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06 septembre 2013

Retraites : l’arbre du déficit ne doit pas cacher la forêt du chômage

Trop souvent, lorsque l’on évoque la dépense publique, on met en avant son coût. Ce faisant, on oublie que la contrepartie de cette dépense publique est un ensemble de services  : éducation, santé, transport, sécurité, allocations chômage, allocations familiales, subventions aux entreprises, …La question des retraites n’échappe pas à la règle. A chaque fois que l’on aborde la «  réforme  » des retraites, c’est pour mettre en avant le déficit, le caractère supposé insoutenable de notre régime par répartition.

 

Des résultats qu’il faut préserver...

 

On oublie, par exemple, que la montée en puissance de notre régime de retraites depuis l’après-guerre a permis de faire baisser le taux de pauvreté des personnes âgées de plus de 65 ans de 35% en 1970 à 10% environ aujourd’hui. C’est un résultat loin d’être négligeable  ! Pour ce faire, la part des retraites dans le PIB est passée de 7,3% à 13,6% sans que cela pose de problème insurmontable à notre économie. Aujourd’hui, il semblerait extravagant d’y consacrer un point de plus de PIB pour garantir l’équilibre du système. N’oublions pas que la part des dividendes est, elle, passée de 3% en 1981 à 9% en 2008 sans que cela ne choque ceux qui poussent des cris d’orfraies sur le poids des dépenses publiques. Aujourd’hui, il faudrait «  faire des efforts  » pour sauver les retraites. Mais les efforts n’ont-ils pas déjà été faits lors des précédentes réformes «  courageuses  »  ? Comme le rappelle Pascal Riché, les mesures prises au détriment des retraités français entre 2010 et 2060 représentent un effort de 6 points de PIB. Même si leur niveau de vie est en moyenne comparable à celui des actifs, un retraité sur deux perçoit une pension inférieure à 1215 €. Peut-on parler de «  privilégiés  », comme on l’entend parfois  ? D’autant plus que le recul de l’âge légal et l’allongement des durées de cotisations déjà acté par le passé, sans parler de celui prévu à partir de 2020 par la réforme du gouvernement, implique une baisse programmée du niveau des pensions. En période de chômage, il est en effet de plus en plus difficile de remplir les conditions pour prétendre à une retraite à taux plein. De plus en plus de salariés âgés sont ainsi contraints à rester sur le marché du travail. Une part grandissante d’entre eux va grossir les rangs des chômeurs  : fin 2011, 9,1 % des chômeurs avait 55 ans et plus, contre «  seulement  » 5 % en 2000.

Certes, on vit plus longtemps, il serait donc logique de travailler plus longtemps. Cet argument pourrait s’entendre si nous connaissions le plein emploi. Si tout le monde travaillait et cotisait et que pour autant le système était en déséquilibre, là il y aurait une vraie nécessité de demander à tous de travailler plus longtemps. Mais ce n’est pas le cas. Avec plus de 5 millions d’inscrits à Pôle Emploi, c’est même loin d’être le cas  ! Et puis, il ne faut pas oublier que depuis 1994, l’augmentation de la durée de cotisation (3,5 années) a été supérieure à l’augmentation de l’espérance de vie à 60 ans (2,5 années). D’ailleurs l’espérance de vie «  physiologique  » est une chose, mais l’espérance de vie en bonne santé doit également être prise en considération. Or cette espérance de vie stagne depuis des années. Si on regarde du côté de l’Allemagne, qui a imposé à son peuple une réforme «  courageuse  » de sa protection sociale depuis les réformes Hartz IV jusqu’à la réforme des retraites de la grande coalition CDU / SPD (report à 65 ans de l’âge légal), force est de constater que l’augmentation de l’espérance de vie n’est pas acquise. Ainsi, a-t-elle chutée significativement pour les plus vulnérables, ceux qui n’ont pas d’épargne pour assurer leurs vieux jours. C’est tout cela qui est en jeu dans la question des retraites.


Un rôle de stabilisateur automatique...

