 février 2012
Journée de formation proposée par l’Observatoire des inégalités le 7 février 2012. Utilisez votre droit à la formation pour y assister. lire l'article ...

 


Les villes les plus inégalitaires de France
Derrière les moyennes nationales, la France est loin d’offrir un visage homogène en matière d’inégalités de revenus. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, extraite du mensuel Alternatives Economiques. lire l'article ...

 


"Entre Roubaix et Neuilly-sur-Seine, le terme « inégalités » n’a pas du tout le même sens." Entretien avec Hervé Guéry du Compas
Selon les villes, la forme que prennent les inégalités de revenus ne sont pas les mêmes. Les explications de Hervé Guéry, directeur du Compas, spécialiste de l’analyse des données sociales locales. lire l'article ...

 


Pour une justice environnementale européenne : le cas de la précarité énergétique
L’environnement dans lequel vivent les individus a un impact sur leur santé et leur bien-être. Selon Eloi Laurent, chercheur à l’OFCE, il faut prendre cet élément en compte pour lutter efficacement contre la précarité énergétique. lire l'article ...

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11 septembre 2011

Les pauvres toujours plus pauvres...

par l’Union syndicale Solidaires

L’étude de l’INSEE « Les niveaux de vie en 2009 » confirme, s’il en était besoin, le développement considérable des inégalités sociales en France.

La crise pour les plus pauvres... mais pas seulement

Cette étude constate que la crise a été un accélérateur de ce phénomène déjà ancien. L’Insee indique en effet que « le contexte de crise économique se répercute sur l’ensemble des ménages, mais ce sont les plus modestes qui sont les plus touchés ». Non seulement le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes n’augmente pas, mais il régresse de 1,1 % par rapport à 2008.

Conséquence de cet état de fait : le taux de pauvreté augmente de 0,5 point en un an et 13,5 % de la population, soit 8,2 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté (954 euros par mois). Mais cette baisse de niveau de vie ne touche pas seulement les plus pauvres. Elle affecte aussi une grande partie de la population puisque, certes de façon moindre, les trois déciles suivants sont aussi concernés. Ce sont donc les 40 % des personnes ayant le revenu le moins élevé qui voient ce dernier baisser en 2009.

Alors que les plus aisés s’enrichissent encore

A l’inverse, l’INSEE souligne que pour les 10 % les plus aisés le niveau de vie augmente de 0,7 % par rapport à 2008. Ce développement des inégalités sociales est fondamentalement dû à un partage de plus en plus inégalitaire de la richesse produite. La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est aujourd’hui à un niveau historiquement bas, inférieur d’environ 9 points par rapport à son plus haut niveau de 1982 et de 5 points par rapport à ce qu’elle était pendant les « 30 glorieuses ». A cette baisse de la part des salaires correspond un bond considérable des profits distribués par les entreprises à leurs actionnaires.

Ceux-ci représentaient 12 % de la masse salariale en 2009 contre 4 % en 1980. De plus, une fiscalité particulièrement injuste favorise les revenus du patrimoine. Ceux-ci ont donc explosé. Selon une autre étude de l’INSEE « alors que les revenus d’activité n’ont progressé que de 11 % entre 2004 et 2007, les revenus du patrimoine et les revenus exceptionnels ont connu des progressions beaucoup plus fortes (46 % pour les revenus du patrimoine, 55 % pour les revenus exceptionnels) ».

Vers un renforcement des inégalités sociales

Alors que le gouvernement impose une politique d’austérité, cette tendance lourde à la croissance des inégalités sociales ne peut que se renforcer. La domination de la finance sur l’ensemble de la société trouve son aboutissement dans le développement de la rente. Pour l’Union syndicale Solidaires, c’est un nouveau cap économique et social qu’il faut aujourd’hui imposer. Contre l’austérité et la domination des marchés financiers, il faut un nouveau partage de la richesse produite. Aux salarié-es, avec les chômeurs/euses et les retraité-es de l’imposer par leurs mobilisations