 

A trop regarder l’aspect comptable des choses, on perd de vue que la question des retraites ne peut être réglée indépendamment du problème central de notre société  : le chômage de masse. La branche vieillesse de la Sécu était à l’équilibre jusqu’en 2007. Comme le souligne le rapport Moreau (page 45 «  L’effet de la crise économique se fait sentir depuis mi-2008 et perturbe la trajectoire du système  »), le déficit depuis 2008 est majoritairement dû à la hausse du chômage, liée à la crise. Comme tout le système de protection sociale, les retraites jouent un rôle de «  stabilisateur automatique  ». En période de crise, les recettes chutent, mais les dépenses sont maintenues, d’où un déficit mécanique et conjoncturel, mais aussi un rôle de stabilisateur de l’économie grâce au maintien du revenu de la population. Vouloir réduire le déficit en période de crise, c’est rompre cet équilibre et entrer dans une spirale récessive. Moins de consommation, moins d’emplois, moins de ressources pour la protection sociale, aggravation des déficits…C’est le lancinant refrain que nous connaissons bien dans cette Europe engoncée dans les politiques d’austérité dont les résultats désastreux nous condamnent à l’asphyxie économique et à l’inexorable montée des tensions sociales, berceau de tous les extrémismes. Certes le gouvernement a fait le choix d’augmenter les cotisations patronales, donc de ne pas faire reposer exclusivement le financement sur les salariés et les retraités. Mais le basculement prévu d’une partie des cotisations patronales d’allocations familiales sur la fiscalité viendra contrebalancer cette mesure, au détriment des ménages. Au final, ce sont ces derniers qui paieront la majeure partie de l’addition. En l’absence d’une réforme fiscale ambitieuse, l’effort sera mal réparti entre les ménages, du fait d’une insuffisance de la progressivité de notre système fiscal.


Le vrai problème des retraites, c’est le chômage...

 

Répétons-le, le vrai problème des retraites, c’est le chômage  ! De même, les inégalités entre retraités trouvent leur origine dans le marché du travail. Vouloir prendre en compte la pénibilité dans le calcul des retraites est un principe louable. Mais il serait préférable de s’attaquer vraiment à l’amélioration des conditions de travail  : travail à temps partiel subi, explosion des troubles musculo-squelettiques, stress qui devient le quotidien de nombreux salariés…Si des réformes «  structurelles  » sont nécessaires, il ne s’agit pas de celles dont on nous rebat les oreilles  : baisse des pensions, libéralisation du marché du travail…Il est impératif de prendre la question du chômage et des conditions de travail à bras-le-corps. Il ne faut pas attendre un hypothétique retour de la croissance, qui, de toutes façons, n’atteindra pas durablement le niveau nécessaire pour commencer à faire baisser le chômage (1,5%). Il est nécessaire de relancer la réflexion sur une réduction collective, négociée et organisée du temps de travail, afin de permettre à tou-te-s de travailler dans de bonnes conditions. Compte tenu de la situation actuelle, c’est sans doute le seul chemin vers le plein emploi de qualité…et vers des retraites correctement financées  !

PP

 

Aller plus loin

15 juillet 2008

Jusqu'ici, tout va bien...

Quelques informations prises au hasard dans la presse, à la rubrique « Economie » :
*Usine Goodyear d’Amiens-Nord : La CGT et SUD s’opposent à un projet de réorganisation du travail en quatre équipes au lieu de cinq. La direction menace de supprimer 402 emplois sur le site faute d’accord.
* Groupe public d’armement Nexter : La quasi-totalité des sites à été paralysée à l’initiative de plusieurs syndicats qui réclament de nouvelles négociations sur le temps de travail. La direction du groupe veut allonger la durée du travail à 218 jours par an, contre 205 aujourd’hui.
* Groupe volailler Doux : le groupe a annoncé la fermeture de deux sites de production et la réduction de l’activité d’un troisième, entraînant la suppression de 647 poste de travail dans le Cher et le Morbihan. L’entreprise compte 13000 salariés dont 7000 à l’étranger.
* Imprimerie Quebecor de Blois : le financier néerlandais HHBV va fermer cette imprimerie, qu’il vient de racheter. Environ 150 salariés, qui fabriquaient des suppléments télé pour les journaux et des brochures publicitaires, seront licenciés. HHBV, qui a aussi acquis l’imprimerie Maury à Orléans, se retrouve en surcapacité industrielle et le site de Blois n’est pas assez rentable selon lui.
* Banque Natixis : 200 salariés ont manifesté à Paris contre le plan social qui risque d’entraîner au total 1650 suppressions de postes.

Pas étonnant, dans ces conditions, que la production industrielle ait lourdement chuté en mais (-2.6%), confirmant le ralentissement général de l’économie et laissant présager une très faible croissance au deuxième trimestre.

Ces exemples ne sont malheureusement que quelques pièces d’un puzzle qui se construit jour après jour : la désindustrialisation de la France, accompagnée d’une dramatique régression sociale (augmentation du temps de travail, dégradation des conditions d’emplois, stagnation des salaires…).

Nicolas Sarkozy peut bien faire le fanfaron (activité dans laquelle, il faut bien le reconnaître, il excelle) devant ses petits camarades de l’UMP en constatant qu « ‘il n’y a plus grand monde qui fait la grève et plus grand monde pour manifester dans la rue. »

Cette stratégie de la désinvolture et du mépris ne pourra durer indéfiniment sans risquer une explosion sociale en France.