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07 septembre 2011

Faire baisser les inégalités de revenus et de patrimoine

Entre croissance des inégalités et retour d’une société d’héritiers

Une société n’est pas exclusivement fondée sur des échanges marchands et sur la division du travail. Sa cohésion repose sur le partage de certaines valeurs, l’adhésion à des instituions collectives, mais aussi et surtout sur le sentiment de partager un même destin, d’écrire une histoire collective… Les inégalités entre les individus peuvent conduire à l’érosion de ce socle commun. Le développement des inégalités a en effet d’importantes répercussions sur le fonctionnement de la démocratie. Comme le souligne Pierre Rosanvallon : « La démocratie ne repose pas seulement sur une organisation des droits, c’est aussi une société dans laquelle les personnes se respectent, peuvent se parler ensemble, vivre ensemble et ne sont pas étrangères les unes aux autres, ce qui suppose qu’elles soient commensurables. Or le développement actuel des inégalités rend aujourd’hui incommensurable la situation des personnes. »

 

Contrairement au mythe du «self made man » américain, les sociétés inégalitaires sont celles où la mobilité sociale est la plus faible. L’économiste Paul Krugman note par exemple que, aux Etats-Unis, moins de 3% des 20% les plus pauvres arrivent à se hisser parmi les 20% les plus riches. Il est également frappant de constater que les sociétés les plus égalitaires sont celles où le consentement à l’impôt est le plus fort. En effet, il est alors vécu comme la mise en commun de ressources entre semblables. Dans les sociétés inégalitaires, l’impôt est vécu par les plus riches comme une spoliation de leur revenu au bénéfice « d’assistés ». Il ne s’agit pas bannir toute forme d’inégalités. Le mérite peut justifier les inégalités. Le problème est de définir ce qu’est le mérite. Qu’est-ce qui procède de l’investissement des personnes et qu’est-ce qui procède, dans la création de richesse, des acquis sociaux, d’un héritage collectif ? Il nous faut donc faire de la question du mérite un objet central du débat social.

 

Qu’en est-il en France, pays souvent présenté comme égalitaire voire égalitariste ? Si l’on s’en tient aux indicateurs habituels, à savoir le rapport entre la part du revenu national perçue par les 20% les plus riches et celle perçue par les 20% les plus pauvres, la France est l’un des pays les plus égalitaires de l’OCDE, avec un ratio de 4,1 contre 4,8 en Allemagne et 7,9 aux Etats-Unis. Il faut y regarder d’un peu plus près pour comprendre le sentiment de creusement des inégalités. Pour cela, il faut diviser la population salariée en tranches de 10% (déciles). Si on compare les salaires des 10% les plus pauvres (premier décile) à ceux des 10% du centre de la distribution (cinquième décile), l’écart n’est que de 1,54 contre 1,73 en moyenne dans l’OCDE. Seuls les pays du nord de l’Europe présente des écarts plus faibles. En revanche si compare les salaires du cinquième décile à ceux des 10% les plus riches, l’écart est de 2,03 contre 1,93 en moyenne dans l’OCDE. Seuls les Etats-Unis, l’Irlande et l’Espagne ont un écart plus important.

 

La pyramide des salaires français fait donc le grand écart entre une base comparable à celle de la Suède et sommet rappelant les pays anglo-saxons. Le sentiment de creusement des inégalités est donc bien fondé. Comment expliquer un tel écart ? Il faut regarder du coté des très hauts revenus dont l’explosion a notamment été mise en lumière par les travaux de Camille Landais. Ainsi les 0,01% les plus riches ont vu leur rémunération progresser de 40% entre 2004 et 2007 contre moins de 10% pour 90% des salariés.

 

Parallèlement aux inégalités de revenus, il convient de s’intéresser aux inégalités de patrimoine, qui sont infiniment plus grandes : les 10% les plus aisés possèdent près de la moitié du patrimoine total. De plus, elles croissent également plus vite: en 2003, selon l'Insee, le patrimoine moyen des 10% des Français les plus aisés était plus de 2 100 fois supérieur à celui des 10% les plus modestes (qui ne possédaient en moyenne que 350 euros de patrimoine par personne), contre un peu plus de 1 600 fois en 1997. Alors que, en niveau de vie moyen, la différence entre ces deux groupes n'était que de 1 à un peu plus de 3,3.

 

Cette évolution résulte de la hausse du prix des actifs, mais aussi par l’augmentation importante des richesses issues de l’héritage (actifs transmis par succession ou donation). Le flux annuel d'héritage  qui, dans les années 1920-1930, était tombé à 10%, puis à moins de 5% dans les années 1950 repart à la hausse pour tendre vers les 15% au seuil des années 2010. En somme, dans la France d'aujourd'hui, l'héritage pèse presque aussi lourd que dans celle des années 1920. Et cette remontée devrait se poursuivre encore dans les années à venir. De sorte que nous pourrions nous trouver en 2020 dans la situation qui était celle du début du XXe siècle. Une évolution qui ressemble fort à un grand bond en arrière.

 

Les inégalités de patrimoine résultant des transferts familiaux sont les plus arbitraires: il n'y a, a priori, aucune raison pour que les filles et les fils de familles fortunées se voient imputer le mérite des réussites de leurs parents ou de leurs grands-parents. C'est la raison pour laquelle le fisc prélève une part du patrimoine du défunt. Cet impôt a vocation, en théorie, à rétablir un minimum d'égalité des chances entre les membres de la génération suivante. Pourtant, en 2006, toujours selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les 93 milliards d'euros transmis n'ont donné lieu en France qu'à 8,5 milliards d'euros de prélèvement fiscal. Et cette fiscalité s'est encore un peu plus relâchée depuis sous l'effet en particulier de la loi Tepa de 2007.

 

Cette évolution ne traduit pas seulement un recul du travail et du mérite face à l'héritage et une aggravation correspondante des inégalités. Il en résulte également une perte de dynamisme économique. Si les prélèvements fiscaux sur l'héritage restent modestes, les patrimoines ne circulent pas. L'essentiel des actifs ainsi transmis de génération en génération reste concentré dans les mains d'une petite minorité de familles aisées. Or, rien n'indique que cette minorité ait hérité, en même temps que d'un patrimoine colossal, de capacités exceptionnelles en termes de gestion et d'innovation. Ce retour en force de l'héritage familial pourrait bien annoncer des temps de sclérose de l'économie.

Agir sur le levier fiscal

Les impôts ont au moins trois finalités. En premier lieu, ils doivent assurer un financement pérenne de la puissance publique. Ensuite, ils ont pour vocation d’encourager des comportements vertueux ou de décourager des comportements non souhaitables (pollution, tabagisme…). Enfin, ils ont un rôle important en matière de réduction des inégalités, via leur progressivité. Le débat sur la progressivité de l’impôt est très ancien. Ecoutons Montesquieu dans L’esprit des lois : « Dans l’impôt de la personne, la proportion injuste serait celle qui suivrait exactement la proportion des biens. On avait divisé à Athènes les citoyens en quatre classes. Ceux qui retiraient de leurs biens cinq cents mesures de fruit, liquides ou secs, payaient au public un talent ; ceux qui en retiraient trois cents mesures devaient un demi-talent ; ceux qui avaient deux cents mesures payaient un sixième de talent ; ceux de la quatrième classe ne donnaient rien. La taxe était juste quoiqu’elle ne fût point proportionnelle ; si elle ne suivait pas la proportion des biens, elle suivait la proportion des besoins. On jugea que chacun avait un nécessaire physique égal ; que ce nécessaire physique ne devait point être taxé ; que l’utile venait ensuite et qu’il devait être taxé, mais moins que le superflu ;que la grandeur de la taxe sur le superflu empêchait le superflu. »

 