On ne peut durablement opposer aux revendications des salariés toujours plus de dérégulations, plus de précarité (vendue comme de la « souplesse ») sans que ne se produisent, tôt ou tard, des réactions dont je crains qu’elles ne soient violentes et non maîtrisées…
A suivre.

PP

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02 juin 2008

Le refrain imperturbable du radoteur

La chronique dominicale de Claude Imbert dans Midi Libre a au moins une vertu…mais une vertu laxative ! En tout cas, chez moi, l’effet est immédiat !

Dans son dernier opus intitulé « Le destin impopulaire du réformiste », il fustige, comme à son habitude, les « intégristes de l’avantage acquis », vitupère contre notre soi-disant fainéantise congénitale qui nous condamneraient irrémédiablement à la stagnation, bref la routine « imbertienne »…

Lui qui, d’habitude, se contente de généralités incantatoires, de poncifs ultralibéraux usés jusqu’à la corde, voilà qu’il nous jette à la figure notre « record de la plus faible durée annuelle du travail, qui nous laisse à 125 heures de la moyenne britannique et à 220 de la moyenne américaine. Ce déficit national de travail reste la raison simplissime mai principale de notre débilité de croissance. »
Pour ce qui est de la débilité, Claude Imbert est sans aucun doute un expert, mais pour le maniement des chiffres, il faut voir…

Essayons d'expliciter les propos précédents: les 125 heures d’écart avec la moyenne britannique signifient qu’un britannique travaille en moyenne 125 heures de plus par an qu’un français…soit un peu plus de 2 heures par semaine. Cela est vrai pour les salariés à temps plein. En effet, selon l’institut européen Eurostat, un salarié français à temps plein travaillait en 2007 en moyenne…41 heures par semaine (au fait, où est le carcan des 35 heures ?) contre plus de 43 heures pour son homologue britannique. Dont acte.

Sauf que…n’oublions pas qu’au Royaume-Uni, il y a beaucoup de salariés qui travaillent à temps (très, voire très, très) partiel. Si bien qu’au global, et toujours selon Eurostat, la durée moyenne hebdomadaire de travail au Royaume-Uni en 2007 était de 36.9 heures contre…38.1 heures pour nous autres les fainéants. Il n’y a guère que l’Italie, l’Espagne et les pays d’Europe de l’Est qui travaillent plus (pas forcément pour gagner plus, d’ailleurs !).
Les chiffres, c’est un peu comme les explosifs, il faut les manier avec précautions, sinon ça peut se retourner contre vous !

De toute façon, la supposée « performance » britannique n’est pas due à l’acharnement des travailleurs, mais à l’explosion de l’endettement et à la bulle immobilière qui ont soutenu la consommation (au prix d’une balance commerciale plus déficitaire que celle de la France, d’ailleurs). La baisse du marché immobilier, le durcissement des conditions de crédit lié à la crise financière, ont largement compromis le « modèle » de croissance britannique : 1,6 % en 2008, peut-être moins en 2009…Les britannique sont donc aussi « débiles » que nous.

Sur les retraites, Claude Imbert semble oublier qu’il ne sert à rien d’allonger la durée de cotisation tant que l’âge moyen de départ reste scotché à 58,8 ans. Enfin, si… ça sert à faire baisser le niveau des pensions !

Claude Imbert est au bord de l’évanouissement de bonheur lorsqu’il évoque « la révolution silencieuse dans le champ des relations sociale » impulsée par Nicolas Sarkozy. Parlons-en de cette « révolution » ! Tout ce qu’on peut constater c’est que le gouvernement, à au moins trois reprises, s’est essuyé les pieds sur la négociation entre partenaires sociaux :
* sur les retraites : la loi Fillon de 2003 prévoyait un réexamen global de la situation en 2008 par les partenaires sociaux. En guise de réexamen, le gouvernement a imposé l’allongement à 41 ans de cotisations.
* sur le temps de travail : le gouvernement est passé outre la position commune des syndicats en imposant la négociation « entreprise par entreprise » du temps de travail.
* sur l’assurance-chômage : le gouvernement a pris de court les partenaires sociaux en définissant un système de sanctions contre les chômeurs refusant plusieurs offres « raisonnables » d’emploi. Alors que plus de la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés par l’Unedic, que ceux qui le sont touchent en moyenne 1000 € par mois, il était vraiement urgent de mettre au pas ces « privilégiés » !

Claude Imbert peut fulminer contre ceux qui quittent « le droit chemin démocratique en demandant à la grève et à la rue de censurer la volonté des urnes ». Ce n’est peut-être qu’un début !

PP

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26 mai 2008

Montres suisses et haute couture

4032f9328021240df770c13eafc74973.jpgOn le sait, Nicolas Sarkozy apprécie les montres suisses. Mais qu'apprécie-t-il le plus : leur apparence flatteuse ou leur précision ?
A en juger par ses derniers propos sur les dockers, on peut penser que la précision est, somme toute, secondaire pour lui.
En effet, lors de sa conférence de presse du 20/05/08 dans le Loiret, il n'a pas hésité à tenir les propos suivants:
"Que voulez vous que je vous dise? Les dockers d'Anvers et Barcelone travaillent 4000 heures/an et les dockers de Marseille 2000 heures/an".
Il entendait ainsi justifier ses projets de "réformes" du secteur. Avec de tels écarts, il est manifestement impossible pour nos dockers de rivaliser avec leurs homologues étrangers.
Sauf que...le moindre apprenti horloger serait en mesure de faire le calcul suivant : dans une année, il y a 52 semaines (même Nicolas Sarkozy ne peut changer ça!), en supposant que nos dockers anversois ou barcelonais prennent 4 semaines de congés, il leur reste 48 semaines de travail, à raison de 6 jours par semaine, cela fait 48x6=288 jours. Donc, selon Nicolas Sarkozy, ils travaillent... plus de 13 heures par jour.
C'est à peu près ce qui se passait au début du 19ème siècle...

On le sait, Rachida Dati apprécie la haute couture. Elle pousse la passion jusqu'à nous broder un magnifique tissu de perles (16/05/2008 en réponse à l'AFP) :
"Il y a, je crois, à peine 6% des établissements qui seraient en surpopulation".
En fait c'est...63 %

PP

09:50 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Sarkozy, pouvoir d'achat, temps de travail | | |  Facebook | | |

20 décembre 2007

Temps de travail

Depuis quelques mois, on nous serine que nous ne travaillons pas assez et que c’est la cause de tous nos maux. On veut même nous faire travailler le dimanche. Il paraît que l’ouverture des magasins le dimanche pourrait redynamiser l’économie. Je voudrais bien savoir sur quelles études s’appuient ceux qui prétendent cela. En effet, si j’ai 100 € à dépenser, que je les dépense le vendredi, le samedi ou le dimanche ne changera rien à ma dépense finale.

Mais au fait est-ce bien vrai que nous travaillons moins que les autres ? La Commission Européenne vient de publier un rapport intitulé «L'emploi en Europe».
Dans ce volumineux rapport (disponible sur le site internet de la Commission Européenne), on peut trouver des informations intéressantes (Chapitre 3). Notamment la durée moyenne hebdomadaire du travail pour les salariés à temps plein.
En France, entre 2002 et 2006, la durée moyenne hebdomadaire des salariés à temps plein est passé de 38,9 heures à 41 heures ( pour 41.1 heures en Italie, 41.7 heures en Allemagne et 42.2 en Espagne)
Le rapport souligne d’ailleurs cette évolution :
« Moreover, the average full-time weekly hours of work have increased in Germany, Italy and Spain, albeit marginally, and more substantially in France since 2002. »

Et si on regarde la moyenne des durées hebdomadaires en tenant compte de l’emploi à temps partiel, on obtient le résultat suivant (en 2006) :
* Allemagne : 35.6 heures
* Royaume Uni : 36.9 heures
* France : 38.1 heures
Etonnant, non ?

Le problème n’est donc pas la durée individuelle du travail. Le vrai problème, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. Augmenter la durée individuelle du travail de ceux qui ont déjà un emploi ne pourra donc pas régler les problèmes de l’économie française. La mesure du « travailler plus » doit être le nombre total d’heures travaillées et non le nombre d’heure par personne.
Malheureusement Nicolas Sarkozy, aveuglé par ses croyances libérales et individualistes, ne peut concevoir des solutions globales.

Il faut créer les conditions, par la politique industrielle, d’une relance de l’investissement, de la recherche… Il faut aussi étudier la question du partage des gains de productivité. En effet, seuls les gains de productivité (gagner plus en travaillant un peu moins) peuvent améliorer significativement le pouvoir d’achat. Affirmer que c’est uniquement en travaillant plus que l’on peut gagner plus revient à dire que les gains de productivité n’existent plus. Dans une économie fondée sur les services, ils sont plus faibles que dans l’industrie mais ils existent toujours. Cela milite aussi pour une ré-industrialisation de l’économie.

PP

09:52 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Sarkozy, pouvoir d'achat, temps de travail | | |  Facebook | | |