Or, depuis 2000, les impôts progressifs ont baissé en France de façon très importante. Ainsi l’impôt sur le revenu, l’impôt de solidarité sur la fortune et les impôts sur les successions et les donations ne représentaient plus que 4,4% du revenu des ménages en 2009 contre 6,8% en 2000. Soit 31 milliards d’euros en moins pour l’Etat, majoritairement au bénéfice des plus aisés. A titre d’exemple, dans le cadre de la réforme de l’impôt sur le revenu de 2005, 40% du total des réductions ont bénéficié aux 10% les plus aisés. De nombreux rapports parlementaires ont mis en lumière un autre scandale du système fiscal français : les niches fiscales. En 2007, les 486 niches fiscales représentaient un total de 73 milliards d’euros soit 27% des recettes fiscales de l’Etat. Avec ce résultat absurde que certains des Français ayant touché les revenus les plus élevés parviennent à ne payer strictement aucun impôt sur le revenu !

 

Le recul de la progressivité de l’impôt se matérialise également dans la taxation des revenus du capital. En effet, l’imposition proportionnelle des revenus du capital reste profondément inéquitable parce qu’elle ne permet pas une taxation suffisante des très hauts revenus. De plus, il existe beaucoup d’exonérations, que ce soit sur les plus-values mobilières (résultant de la cession d’actifs financiers) ou immobilières (vente de maisons ou d’appartements).

 

Propositions :

* Rassembler dans un impôt unique progressif la CSG, la CRDS et l’impôt sur le revenu.

* Réviser la progressivité de l’impôt en augmentant le nombre de tranches, ainsi que le taux marginal.

* Réformer la fiscalité locale de façon à garantir une plus grande progressivité en fonction du revenu et à assurer une meilleure péréquation entre les collectivités territoriales.

* Supprimer les niches fiscales. Y compris la défiscalisation des assurances-vie et des versements à des fonds de pension.

* Supprimer l’ISF qui sera remplacé par un impôt sur le patrimoine immobilier à taux progressif et par un second impôt à taux fixe sur l’immobilier. Ce dernier impôt sera payé par les particuliers et par les entreprises et remplacera la taxe foncière.

* Mettre en place un véritable impôt sur l’héritage afin de lutter contre le développement d’une économie d’héritiers et de rentiers.

* Donner aux services fiscaux les moyens effectifs attribuant des moyens d’investigation approfondis pour lutter contre la grande délinquance fiscale, y compris des entreprises. Pour les multinationales, des amendes lourdes seront mises en place si elles dévoient les dispositifs fiscaux en leur faveur.

* La France doit être aux avant postes de la lutte contre les paradis fiscaux. Cette thématique doit être une priorité du PSE afin d’éradiquer la mise en compétition des systèmes fiscaux et sociaux au sein de l’Europe.

Agir sur les revenus primaires

Quelle que soit la progressivité retrouvée du système fiscal, il ne sera pas pleinement efficace si les inégalités de revenus primaires demeurent trop importantes. Les revenus primaires sont les revenus tirés directement de l’activité économique, avant redistribution. En effet, lorsque la distribution des revenus primaires est trop inégalitaire, le système fiscal a des effets redistributifs très forts. Les plus riches sont mécontents qu’on leur prenne autant pour donner aux plus pauvres. Les plus pauvres, quant à eux, ne peuvent que constater que l’action publique parvient difficilement à compenser les inégalités initiales. Surtout si les plus riches peuvent bénéficier de stratégies de contournement des effets égalitaires de l’action publique (assouplissement de la carte scolaire, dépassements d’honoraires…).

 

Propositions :

* Rapport maximum des salaires de 1 à 20 au sein de chaque entreprises toutes rémunérations incluses.

* Indexer la progression minimale des salaires sur l’inflation comme en Belgique.

* Mettre fin aux stock-options et actions gratuites comme moyen de rémunérer les dirigeants et cadres d'entreprise.

* Attacher les rémunérations d'encouragement aux progrès réellement réalisés par l'entreprise (développement, investissement, emplois).

* Instaurer un surcoût dissuasif pour le travail précaire et le travail à temps partiel.

* Appliquer à toutes les branches le principe de minimas conventionnels au moins égaux au SMIC.

* Sanctionner durement les entreprises qui n’assurent pas l’égalité salariale et professionnelle hommes – femmes.

 

PP

 

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